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Trieur optique : efficace dans toutes les conditions d’arrachage

À Bacqueville-en-Caux, la SCEA Prevost a investi dans un trieur optique. Grâce à l’intelligence artificielle, celui-ci assure un tri efficace quelles que soient les conditions de récolte. De quoi assurer aussi une meilleure conservation. 

Rentrer des pommes de terre propres dans les frigos, c’est s’assurer une conservation maîtrisée et sereine. Seulement, changement climatique oblige, les conditions de récolte ne le permettent pas toujours. Les dernières campagnes l’ont montré. L’installation d’un trieur optique sur le déterreur peut être une solution. Terre, fanes, tubercules verts, abîmés ou pourris : il est capable d’en retirer la quasi-totalité.

Simplification du chantier et efficacité

Spécialisée dans la pomme de terre (plants et consommation), la SCEA Prevost à Bacqueville-en-Caux, cultive 130 hectares de tubercules et arrache environ 8 000 tonnes chaque année (dont 1 000 en prestation), et trie également pour ses voisins. Elle a été l’une des premières de Seine-Maritime à s’équiper d’un trieur optique, en 2022 avec pour objectif initial, surtout, de simplifier la gestion des ressources humaines autour du tri. Thomas Prevost raconte : « Avant cela, nous prenions deux ou trois intérimaires pour aider au tri lors de la campagne. Mais on peinait à recruter et à garder les salariés. Certains partaient après à peine une heure de travail. Cela représentait beaucoup de soucis et de formalités administratives ».
Le choix du trieur optique s’est alors imposé. Avec un résultat satisfaisant. « Depuis qu’on a le trieur, que l’on arrache en août dans de bonnes conditions ou en novembre dans des conditions exécrables, l’efficacité est la même », sourit le jeune homme, qui constate aussi l’impact positif sur la conservation des tubercules. « Nous avons très peu de pertes dans les frigos, même cette année. »

70 tonnes par heure à l’arrachage

En 2022, le choix de la SCEA se porte alors sur la marque Downs, et son plus petit trieur de 2,10 m, équipé de quatre caméras, alors vendu uniquement sur un déterreur de la marque. La SCEA choisit le petit modèle, à la fois pour des questions de place sur l’exploitation, et pour des questions de coûts. Mais celui-ci s’avère peu adapté. Son débit de 40 tonnes par heure est trop faible pour l’exploitation et il fait trop d’erreurs. La famille Prevost s’équipe alors du modèle supérieur (en 2023), qui assure un débit à l’arrachage de 60 à 70 tonnes par heure. Il dispose d’un trieur de 2,40 mètres et de cinq caméras, et est associé à un déterreur équipé d’un tapis à tétines et de deux rouleaux israéliens, qui trient mieux les fanes et les petites mottes de terre. Ce qui facilite le travail des caméras.
Celles-ci réalisent à grande vitesse 50 photos de chaque tubercule que l’intelligence artificielle compare à sa base de données. Les tubercules de première qualité poursuivent leur route vers les palox. Et des doigts pneumatiques viennent éjecter les déchets (tubercules pourris, fanes, terre…) d’un côté, ou réorienter la seconde qualité (pommes de terre vertes, coupées ou fendues) qui est stockée à part. « C’était important pour nous de continuer à valoriser ces pommes de terre de seconde qualité en alimentation animale, poursuit le producteur. Et Downs est le seul constructeur à proposer ce double tri.»

Un module adaptable sur tout type de déterreur ?

L’investissement global (déterreur inclus) est de taille : de l’ordre de 450 000 euros H.T. Une somme conséquente que le jeune exploitant ne regrette pas, tant le travail est simplifié. Le prix comprend en outre un contrat de maintenance qui intègre notamment une révision annuelle des caméras et les mises à jour du Firmware.
Thomas Prevost se félicite aussi de l’efficacité du service en ligne. La console du trieur étant équipée de sa propre carte SIM, elle est connectée directement à la hotline du constructeur qui peut ainsi intervenir à distance. « C’est vraiment un super produit », insiste Thomas Prevost. Aujourd’hui, Downs propose aussi à la vente le module trieur optique seul, qui peut ensuite être mis sur le déterreur d’une autre marque.•


Les folles perspectives de l'IA

À chaque fois que l'on parle d'Intelligence artificielle, on envisage des progrès colossaux. Le trieur optique ne déroge pas à la règle. Il pourrait être ainsi très prochainement en mesure de trier aussi les tubercules avec des trous de taupins, attaqués par la gale argentée ou le rhizoctone. Mais les données fournies via les caméras du trieur ouvrent aussi des perspectives intéressantes sur le plan de la commercialisation. L'outil devrait ainsi être bientôt capable de catégoriser les lots de manière précise, en affichant par exemple la part de chaque calibre dans chacun des lots. De quoi qualifier les stocks, notamment pour les plants, et ce, dès l'arrachage.

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