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Sucre et dérivés : Tereos se veut rassurant sur sa solidité

Ce 28 mai à Paris, Tereos a tenu une conférence de presse pour présenter les résultats de l'exercice 2025-2026. Le groupe coopératif veut prouver sa solidité alors qu'il fait face à des marchés chahutés.

Gérard Clay, Olivier Leducq et Gwenael Elies, ce 28 mai à Paris.
Gérard Clay, Olivier Leducq et Gwenael Elies, ce 28 mai à Paris.
© Aletheia Press

Prix mondial du sucre qui chute de 33 % en un an, forts stocks mondiaux, fortes importations sur le marché européen sans droit de douane... le secteur betteravier français souffre. Mais, ce 28 mai à Paris, Tereos voulait rassurer. « C'est une période de bas cycle, mais nous ne la subissons pas, nous agissons », résume Olivier Leducq, directeur général du groupe coopératif.

Les résultats financiers sont sans équivoque : le chiffre d'affaires de la division sucre Europe recule de 13 % entre la campagne 2024/2025 (2 359 M€) et 2025/2026 (2 057 M€). Pour la division sucre international, c'est même une diminution de 22 % avec un chiffre d'affaires de 1 021 M€ sur 2024/2025 contre 1 360 M€ l'année précédente. « Ainsi, le chiffre d'affaires de Tereos s'élève à 5,13 milliards d'euros contre 5,93 milliards d'euros l'année précédente. C'est une baisse de 13,5 %, contenue dans ce contexte opérationnel », commente Gwenael Elies, directeur financier.

Réduire les investissements

L'EBITDA ajusté s'établit à 416 M€ et encaisse une chute de 48 % tandis que le résultat net passe de 131 à - 590 M€, soit une diminution de 550 % (en change courant). De leurs côtés, les marchés de l'amidon et de l'alcool/éthanol sont aussi déséquilibrés (les chiffres d'affaires accusent, respectivement, une baisse de - 13 % et 15 % en change courant).

Pour traverser les turbulences, le groupe s'est mis en ordre de marche. « Nous réduisons nos investissements, même si ceux-ci restent importants, développe Olivier Leducq. La campagne 2024/2025 a été historique avec 455 millions d'euros. Sur 2025/2026, nous avons ramené cette enveloppe à 344 millions d'euros ». La maîtrise des frais financiers cash et généraux est également un levier d'action. « En deux ans, nous avons réduit de 33 millions d'euros les frais généraux au niveau du groupe, c'est-à-dire une baisse de quasi 9 % », illustre le directeur général.

Lequel ajoute : « Nous nous concentrons également sur nos activités stratégiques ». Ainsi 206 millions d'euros ont déjà été réalisés sur 2025/2026 via la cession d'actifs non stratégiques. Ainsi, « la dette nette est stabilisée à 2 225 M€ au 31 mars 2026 contre 2 220 M€ l'année précédente », souligne Gwenael Elies.

Innovations et décarbonation

Si les surfaces en betteraves restent stables, le groupe mise sur la décarbonation pour booster sa compétitivité. « Nous avons choisi le chemin d'électrification comme vecteur principal - et non exclusif - de décarbonation », complète Olivier Leducq. Une démarche également engagée auprès des producteurs. L'objectif du groupe est d'atteindre une réduction des émissions de dioxyde de carbone de 36 % au niveau du champ et de 50 % au niveau industriel en dix ans.

« Nous misons également sur les marchés d'avenir en participant à la structuration de la filière chimie verte et des carburants d'aviation durables », rebondit Olivier Leducq. C'est tout le sens du partenariat d'approvisionnement entre le groupe et l'industriel belge Futerro à Saint-Jean-de-Folleville. Ce sont 300 000 tonnes de blé qui devraient être utilisées pour produire 75 000 tonnes de bioplastique à l'horizon 2029. Ce partenariat vient renforcer l'importance stratégique du site Tereos de Lillebonne qui transforme annuellement 800 000 tonnes de blé en protéines, sirop de glucose et de dextrose ainsi qu'en bioéthanol. Dans ce domaine, le groupe sait qu'il lui faudra attendre plusieurs années avant de rentabiliser les investissements. Un nouveau plan d'action sur quatre ans est à l'étude pour faire face à un exercice 2026/2027 qui devrait rester difficile sur l'ensemble de ses métiers.•

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