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Qualité de l'air, un enjeu pour l'agriculture

Quel rôle l'agriculture peut-elle jouer dans la préservation de la qualité de l'air ?

Les postes d'émission des particules primaires et d'ammoniac.
Les postes d'émission des particules primaires et d'ammoniac.
© Ademe

La qualité de l'air est un enjeu sanitaire et environnemental majeur, particulièrement dans le contexte actuel de changement climatique et de dégradation des écosystèmes. L'agriculture, essentielle à la production alimentaire mondiale, joue aussi un rôle significatif dans les émissions de polluants atmosphériques. Certaines bonnes pratiques agricoles peuvent contribuer à améliorer cette situation.

Comment détermine- t-on la qualité de l'air ?

La qualité de l'air est déterminée par la concentration de divers polluants, tels que les particules fines, les oxydes d'azote (NOx) ou l'ozone (O3). Ces polluants peuvent avoir des effets néfastes sur la santé humaine, provoquant des maladies respiratoires et cardiovasculaires. Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), la pollution de l'air est responsable de plus de 4 millions de décès prématurés chaque année.

La dégradation de la qualité de l'air a aussi des conséquences environnementales significatives. Elle contribue à l'acidification des sols et des eaux et à la perte de biodiversité. Les écosystèmes agricoles, en particulier, sont vulnérables à ces impacts, ce qui peut entraîner une diminution des rendements et une dégradation des terres.

Le secteur agricole est une source d'ammoniac. Il se combine avec d'autres molécules dans l'air et va conduire à la formation de particules fines dites particules secondaires. Les particules primaires, à l'image des poussières, sont émises directement dans l'air.

Il existe plusieurs postes responsables d'émissions d'ammoniac en élevage et cela concerne notamment toute la chaîne de gestion des effluents.

L'utilisation d'engrais azotés de synthèse dans l'agriculture est également une source significative d'oxydes d'azote (NOx), qui sont des précurseurs de l'ozone troposphérique, un polluant atmosphérique nocif.

Quelques bonnes pratiques agricoles pour la qualité de l'air

Le pilotage de la fertilisation permet de réduire les pertes d'azote. Les outils de pilotage de la fertilisation azotée sont des outils d'aide à la décision. Ils visent à optimiser les apports azotés sur la culture et à limiter ses impacts environnementaux sur le milieu et principalement l'eau et l'air.

Il est également possible d'utiliser des engrais moins émissifs ou à libération contrôlée. Le facteur d'émission moyen de l'urée atteint 13,1 % alors que celui des ammonitrates est de 1,9 % selon le Citepa (Centre interprofessionnel technique d'études de la pollution atmosphérique).

Introduire des légumineuses (féverole, pois, lupin...) dans la rotation culturale permet de diminuer le recours aux engrais et peut générer un abattement moyen des émissions d'ammoniac de 20 %. Ces plantes possèdent des bactéries sur leurs racines qui fixent l'azote atmosphérique. L'abattement peut atteindre 80 % si on les introduit dans les prairies selon l'Ademe.

Il est également intéressant de réaliser des analyses de sol pour déterminer les besoins spécifiques en nutriments des cultures pour éviter les apports excédentaires.

Comment s'y prendre en élevage ?

Concernant les effluents d'élevage, au stockage le constat est simple. Plus l'effluent reste au contact de l'air libre, plus la volatilisation d'ammoniac est importante. Le principe de la couverture des fosses de stockage est donc de limiter le contact entre l'effluent et l'atmosphère et ainsi de réduire les échanges gazeux. Il est difficile de déterminer un taux d'abattement des émissions d'ammoniac grâce à la couverture de fosses car de nombreux autres facteurs interviennent, néanmoins, selon les études de l'Ademe, cet abattement est évalué entre 40 et 80 % des émissions selon les types de couvertures.

La couverture de fosse peut être onéreuse et difficile à mettre en place sur fosse existante mais il faut tenir compte qu'elle présente des cobénéfices. Elle permet de réduire de plus de 90 % les odeurs et apporte ainsi une meilleure qualité de vie pour les exploitants et le voisinage, ainsi qu'une meilleure acceptabilité sociale des activités d'élevage. La suppression d'apport d'eau pluviale augmente la capacité de stockage des fosses.

À l'épandage, l'utilisation de matériels performants (pendillards, injecteurs) ou l'enfouissement rapide des effluents réduisent les émissions d'ammoniac de 30 % à 90 % selon la nature de l'effluent et la technique employée. La valorisation optimale des effluents d'élevage ainsi obtenue réduit le recours aux engrais minéraux. L'utilisation de ces matériels permet également de réduire les odeurs ainsi que les distances d'épandage.

Le frein majeur au développement de ces techniques reste leur prix bien supérieur à un équipement classique, un investissement auquel on peut réfléchir en cas de renouvellement de matériel dans le cadre des Cuma, plutôt qu'en individuel. Il est également possible de faire appel à une entreprise de travaux agricoles.

Un guichet FranceAgriMer est actuellement ouvert sur les matériels de stockage et d'épandage d'effluents moins émissifs. Il est ouvert jusqu'au 31 décembre 2024 ou jusqu'à consommation de l'enveloppe : https://www.franceagrimer.fr/Accompagner/Planification-ecologique/Planification-ecologique-agriculteurs/Materiels-de-stockage-et-d-epandage-moins-emissifs

La qualité de l'air est un enjeu crucial pour la santé humaine et l'environnement, et le secteur agricole a un rôle important à jouer dans cette problématique. En adoptant des pratiques agricoles durables et en réduisant les émissions de polluants, il est possible de contribuer à améliorer la qualité de l'air tout en garantissant la sécurité alimentaire et la performance des exploitations. La sensibilisation des agriculteurs et des décideurs à ces enjeux est essentielle pour promouvoir des politiques et des pratiques qui favorisent un avenir plus sain et durable pour tous.•

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