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« On sera ferme avec ceux qui ne respectent pas la loi Egalim.»

En l'absence du salon de l'agriculture cette année, le ministre Julien Denormandie a entamé un marathon pour aller à la rencontre des agriculteurs. Lundi, il était en Seine-Martime pour visiter le marché d'intérêt national de Rouen et deux fermes du pays de Caux.

Julien Denormandie a visité lundi 1er mars deux exploitations du pays de Caux, la SCEA Dennequin, à Biville-la-Baignarde et la ferme du Tors à Belleville-en-Caux. La question du prix, après les mobilisations de ces dernières semaines, était au coeur des échanges entre le ministre de l'Agriculture et les professionnels. Thierry Dennequin est éleveur laitier avec une cinquantaine de vaches normandes, il produit 340 000 litres de lait et 30 hectares d'herbe, « la première culture du département », comme l'a rappelé Patrice Faucon, président de la FNSEA 76 lors de sa présentation de l'agriculture seinomarine. Il achète également 15 hectares de luzerne à son voisin céréalier qui est en conversion en agriculture biologique.

 

La race normande à l'honneur

« Mais avec des sècheresses qui se répètent, c'est plus difficile. Je suis pourtant un fan de l'herbe, avec du pâturage six mois de l'année, d'avril à octobre », regrette l'éleveur.

Passionné de génétique, la race normande, il sait la valoriser puisque ça fait deux ans qu'il travaille avec l'entreprise Grosdoit sur un projet de Label rouge pour les vaches de réforme. « L'engraissement est de 45 jours minimum. Nous avons prouvé que la vache normande, race mixte, est capable de prendre du muscle après sa carrière laitière, avec une qualité de gras recherchée », explique Pascal Grosdoit. « Mais si on produit de la qualité, on doit être payé le juste prix », souligne Thierry Dennequin qui glisse avoir perdu 2,2 % depuis janvier sur le prix de son lait livré à Danone.

Pour Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, les distributeurs se soustraient au droit français avec des plateformes d'achat situées au Luxembourg, ou l'ajout de services fictifs pour diminuer le prix de base payé à l'agriculteur. Charles Vimbert, président des JA 76, a l'impression que « tout est fait pour protéger les grandes surfaces. »

Il explique au ministre les actions qui ont été mises en place ces dernières semaines par les syndicats (voir notre article P4) et souligne avoir encouragé les consommateurs à aller faire leurs courses chez un distributeur allemand (Lidl) car c'est actuellement celui qui respecte le plus les agriculteurs.

Julien Denormandie reconnaît un « paradoxe » avec une guerre des prix qui « empêche la montée en gamme des agriculteurs alors que les Français demandent cette qualité ». Il promet de « changer la loi s'il le faut ». Le consommateur a « un rôle à jouer ».

Pour le ministre, la question du pouvoir d'achat mise en avant par les GMS est un faux problème, « cela ne coûte pas plus cher d'acheter des produits frais et locaux et de les cuisiner que d'acheter des produits transformés ». Il ajoute que si les GMS ne jouent pas le jeu, il ne faut pas oublier les industriels. « Certains ne respectent pas cette loi Egalim qui dit que le prix affiché doit d'abord être construit à partir du coût de production, il faut mettre en place tous les contrôles et les sanctions nécessaires. »

Sébastien Windsor, président des chambres d'agriculture, rappelle l'importance de rendre obligatoire l'affichage de l'origine des viandes en restauration hors domicile, car c'est là qu'il y a de l'abus. Julien Denormandie explique qu'il y a eu en six semaines, autant de contrôles qu'habituellement en six mois. « On sera d'une fermeté totale avec ceux qui ne respectent pas la loi Egalim avec des sanctions. (...) J'ai confié à Serge Papin un travail important sur le sujet afin de modifier la loi ».

Intermarché a été sanctionné avec une amende de 150,75 millions d'euros. « Il faut généraliser la transparence dans les contrats entre les trois parties : agriculteur, transformateur et distributeur. »

« Rien ne vaut le terrain. »

Le ministre s'est ensuite rendu à Belleville-en-Caux, chez Ludovic Dufour, pour visiter la ferme du Tors, impliquée dans l'agroécologie pour protéger ses sols. Impacté par le ruissellement, l'agriculteur a mis en place sur ses terres limoneuses des mesures pour freiner l'érosion. Il pratique l'agriculture de conservation, a recours aux couverts végétaux et a planté des saules, avec l'appui de nombreux partenaires : chambre d'agriculture, réseau Trame, fédération des chasseurs....

Sébastien Windsor explique que cette ferme a servi de modèle puisque la chambre d'agriculture de Normandie a investi dans une planteuse et a permis de planter 50 km de saules dans la région pour protéger les sols des écoulements d'eau. « Notre salon de l'agriculture à Belleville est ouvert. Rien ne vaut le terrain. Continuez à faire en sorte qu'on nous respecte et nous écoute », a déclaré Ludovic Dufour à Julien Denormandie, avant le lancement d'une table-ronde entre le ministre et les professionnels.

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