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Solaal Normandie cherche de nouveaux financements

Depuis sa création en 2013, l’association Solaal facilite le lien entre les donateurs des filières agricole et alimentaire et les associations d’aide alimentaire. Plus que jamais nécessaire pour lutter contre le gaspillage alimentaire, l’association essaime en région, au plus près des besoins. Son antenne normande, créée en 2021, n’est pas en reste mais cherche des financements pour monter en puissance.  

Depuis sa création en 2013, l’association Solaal facilite le lien entre les donateurs des filières agricole et alimentaire et les associations d’aide alimentaire. Plus que jamais nécessaire pour lutter contre le gaspillage alimentaire, l’association essaime en région, au plus près des besoins. Son antenne normande, créée en 2021, n’est pas en reste mais cherche des financements pour monter en puissance.
Opération chaîne du don alimentaire organisée par Solaal lors du Salon international de l’agriculture 2022.
© C. H.

Invendus, surproductions, l’association d’intérêt général Solaal récupère tous ce que le monde agricole est en mesure de lui donner pour le livrer aux associations d’aide alimentaire qui se chargent ensuite de le redistribuer aux plus démunis. En 2021, Solaal Normandie a ainsi récolté 117 tonnes de denrées alimentaires. Le chiffre est d’autant plus impressionnant que l’association d’intérêt général n’a que quelques mois d’existence. 

Comment ça marche ?

Agriculteur, vous voulez donner vous aussi ? Rien de plus simple. Prévenez Solaal du don que vous voulez réaliser, via l’application smartphone de l’association, son site internet ou par appel téléphonique. L’association en retour confirmera votre don et lancera dans la foulée un appel d’offres auprès des associations d’aide  alimentaire avec lesquelles elle travaille communément (voir l’encadré sur le réseau Andes) pour qu’il soit redistribué au plus près des besoins. L’association respecte, dans la limite du possible le choix initial du donateur, mais aussi et surtout « l’équité », insiste Jean-Michel Hamel, président de Solaal Normandie. Tout ce service est entièrement gratuit, même la logistique de la marchandise, qui se fait sous forme de mécénat de transport.
Pour l’agriculteur donateur, le don alimentaire est défiscalisable (voir le témoignage de l’entreprise Malo)

Objectif : l’inclusion sociale

La mission de Solaal ne s’arrête pas là, son objectif est beaucoup plus ambitieux. Car si l’association fait également de la sensibilisation au gaspillage alimentaire et à la solidarité auprès des Maisons familiales rurales (MFR) et des lycées agricoles, en organisant notamment du glanage solidaire, elle vise in fine à lutter contre l’exclusion. « L’aide alimentaire n’est qu’une première étape vers la reconstruction de soi, vers l’inclusion sociale », souligne Jean-Michel Hamel.

Solaal Normandie nécessite un recrutement

Aujourd’hui alors que Solaal gagne en notoriété et engrange les dons dans biens des territoires, elle connaît en Normandie quelques ralentissements. La crise Covid est passée par là mais pas que. Solaal Normandie a été créée l’année dernière grâce à des aides pour la création d’associations régionales. Elle a également obtenu une aide du ministère de la Santé pour créer en son sein un emploi sur une période d’un an. Aujourd’hui l’association est à la recherche de nouveaux financements pour pérenniser un temps plein qui lui permettrait de relancer pleinement ses actions. Le conseil départemental de la Manche a d’ores et déjà répondu à la demande. •

 

Andes, un réseau pionnier d’épiceries solidaires

Angie Launey est animatrice sur le secteur Normandie, Eure-et-Loir, Guyane-Guadeloupe-Saint-Martin au sein de l'Association nationale de développement des épiceries solidaires (Andes), créée dans les années 2000 et reprise en 2019 par le groupe SOS (groupe associatif d’entrepreneuriat social en Europe). « L'idée de l'association est de garantir des produits de qualité à un public en situation de précarité », souligne-t-elle. « Notre fonctionnement est simple. Solaal lance un appel d'offres auprès de ses partenaires d'aide alimentaire, nous par exemple, et je me charge ensuite de prévenir l'ensemble de mes épiceries adhérentes afin qu'elles récupèrent le don. Nous sommes le relais », résume Angie Launey. En Normandie, l'association compte 42 épiceries solidaires adhérentes à la charte d’Andes, comprenant entre autres le libre-choix des produits pour les bénéficiaires ou encore la mise en place d'un accompagnement social. Angie Launey est en charge de vérifier le respect de cette charte en plus de proposer diverses formations, notamment en hygiène et sécurité, à destination des gérants de ces épiceries.
 

Malo, une entreprise agricole normande donatrice

Située à Goderville, la SARL Malo est spécialisée dans la production de pommes de terre et leur transformation. « Notre exploitation est familiale. Le grand-père de mon mari a commencé la production de ces tubercules en 1969. Dans les années 70, son fils a débuté la commercialisation des légumes en supermarché et mon mari Frédéric, a lancé son atelier de transformation en 2010 », explique Géraldine Malo, salariée. L’entreprise familiale donnait jusqu’à présent ses invendus à l’association des Restos du cœur, mais la dernière saison de collecte de l’association ayant été stoppée, les agriculteurs se sont tournés vers Solaal. « Je suis responsable de la question du gaspillage alimentaire au sein de l’Association régionale des entreprises alimentaires (Area), c’est donc comme cela que j’ai connu Solaal », précise Géraldine Malo. « C’est pour nous le moyen de valoriser nos produits sans débouchés, tels que des pommes de terre mal calibrées. Cela évite qu’elles soient jetées. En adhérant à Solaal, on réduit notre gaspillage alimentaire, on permet aux plus précaires de se nourrir convenablement et on valorise une production sans débouchés, notamment grâce à une réduction d’impôts, liées aux charges de production ». La réduction d’impôt est égale à 60 % du montant des versements effectués, pris dans la limite de 5 ‰ du chiffre d’affaires. « En plus de son intérêt social et économique, Solaal est facile d’utilisation. Je me rends sur le site, sur lequel je me suis auparavant inscrite, je remplis les informations tels que le type de produit, le poids, la variété de pomme de terre dans mon cas, le format d’emballage ainsi que son mode de conservation. À la suite de cela, Solaal lance un appel d’offres auprès de ses partenaires d’aide alimentaire et les associations nous contactent ensuite directement afin de convenir d’une date de réception du don, directement à la ferme. Aujourd’hui nous avons un vrai lien, nous donateurs, et les associations d’aide alimentaire, grâce à Solaal qui fait toujours l’intermédiaire entre nous deux. Il m’arrive de travailler également en direct avec ses partenaires, pour m’adapter à leur demande. Si par exemple à un instant T, ils n’ont pas besoin d’un volume de pommes de terres important, j’ai la possibilité de les stocker et de leur en faire don plus tard. Par ailleurs, nous travaillons également avec eux main dans la main à l’organisation et à la réalisation d’animations. Par exemple, nous organisons ensemble une visite de notre site pour les donataires d’une épicerie solidaire, suivie d’un glanage au champ », conclut Géraldine Malo. •
Depuis sa création en 2013, l’association Solaal facilite le lien entre les donateurs des filières agricole et alimentaire et les associations d’aide alimentaire. Plus que jamais nécessaire pour lutter contre le gaspillage alimentaire, l’association essaime en région, au plus près des besoins. Son antenne normande, créée en 2021, n’est pas en reste mais cherche des financements pour monter en puissance.
La SARL Malo donne ses invendus de pommes de terre en filet de 2,5 kg.
© Blandine Huré
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