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Reliquats azotés en sortie d'hiver : quel impact des fortes précipitations de cet hiver ?

Première étape du pilotage de l'azote sur les cultures en 2025 : la réalisation de reliquats d'azote en sortie d'hiver (RSH) permet d'évaluer l'azote disponible pour les cultures.

Pour avoir une information fiable de chaque parcelle ou groupe de parcelles, il est important de réaliser le RSH dans les meilleures conditions possibles et sur la profondeur d'horizon technique et réglementaire adéquate.
Pour avoir une information fiable de chaque parcelle ou groupe de parcelles, il est important de réaliser le RSH dans les meilleures conditions possibles et sur la profondeur d'horizon technique et réglementaire adéquate.
© Lilano

La fertilisation azotée minérale et organique doit venir en complément des fournitures du sol. Pour cela il est nécessaire de bien évaluer le RSH, quantité d'azote minéral disponible en sortie d'hiver variable chaque année qui dépend de nombreux facteurs (reliquat post-récolte, minéralisation automnale, couverture végétale, précipitations hivernales...). Les valeurs obtenues pour les RSH sont un élément incontournable pour réaliser le plan prévisionnel de fertilisation. L'azote déjà absorbé par la culture de céréales et colza est également un poste non négligeable, très variable selon les parcelles et les années.

Les précipitations ont été abondantes, voire très abondantes pour l'hiver 2024-2025, cela a forcément une incidence sur les niveaux d'azote présent dans le sol. Pour avoir une information fiable de chaque parcelle ou groupe de parcelles, il est important de réaliser le RSH dans les meilleures conditions possibles et sur la profondeur d'horizon technique et réglementaire adéquate.

Acteur majeur en Normandie, Sylvie Chartrain responsable Agronomie au laboratoire Lilano (implanté à Saint-Lô dans la Manche) rappelle quelques consignes pour les prélèvements à venir. « Une année ne faisant pas l'autre, il est nécessaire de mesurer précisément en laboratoire ses reliquats d'azote. Pour cela, il faut prélever sur toute la profondeur d'enracinement de la culture retenue, par horizon de 30 cm. En cas de sols profonds, il faut aller jusqu'à 90 cm. Une fois chaque horizon du sol constitué : 0-30 cm, 30-60 cm voire 60-90 cm, il faut les regrouper dans un grand sac accompagné d'une feuille de renseignement remplie entièrement. Pour faciliter le repérage des horizons le Lilano applique des codes couleurs sur les sachets.» Le guide de prélèvement est téléchargeable sur le site du laboratoire Lilano.

Les échantillons doivent parvenir au laboratoire :

  • soit à l'état réfrigéré (4 °C) dans un délai 48 heures après le prélèvement ;
  • soit à l'état congelé (- 18 °C) pour un envoi ultérieur.

Les nitrates et ammonium sont extraits avec une solution de chlorure de potassium puis dosés par flux continu (méthode spectrophotométrique-ISO 14256).

En Normandie, de nombreuses structures de conseil, des coopératives et des négoces permettent aux agriculteurs de pouvoirs réaliser les RSH auprès de différents laboratoires (Auréa, Galys, Proxilabo...). N'hésitez pas à les contacter.

Impasse tallage possible en blé, sous conditions...

L'apport au tallage est l'apport le moins bien valorisé par le blé. Sur 40 unités apportées, il y en a rarement plus de 20 réellement absorbées. De plus, contrairement à une idée reçue, l'azote ne fait pas taller. Le nombre de talles est déterminé par les conditions climatiques. L'apport au tallage permet aux talles d'être plus vigoureuses à la montaison, mais une bonne alimentation à partir d'un épi 1 cm garantit, dans la plupart des cas, un nombre d'épis équivalent. En supprimant l'apport tallage, on favorise l'élimination des talles surnuméraires qui auraient mobilisé inutilement des nutriments, et favorisé les risques verse et maladies.

De nombreuses expérimentations ont été conduites par les Chambres d'agriculture afin de mieux cerner les marges de manœuvre pour faire l'impasse totale de l'apport tallage ou bien son décalage dans le temps.

L'impasse est d'autant plus pertinente à mettre en œuvre lorsque les situations ci-dessous se présentent :

  • ceux qui ont réalisé une bande double densité lors du semis, si vous ne constatez pas de "faim d'azote", vous pouvez vous permettre de retarder, voire de supprimer l'apport tallage. Cette impasse est d'autant plus facile à réaliser si le nombre d'épis potentiels en sortie d'hiver avoisine et dépasse les 500 épis/m² en blé et 700 épis/m² en orge d'hiver ;
  • en absence de bande double densité, vous pouvez mettre en place une zone sur-fertilisée. À partir du moment où vous observez une décoloration de votre parcelle vis-à-vis de votre témoin sur-fertilisé, vous pouvez envisager de débuter vos apports ;
  • l'impasse est plus facile à envisager derrière des cultures ayant reçu en 2024 des effluents d'élevages (fumiers, digestats...), des cultures ayant obtenu de faibles niveaux de rendements au regard des doses d'azote apportées (reliquat post-récolte important), des historiques herbages (même parfois ancien > 15 ans) ;
  • sur des variétés de blé dites tardives à montaison plutôt que des variétés types précoces.

L'apport reste cependant important dans deux cas. Premier cas : le sol ou le précédent ne favorise pas le développement racinaire du blé (sols superficiels, hydromorphes ou blé sur blé). S'il est mal enraciné, le blé a des difficultés à s'alimenter et peut être carencé de façon excessive au début de la montaison. Deuxième cas : les variétés précoces. Leur vitesse de croissance et leur faible capacité de compensation en fin de cycle les sensibilisent aux carences azotées précoces.•

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