Récolte de semences de lin 2026 : une campagne inédite
La saison d'écapsulage est terminée pour Terre de Lin. Elle est inédite à plusieurs titres. Explications.
L'arrachage des lins d'hiver s'est étalé entre fin mai et début juin et avant la fin de l'écapsulage du lin d'hiver, les arrachages de lin de printemps ont débuté fin juin puis les écapsulages ont suivi. Les machines ont tourné sans arrêt, mis à part les quelques jours où les arrêtés préfectoraux interdisaient les chantiers agricoles pour des raisons de sécurité.
100 chauffeurs et 35 machines
Tout s'est bien enchaîné grâce au travail des agents qui ont géré un peu plus de 100 chauffeurs accompagnants sur toute la zone de la coopérative et fait le lien entre les saisonniers, les chefs de groupe, les adhérents, la réception des semences, l'atelier.
Autre point inédit, le nombre de machines qui a augmenté pour cette campagne : 23 machines ancienne génération, huit de nouvelles générations et quatre arracheuses écapsuleuse, la Kronox d'Axinor, qui est transformée en écapsuleuses pour le lin de printemps. Terre de Lin et le groupe Brygo ont mandaté un concepteur français de matériels spécifiques pour le monde agricole, pour développer cette nouvelle machine.
Sur les deux dernières années, dix machines supplémentaires sont venues enrichir le parc matériel qui a écapsulé 13 000 hectares cette année, 4 000 hectares de semences de lin d'hiver et 9 000 hectares de semences de lin de printemps.
« Nous n'avons jamais écapsulé autant d'hectares ! »
« Après une année 2025 difficile pour la récolte de semences, il y a eu une prise de conscience d'élargir la zone de collecte et l'augmentation du parc de machines nous le permet. En plus de la bordure maritime, nous sommes donc allés écapsuler dans le Roumois et dans la zone de Douvrend. Tous les secteurs de Terre de Lin ont été écapsulés de manière importante cette année. Nous nous étions aussi engagés à mettre des machines sur tous les secteurs », précise Stéphane Vasselin.
Le responsable du service adhérents de la coopérative tient à revenir sur le rôle important des agents qui doivent mettre en musique la gestion des machines, des hommes et des liniculteurs.
En plus d'apporter une amélioration des débits de chantier, les nouvelles écapsuleuses ont permis de meilleures conditions de travail et de sécurité pour les chauffeurs.
Excellentes conditions de travail
Huit mécaniciens étaient présents durant toute la campagne pour réparer les machines si besoin, à l'atelier ou au champ. « Il y a eu très peu de pannes grâce au gros travail de révision réalisé par l'équipe durant la hors saison, mais il y a eu des pièces à changer en raison des conditions météo inédites : chaleur et poussière mettent les roulements à mal. Les chantiers se sont déroulés sur des terres tellement sèches que les lins se tenaient bien et n'ont pas été abîmés ».
En lin d'hiver, les rendements sont corrects, proches de ceux de 2025. Le triage a commencé. Il y a aura du stock.
En lin de printemps, c'est un peu différent : « cela sera une année correcte mais pas exceptionnelle, qui permettra de répondre aux besoins du marché ». De grandes variations de rendements sont constatées, allant de 300 kg à 1 500 kg de graines à l'hectare. « Cette différence dépend des conditions météorologiques, grosse pluviométrie ou coup de chaud au moment de la floraison des parcelles ».
« L'arrivée de nouvelles machines est une bonne chose »
Justine Baudet, linicultrice à Saint-Crespin, avait deux variétés à écapsuler cette année : Bolchoï et Elixir. « Avec mon mari nous avons pris des parts sociales pour la multiplication lors de nos installations ».
Elle est satisfaite que l'écapsulage se développe sur le secteur de Crosville-sur-Scie. Grâce à l'arrivée de nouvelles machines, près de 1400 hectares ont pu être écapsulés sur ce secteur.
« Cette année, j'ai eu la chance d'avoir la nouvelle arracheuse- écapsuleuse, la Kronox d'Axinor. Jusqu'alors elle allait plutôt dans l'Eure. Maintenant équipée d'un pick-up pour en faire une retourneuse-écapsuleuse, elle peut venir écapsuler en Seine-Maritime. Depuis le début de sa mise en marche, il y a eu des améliorations et j'ai constaté qu'elle est beaucoup plus efficace au niveau du nettoyage des graines. Lors de la récolte du Bolchoï, il n'y avait que de la graine dans la trémie ».
Cette année, ses rendements vont de 500 kg/ha pour le Bolchoï à 700 kg/ha pour Elixir. « Je pense que c'est la verse de Bolchoï au moment de la floraison qui fait la différence ».
« En 2024, avec un très bon rendement de graines à l'hectare, j'ai été encouragée à poursuivre. De plus, avec la recette de production des semences, c'est intéressant ».•