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Un congrès de la FNSEA (presque) comme les autres

La colère a finalement été contenue lors de la clôture du congrès de la FNSEA, le 28 mars à Dunkerque. Les huées n'auront pas empêché le ministre d'assurer que le gouvernement tiendrait ses engagements sur la réforme des retraites agricoles ou sur la mesure fiscale pour l'élevage bovin.

Pour qui n'aurait pas suivi le mouvement de colère agricole de ce début d'année, le 78e congrès de la FNSEA, le 28 mars à Dunkerque, pouvait ressembler à un congrès comme les autres. Une salle certes remuante, brandissant ses multiples revendications sur de multiples panneaux. Un président de la FNSEA, Arnaud Rousseau, affichant sa " détermination " et demandant des comptes au gouvernement. Un ministre de l'Agriculture, Marc Fesneau, assurant le service après-vente et interrompu une seule fois dans son discours. Mais un indice rappelait les manifestations de ces derniers mois : les panneaux étaient retournés.

Dans la bouche des intervenants venus clore les débats, une phrase revenait en boucle : " Il reste du travail. " Du travail pour finaliser les 67 mesures promises par le gouvernement début février pour espérer sortir de la crise. Point final attendu de cette séquence : une rencontre avec Emmanuel Macron prévue début avril, au cours de laquelle le chef de l'État doit donner sa vision de l'avenir de l'agriculture. " Le président de la République semble hésiter à nous fixer un rendez-vous, estimant que la situation n'est pas mûre ", a rappelé Arnaud Rousseau, alors qu'une première réunion avait été fixée à la mi-mars, puis décalée. " Nous, à la FNSEA, nous sommes mûrs pour porter notre vision stratégique pour l'agriculture. " Alors qu'Emmanuel Macron avait demandé aux syndicats agricoles de lui proposer quatre ou cinq mesures fortes pour sortir de la crise, M. Rousseau a revendiqué de lui avoir répondu avec " cinq blocs de revendications ". " La crise ne se résoudra pas avec quatre ou cinq mesures purement symboliques ! ", a-t-il lancé, bravache. Avant de reconnaître que, sous la pression des actions dans toute l'Europe, " rarement de mémoire de syndicaliste autant de sujets ont été ouverts aussi vite. "

Déminage en amont

Mais si la colère n'a pas débordé au Kursaal – le palais des congrès de Dunkerque, donnant sur la plage –, c'est sûrement parce que les dossiers avaient été largement déminés en amont. Notamment lors d'une réunion avec le Premier ministre lundi 25 mars, à la veille du congrès. Puis la veille de la clôture – Marc Fesneau était présent au dîner de gala le mercredi 27. Le ministre n'était pas venu les mains vides. Le lendemain, devant un auditoire remonté, mais attentif, il a indiqué que l'exécutif respectera " l'esprit et la lettre " de la loi Dive du 13 février 2023, qui instaure le calcul des retraites agricoles à partir des 25 meilleures années de revenus à partir de 2026. Le locataire de la Rue de Varenne avance donc de deux ans son objectif d'instaurer une " convergence " vers un calcul sur la base du revenu et non plus de points ; il était jusqu'ici annoncé que cette convergence, à laquelle tenait le ministre, avait pour effet collatéral une application de la réforme en 2028, au grand dam de la FNSEA. Devant les sénateurs le 19 mars, le locataire de la Rue de Varenne avait mis en avant un " problème technique " de manque d'archives à la MSA, selon M. Fesneau. 
Cette perspective avait provoqué la rupture des négociations avec la FNSEA. " L'intendance doit suivre. Ce n'est pas une affaire technique qui doit nous empêcher, a appuyé le ministre le 28 mars. Le Premier ministre me l'a confirmé, le président de la République me l'a confirmé. "

Gouvernance des agences de l'eau

Sur les autres dossiers, le ministre a notamment affirmé que la mesure de défiscalisation du cheptel bovin sera appliquée " telle qu'elle avait été négociée, quels que soient les vents contraires de tel ou tel côté de la Seine " (en référence au ministère de l'Économie). " 15 000 euros de plafond, fiscal et social, ça et rien que ça, on va l'appliquer ", a-t-il lancé. Au sujet du TO-DE (exonération des charges patronales sur les salariés saisonniers), qui doit être pérennisé, le ministre a indiqué que " le rehaussement du seuil de dégressivité de 1,2 à 1,25 [Smic] sera effectif dès le 1er mai ". Enfin, M. Fesneau a affirmé sa volonté d'ouvrir le dossier de la gouvernance des agences de l'eau : " Nous avons besoin de pouvoir travailler avec les agences de l'eau en bonne intelligence, a-t-il fait valoir. On ne peut pas être soumis à des décisions qui par trop seraient politiques. " " Il faut du stockage de l'eau ", a-t-il appuyé, insistant sur sa volonté de faire appliquer les décisions prises dans ce sens. Un discours qui a été salué par presque autant d'applaudissements que de huées.•

 

La haie, symbole de la difficulté française à faire simple

Bruno Ledru, vice-président de la FRSEA de Normandie, a clos la série des interventions régionales à la tribune. Voici quelques extraits de son intervention :

" Nous connaissons la valeur de la haie. Elle peut être source de complication : nous avons ainsi découvert qu'une intervention sur la haie autorisée par la DDTM pouvait aussi être sanctionnée par l'OFB. Le salut de la haie passera par un cadre juridique allégé, d'abord pour les entretenir, ensuite pour en planter de nouvelles. "

Sur le ratio des prairies, " nous saluons les avancées obtenues par la FNSEA et le Copa sur la BACE 1. Il faut dire que les régions concernées ont largement insisté pour que le sujet soit mis, remis, et reremis sur la table. Nous serons donc très attentifs à la déclinaison finale des annonces de la commission, en espérant qu'on échappe, a minima, à la remise en herbe. Même le Premier ministre trouve aberrant qu'un agriculteur qui aurait arrêté l'élevage soit contraint de remettre de l'herbe. Quand on vous dit qu'on marche sur la tête. "

Enfin, à propos du schéma des structures, " en cas de rang de priorité similaire, celui qui aura développé un atelier hors-sol ou qui aura quelques hectares de pomme de terre sera défavorisé. Nous souhaitons qu'une réflexion s'engage pour supprimer ces équivalences. Nous pensons qu'il n'est plus concevable de pénaliser ceux qui ont choisi de faire de la diversification ou du développement vertical, préférant cette voie à l'agrandissement. Nous estimons que la recherche de valeur ajoutée à l'ha ou dans du hors-sol doit être encouragée et non sanctionnée. "•

J. R.

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