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Transmettre son entreprise agricole, un passage clé pour les exploitants

À l'occasion de la Quinzaine de la transmission et de l'installation en agriculture, nous avons posé cinq questions aux conseillers Transmission des Chambres d'agriculture de Normandie.

La transmission d'une entreprise agricole semble être un enjeu majeur en Normandie. Pourquoi est-ce une étape si importante ?

Transmettre une entreprise agricole est bien plus qu'un acte administratif. C'est un projet de vie où l'exploitant passe le relais, tout en permettant à l'entreprise de poursuivre son activité, avec ses valeurs et son impact sur le territoire. En Normandie, cette question est particulièrement pertinente, car 15 125 exploitants ont plus de 50 ans. Dans les 15 prochaines années, près de la moitié de ces chefs d'exploitation devra envisager de passer la main, que ce soit en raison de l'âge, d'une reconversion, ou encore pour des raisons économiques ou familiales.

Quelles sont les principales étapes que doit envisager un exploitant souhaitant préparer la transmission de son entreprise ?

Nous conseillons aux exploitants de se poser les bonnes questions dès le départ. La préparation de la transmission inclut plusieurs étapes essentielles : la préparation personnelle, la préparation de la famille et du patrimoine, mais aussi celle de l'entreprise elle-même. Cela passe par un diagnostic approfondi de l'entreprise, l'évaluation de son patrimoine, le choix du mode de cession, et bien sûr la recherche d'un repreneur. Ensuite vient la phase de négociation et de vente, qui s'accompagne souvent d'un suivi du repreneur pour garantir une continuité sereine.

Comment les conseillers des Chambres d'agriculture de Normandie accompagnent-ils les exploitants dans ce processus ?

Nos conseillers Transmission proposent un accompagnement personnalisé, confidentiel et évolutif, adapté aux besoins spécifiques de chaque exploitant. Cela peut aller d'un simple rendez-vous conseil à la mise en relation avec des repreneurs potentiels. Nous intervenons également pour aider le cédant à définir ses objectifs, ses motivations, et anticiper son projet de vie après la transmission. Le suivi est conçu pour que le cédant conserve son autonomie dans la maturation de son projet. Tout au long du processus, nous le mettons en relation avec des partenaires selon les besoins : notaires, experts fiscaux, ou conseillers en relations humaines, par exemple.

Existe-t-il des dispositifs spécifiques pour les exploitants agricoles en Normandie ?

Oui, plusieurs options sont proposées, avec le soutien financier de la Région Normandie et de Vivéa. Par exemple, nous avons le Point info transmission (PIT) pour des questions ponctuelles, des diagnostics personnalisés, et même des journées de formation collective où les cédants peuvent échanger avec des experts et d'autres exploitants dans la même démarche. Pour ceux qui cherchent un repreneur, nous proposons également un service de publication d'offres de transmission sur le site Répertoire départ installation (RDI), qui les met en relation avec des repreneurs intéressés.

Quel est le message principal que vous souhaitez transmettre aux exploitants qui envisagent de céder leur exploitation ?

Il est essentiel d'anticiper et de se faire accompagner. La transmission d'une exploitation est un projet qui prend du temps et qui mérite une préparation sérieuse. En moyenne, cela dure de 10 à 12 mois, mais parfois deux ans, selon les situations. S'accorder ce temps permet de clarifier ses objectifs, de mûrir son projet et de mieux envisager l'avenir, que ce soit pour préparer sa retraite, réfléchir à une reconversion, ou trouver un associé. Notre rôle est de les accompagner sereinement et de manière confidentielle dans cette transition.•

Propos recueillis par Ivan Muret

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