Aller au contenu principal

Transformer son tracteur en machine autonome : le pari de Latitude GPS avec iQuus

Le kit de rétrofit développé par l'entreprise normande permet d'automatiser des tracteurs à transmission Vario. Compatibilité, installation, usages, sécurité, coût... Tour d'horizon d'une solution qui mise sur le parc existant.

Il y a peu, faire tourner un tracteur mobilisait toujours une personne. Aujourd'hui, ce postulat est tombé. Et il n'est pas forcément nécessaire d'acheter un nouveau tracteur pour en profiter. L'entreprise euroise Latitude GPS basée à Venon, historiquement spécialisée dans le guidage GPS, propose en effet aujourd'hui iQuus, un kit d'autonomisation des tracteurs, codéveloppé avec GPX Solution. « Nous sommes en mesure de transformer n'importe quel tracteur, sourit Emmanuel Vauquelin, président de l'entreprise. La seule contrainte, c'est qu'il soit équipé d'une boîte à variation continue. Pour le reste, on trouve en général une solution. »

Cinq caméras et deux radars

Le système est globalement peu intrusif. Il se compose d'un panel de capteurs qui sont intégrés dans un bumper à monter à l'avant du tracteur (ou de l'outil frontal) et autour de l'ordinateur de calcul fixé sur le toit de la cabine. Au total ce sont cinq caméras et deux radars qui sont ainsi montés sur le tracteur et qui assurent au système une vision à 360° à plus de 20 mètres de distance, même en conditions poussiéreuses.

Protection ultime, le bumper stoppe la machine au moindre choc. Quatre arrêts d'urgence et un frein à vérin électrique permettent d'immobiliser immédiatement la machine si nécessaire. En cas d'obstacle, le tracteur peut reprendre seul son travail lorsque la zone est de nouveau dégagée. Le système est également conçu pour interrompre le chantier en cas de dérive de la trajectoire GPS ou de patinage anormal. « Ce système, on s'en sert depuis 2022. Mais nous n'en avons pas fait la promotion tant que la sécurité ne nous paraissait pas irréprochable », insiste Emmanuel Vauquelin. « D'ailleurs les assurances ont suivi », ajoute-t-il.

Interactivité avec les outils de la ferme

Le montage, réalisé en atelier, nécessite environ quatre jours (selon les modèles). Le kit prend en charge l'ensemble des fonctions de conduite du tracteur : vitesse d'avancement, régime moteur, relevages avant et arrière, distributeurs hydrauliques et prises de force. Une fois la parcelle et les paramètres de travail enregistrés dans la tablette cabine par l'agriculteur (un arpentage centimétrique est nécessaire), le tracteur construit son scénario de travail et ses parcours. L'agriculteur peut les valider ou les modifier aux besoins. Une fois installé dans la parcelle, le tracteur exécute alors seul son chantier, aussi bien en marche avant qu'en marche arrière.

L'agriculteur conserve néanmoins la supervision et le contrôle de la machine grâce à la plateforme MyGPX, disponible sur ordinateur et smartphone. Position du tracteur, images des caméras embarquées, alertes ou remontées des codes défaut peuvent être consultées à distance. Et le pilotage (ou l'arrêt) du tracteur est à tout moment possible.

L'un des intérêts du système réside aussi dans sa compatibilité Isobus et avec le protocole TIM. Lorsqu'un outil est capable de dialoguer avec le tracteur, il peut adapter automatiquement certains paramètres de fonctionnement afin d'optimiser le chantier. « L'avenir réside dans les outils intelligents, estime Emmanuel Vauquelin. Le tracteur va devenir esclave de l'outil, qui, par exemple, commandera la vitesse d'avancement en fonction des conditions rencontrées ».

Un tracteur autonome, pour quoi faire ?

Latitude GPS annonce un prix d'environ 90 000 euros installé. Mais contrairement aux systèmes constructeurs, le kit est facilement transférable sur un autre tracteur. « On pense qu'il y a un retour sur investissement sur quatre à cinq ans avec 500 heures de fonctionnement par an », précise Emmanuel Vauquelin. Préparation du sol, semis, déchaumage, andainage, ou même désherbage laser... Le système fonctionne aussi bien à 200 mètres par heure qu'à des vitesses de travail plus élevées. « L'un des avantages de notre solution par rapport à un robot par exemple, c'est qu'elle permet de conserver la polyvalence du tracteur. Et s'il doit reprendre un usage conventionnel ce n'est pas un problème. » L'ambition est donc moins de remplacer le tracteur que de prolonger ses capacités en lui permettant d'assurer, de façon autonome, les travaux les plus répétitifs.•

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Union agricole

Les plus lus

Axelle Piednoël, aidée de sa famille et de quelques amis, a vendangé chaque matin durant 15 jours. 
Chez Axelle Piednoël, une qualité de récoltes au rendez-vous

Axelle Piednoël, 38 ans, a terminé de vendanger ses 2 ha de vignes situés à Bourg-Achard dans l'Eure. Si la quantité de…

Le tas sèche à l'air libre ou bien à l'abri, toujours sous la forme d'un dôme de 3 m de haut minimum.
Des plaquettes de bois à la place de la paille

Les plaquettes de bois peuvent remplacer totalement la paille de litière. Leur prix d'intérêt est de l'ordre de 9,50 euros le…

Eau/irrigation : en finir avec les mythes

La revue Agriculture et Eau, fondée par Gil Rivière-Wekstein, a présenté, à l'assemblée générale des Irrigants de France, un…

Les nouvelles générations de transmission proposent une conduite plus économique sur la route avec une gestion affinée du régime moteur.
Circulation des engins agricoles : quelques rappels

La MSA, en partenariat avec Groupama, propose des réunions d'information sur la réglementation des engins agricoles pour…

De gauche à droite : Olivier Malaval, responsable développement de l'agriculture au Crédit Agricole Normandie Seine ; Laurence Sellos, présidente d'Avi'Normandie ; Bruno Mousset, directeur général du pôle amont du groupe LDC ; Yannick Bessin, président de la Société normande d'ovoproduits ; David Cassin, directeur communication et affaires publiques chez Sanders et François Bloc, directeur des Éleveurs de la Charentonne.
La Région à la conquête de la volaille normande
Face au changement climatique, à la hausse de la consommation et au poids des importations, la Région mise sur le développement…
Les cultures fourragères mais aussi le maraîchage et l'arboriculture sont au cœur du dispositif d'accompagnement départemental.
Fonds de réarmement : le guichet seinomarin est ouvert
Parmi les annonces de la ministre sur le plan Casi (canicule, adaptation,sécheresse, incendie) figure une enveloppe de 230…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 300 €/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site L'Union agricole
Consultez le journal L'Union agricole au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters du journal L'Union agricole