Aller au contenu principal

Quel zonage pour l'AOP camembert ?

Pour pouvoir incorporer de nouvelles communes dans la zone de production du camembert et permettre à de nouveaux producteurs d'en profiter, il faut se manifester auprès de l'Inao. L'occasion ne se représentera pas deux fois.

file-alt-63934
© unionagricole76

Sur les 1 181 communes retenues par l'Inao pour le zonage de la future AOP Camembert de Normandie, seulement deux sont en Seine-Maritime : Sandouville et Saint-Vigor d'Ymonville. Mais la zone est soumise à enquête publique. Si des producteurs laitiers comptaient saisir l'opportunité, il va falloir se mobiliser rapidement pour faire bouger les lignes.

Il reste deux mois pour convaincre l'Inao d'agrandir la zone en incorporant d'autres communes seino-marines. Les agriculteurs peuvent se manifester par courrier recommandé, mais les maires aussi, ou toute personne ayant un intérêt légitime dans le dossier.

« Cette occasion ne se reproduira pas deux fois », met en garde Jocelyn Pesqueux, président de la section laitière de la FNSEA 76. C'est l'histoire du camembert du 21e siècle qui est en train de s'écrire. Ou plutôt la géographie. Deux communes seinomarines pour l'instant dans le projet, pourtant, le climat du département s'y prête bien et pour les générations à venir, c'est peut-être une voie d'avenir, avec une rémunération intéressante à la clé.

En effet, le camembert est apprécié en France et à l'export, il est mondialement connu, un atout de taille. Pas besoin de dépenser des sommes astronomiques en communication comme lorsqu'on lance un nouveau produit, le camembert se vend déjà comme des petits pains. Les détracteurs du projet, car il y en a, pointent du doigt l'existence de deux niveaux dans le projet : le camembert au lait pasteurisé (coeur de gamme) et le camembert au lait cru (haut de gamme).

Pour eux, permettre au lait pasteurisé d'accéder à l'AOP est un sacrilège. Or, force est de constater que le camembert est déjà consommé en majorité sous sa forme pasteurisée et les défenseurs du projet insiste sur leur volonté de monter en gamme non seulement le produit au lait cru, le véritable camembert, tel qu'ils ontchoisi de le nommer, mais aussi celui qui sevendra en France et à l'export : le camembertpasteurisé. « Pour un demi-camembert aulait cru en France, il se vend actuellementsix camemberts au lait pasteurisé » rappelleJocelyn Pesqueux.

CONDITIONS POUR REJOINDRE L'AOP

Les critères pour pouvoir rejoindre l'AOPsont liés à la pousse de l'herbe, qui doit être régulière. L'Inao a fait appel à des expertspour les mesures. Ils ont fixé les conditionsà plus de 800 mm de précipitationsannuelles avec un minimum de 130 jours de pluie, 30 % de prairies dans la surface agricole utile, pas moins de 40 % de surfacefourragère sur une même commune... «Que les producteurs qui pensent entrer dansce cahier des charges, qui ont un projet devente directe ou livrent à une laiterie pour lecamembert, se manifestent, c'est important», insiste Jocelyn Pesqueux.

L'Inao a aussi fait appel à des historiens pour localiser le berceau historique de la race normande, qui doit représenter 20 %du cheptel communal. Dans le passé même lointain, la commune doit prouver qu'ellea abrité une fromagerie ou fut un lieu de collecte d'une laiterie produisant le camembert .Il y a eu jusqu'à 1 400 laiteries en Normandie entre le 19e et le 20e siècle. Pour la Seine-Maritime, on peut consulter une liste ici : http://www.camembert-museum.com/pages/departements/76-seine-maritime/.

Si le département a été retiré de l'AOP actuelle en 2008, elle est néanmoins dans l'histoire du camembert. Ainsi, Maurice Hergault,industriel laitier de la Seine-Inférieure (Moulineaux) était le secrétaire du « syndicat du véritable camembert de Normandie » lorsde sa création en 1909.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Union agricole

Les plus lus

Principales mesures de la loi de finances 2026 : quels impacts ?

Comme chaque année, la loi de finances comporte son lot de mesures générales relatives à l'impôt sur le revenu (IR), qui…

Plus de la moitié du cheptel normand est abattue hors région.
Viande bovine : la Normandie face aux mutations de la filière

Au Sia 2026, les allées réservées aux bovins étaient plus vides que jamais. Entre épidémies à répétition (MHE, FCO, DNC), la…

Jérémie Fleury, président de la Cuma du Bosmelet : « le fissurateur fait le boulot des vers de terre. Peut-être que dans dix ans, lorsqu’on aura retrouvé une population de vers de terre suffisante, on ne s’en servira plus. C’est notre but. Mais pour le moment, on ne peut pas faire sans. »
Casser les semelles de travail : fissurateur ou décompacteur ?

L’attention accrue portée à la structuration des sols conduit de nombreux agriculteurs à s’intéresser au fissurateur. Celui-ci…

En agriculture conventionnelle, rechercher l'autonomie alimentaire n'est pas toujours payant.
La culture du méteil en grains pas toujours rentable

Selon une étude réalisée au Ciirpo (Centre interrégional d'information et de recherche en production ovine), sur le site du…

Paul-Henry Langlois : « je ne suis pas stressé de nature. Quand je me lève le matin,  je me dis que je fais le plus beau métier du monde ».
Rencontre avec le nouveau président de JA Normandie

Paul-Henry Langlois vient de succéder à Emmanuel Roch à la présidence de JA Normandie. De la ferme du Château à Chavigny-…

Les ovalies.
Les Ovalies, un tournoi de rugby universitaire unique en Europe

La 31e édition des Ovalies va se dérouler les 8 et 9 mai prochains au stade Marcel-Communeau de Beauvais (Oise). L'…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 300 €/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site L'Union agricole
Consultez le journal L'Union agricole au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters du journal L'Union agricole