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Transmission : se méfier de ses préjugés

Lors d'une rencontre avec un potentiel repreneur, comment éviter de tomber dans les préjugés ?

Les représentations construites à partir de notre histoire, notre éducation, nos croyances peuvent être très limitantes.
Les représentations construites à partir de notre histoire, notre éducation, nos croyances peuvent être très limitantes.
© Shutterstock

Les stéréotypes simplifient la réalité, ils la déforment aux dépens de tel ou tel groupe d'individus. Ce phénomène parfaitement inconscient s'exerce chez tout le monde. Pourtant, il est important d'en prendre conscience et d'objectiver ses décisions quant au choix d'un potentiel repreneur.

L'impact du premier contact

Alain et Sylvie vont partir à la retraite dans deux ans et sont en recherche active d'un repreneur pour transmettre l'exploitation laitière à une ou plusieurs personnes. Suite à la diffusion d'une annonce, Alain a reçu la visite de deux jeunes qui voulaient créer un collectif à quatre avec plusieurs productions. Peu convaincu, de l'échange et du faible intérêt des jeunes sur le volet technique, il n'a pas donné suite. Aujourd'hui, il reçoit l'appel d'un autre candidat. Après les premiers échanges qui ont permis à chacun de se présenter et de parler de la ferme, le candidat a sollicité une visite. Un rendez-vous est donc pris sur l'exploitation pour le samedi suivant. Alain raconte à son épouse ce premier appel : "Eh bien tant mieux, je me réjouis de rencontrer ce jeune". Fixant Alain, elle poursuit : " Mais tu sembles un peu dubitatif ?" Son mari lui répond que le candidat a prévu de se rendre au festival de musique métal Hell Fest. " Un rockeur à la tête de mon troupeau, je n'y crois pas trop... ". Surprise de cette réaction, Sylvie lui propose de le rencontrer avant de s'imaginer quoi que ce soit sur le profil de la personne.

La transmission est une étape ultime chargée d'affect

S'étant beaucoup investis dans leur exploitation, Sylvie et Alain veulent relever le défi de trouver un repreneur à qui ils transmettront " leur œuvre " en toute confiance. Dans ce contexte de tension, rempli d'affect, les cédants peuvent ressentir une certaine appréhension, voire du stress. Cet état émotionnel a des répercussions sur nos réactions. À partir d'une idée (la personne écoute un type de musique), le cerveau peut rapidement se construire un portrait de la personne, et sans détour, imaginer un profil de candidat... probablement loin du candidat rêvé.

Attention ! Les représentations construites à partir de notre histoire, notre éducation, nos croyances peuvent être très limitantes ! Le repreneur peut avoir des valeurs communes à celles d'Alain sans pour autant partager les mêmes goûts musicaux ! Prendre conscience de ses préjugés aidera à ne pas brouiller la communication avec son interlocuteur. Ceci est vrai autant du côté des cédants que du côté des repreneurs.

Le repreneur "idéal" n'existe pas

Dans cette aventure de la transmission, le cédant doit avoir à l'esprit que de toute façon le repreneur sera une personne différente de lui, mais qui pourra tout à fait s'attacher à l'exploitation et s'y épanouir avec un nouveau projet. Les différences d'âge, de vision du travail et du métier sont présentes. Il faut composer avec. Pour transmettre, il faut une rencontre et réussir à construire une relation de confiance pour arriver à mener ce bout de chemin commun de la transmission/reprise. La confiance se gagne au prix du dialogue, de la transparence et de l'ouverture mutuelle aux attentes et aux besoins de l'autre. Un projet peut être à la fois nouveau et viable ou sérieux. Il est important de prendre le temps et le soin de questionner le repreneur sur son projet pour le comprendre et parvenir à y donner du crédit.•

Plus d'information auprès de Céline Collet, chargée de mission IRD – organisation du travail et RH, à la Chambre par mail à celine.collet@normandie.chambagri.fr

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