Aller au contenu principal

A Saint-Victor-l’Abbaye, ils sont « Fada ».

Guillaume Schlur a présenté sa ferme aquaponique dans le cadre d’Innov’Actiondes chambres d’agriculture.

file-alt-64431
Les légumes et plantes aromatiques absorbent les éléments minéraux apportés par l’atelier piscicole.
© C.Hennebert

 

Innov’Action est un événement national organisé par les chambres d’agriculture pour faire découvrir les innovations des agriculteurs autour de la triple performance. Pour la cinquième édition, la Normandie propose huit portes ouvertes jusqu’au 27 septembre. Le 2 juillet dernier, la visite de la ferme aquaponique de l’Abbaye à Saint-Victor-l’Abbaye  (Fada) a intéressé pisciculteurs et maraîchers.

Guillaume Schlur est maraîcher pisciculteur depuis avril 2017. Le jeune homme de 33 ans est ingénieur agricole de l’Esitpa (maintenant UniLaSalle). Il a commencé à travailler à Madagascar où il a accompagné des pisciculteurs et riziculteurs.

« De retour en France, je souhaitais m’installer en agriculture conventionnelle mais l’accès au foncier est compliqué. Je suis tombé sur un reportage sur l’aquaponie, je me suis documenté et j’ai visité des sites en France. Puis j’ai eu connaissance du projet Apiva qui m’a encouragé à monter mon projet d’unité de production dans une ancienne serre horticole de plus de 1000 m2 qui appartenait à ma belle-famille ».

L’aquaponie, c’est produire en synergie des poissons et des végétaux. Très simplement, c’est l’aliment des poissons qui va nourrir des plantes d’intérêt économique (plante aromatiques, médicinales, légumes à forte valeur ajoutée). Le système de Guillaume Schlur est couplé mais il est possible de scinder les deux productions avec une installation découplée.

Les poissons chargent l’eau de leurs déjections et d’azote organique. Une filtration élimine ensuite les déjections et transforme l’azote organique en azote minéral. L’eau chargée en azote et en éléments assimilables circule entre les planches maraîchères. Les plantes poussent en pompant l’azote par absorption racinaire et filtrent l’eau qui est renvoyée dans les cuves à poissons.

Un poisson pour cinq végétaux

L’atelier piscicole de Saint-Victor-l’Abbaye produit 500 truites élevées dans des bassins circulaires (deux bacs de 3 m3 d’eau) jusqu’à quatre mois (350 g). Le choix s’est porté sur la truite arc-en-ciel mais toutes les espèces de poisson sont compatibles à l’aquaponie. L’atelier végétal représente aujourd’hui douze bacs de culture, mais cette année Guillaume Schlur agrandit sa surface de production par trois. « 2016 a été une année de tests sur plusieurs espèces végétales et 2017 ma première année de production. Je fume à froid mes truites, environ 50 kilos par an. Aujourd’hui mes légumes et mes poissons sont vendus principalement à des restaurateurs et des particuliers. En termes de volumes produis, le ratio est d’un poisson pour cinq végétaux ».

Les rendements sont similaires entre du hors-sol classique et l’aquaponie. Cependant les références sont compliquées à établir et les simulations à faire car il y a beaucoup de variabilité entre les systèmes. A un moment dans l’année, un atelier peut tirer la ferme économiquement puis l’autre atelier prend le dessus à une autre période.

« Pour les aquaculteurs, l’aquaponie pourrait permettre de valoriser les effluents chargés qui souvent posent problème lors du traitement en termes réglementaires. Pour les horticulteurs en hors-sol, l’aquaponie pourrait mettre à leur disposition une solution riche en nutriments prête à être utilisée pour la culture de végétaux », explique Aurélien Tocqueville de l’institut technique des filières avicole, cunicole et aquacole.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Union agricole

Les plus lus

Les JA du canton d'Yvetot en charge de cette édition 2026.
Festival de la terre : J -1

Boostés par l'organisation l'année dernière des Terres de Jim à Vieux-Manoir, les Jeunes agriculteurs seinomarins vont…

Le service juridique se tient à votre disposition pour tout renseignement.
Fermage 2026 : une augmentation plus mesurée

L'arrêté du 11 août 2026, publié au JORF le 13 août 2026, fixe l'indice national des fermages à 127,04, soit une…

Grâce à l'arrivée de nouvelles machines, près de 13 000 hectares ont pu être écapsulés sur le territoire de la coopérative Terre de Lin.
Récolte de semences de lin 2026 : une campagne inédite

La saison d'écapsulage est terminée pour Terre de Lin. Elle est inédite à plusieurs titres. Explications.

La réforme concerne pratiquement toutes les entreprises et exploitations assujetties à la TVA.
Facture électronique : l'AS 76 mobilisée aux côtés de ses adhérents
La mise en place de la facture électronique constitue une évolution importante au sein des exploitations agricoles. Pour…
Maïs touchés par la sécheresse dans le pays de Bray.
« Si l'urgence est au court terme, il va vite falloir penser aux échéances plus lointaines

La violence de cet été caniculaire va nécessiter un accompagnement rapide des exploitations les plus en difficulté. La rentrée…

Pour répondre à la demande, le local doit pousser les murs.
Les Petites L'Ouches s'équipe pour répondre à la demande d'un nouveau gros client

L'atelier de transformation et la plate-forme logistique pour les agriculteurs locaux a lancé des travaux et des achats pour…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 300 €/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site L'Union agricole
Consultez le journal L'Union agricole au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters du journal L'Union agricole