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Pour une politique contractuelle de la pomme de terre « à tous les échelons de la filière »

12e congrès des producteurs à Saint-Quentin le 10 février dernier.

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Arnaud Delacour, président de l’UNPT
© actuagri

L’Unpt veut une véritable contractualisation qui englobe la grande distribution. Un chantier qu’elle va mener avec tous les partenaires pour bâtir une politique contractuelle organisée à tous les étages, du producteur au consommateur. La question était au centre des débats du 12e congrès de l’UNPT tenu à Saint-Quentin le 10 février dernier. La majorité des patatiers le pressentait, mais des moindres rendements en Grande-Bretagne une année, puis en Allemagne, a différé la crise rencontrée actuellement par la filière. « L’absence de catastrophe climatique en Europe a induit une véritable catastrophe économique », soulignait à ce propos Christophe Mallet, directeur de Fedepom. « De mémoire de producteurs, cette campagne est l’une des pires que nous vivons depuis 25 ans », a rappelé Arnaud Delacour, président de l’UNPT en clôturant le 12e congrès de la section spécialisée pommes de terre de la FNSEA.

Pour l’UNPT, le point d’équilibre du marché français se situe en effet à 200€/tonne (stade expédition pour la variété Bintje 40-70 mm). Et respecter un tel objectif, c’est ne pas dépasser les 5 Mt produits en France, tous segments confondus, soit un assolement inférieur à 105 000 ha !

Une vraie contractualisation

Cette campagne est donc à oublier au plus vite. « Jouer au yoyo des prix sous l’eau, c’est éprouvant, car on peut aller jusqu’à se noyer », rappelait Arnaud Delacour aux 450 invités venus d’Alsace, Bretagne, Normandie, Nord de Paris et de Champagne. Aujourd’hui, il faut cependant tirer les leçons pour qu’une telle crise ne se répète pas dans l’avenir. « Voir beaucoup plus loin que cette seule campagne ! », soulignait de son côté Patrick Trillon, le président de l’interprofession. Pour ce congrès, qui réunissait toute « la grande famille » sur le thème « S’adapter pour répondre à la demande », l’UNPT a tracé les voies d’avenir.

Plus que jamais, « il s’agit de produire en phase avec ses débouchés potentiels », ont rappelé les membres de la filière. « On doit s’interroger sur une vraie contractualisation…qui aille jusqu’à la GMS », a donc avancé Arnaud Delacour. Le CNIPT s’est saisi de ce gros dossier pour mettre en place une politique contractuelle « générée et organisée à tous les étages de la filière ». Des initiatives seraient, semble-t-il, en cours avec la FCD. Mais le volet suscite toujours autant de divergences, d’autant qu’ « une contractualisation à 100 % ne marche pas ». « En 2012, c’était les négociants qui en parlaient le mieux ; cette année, ce sont les producteurs qui en parlent le plus ! », faisait remarquer Gilles Fontaine, président des négociants (Fedepom), pour qui il ne faut pas généraliser certaines « résolutions de contrat tendues » observées durant cette campagne.

Des laboratoires indépendants

Pour Jacques Rouchaussé, « aujourd’hui, la contractualisation sur le frais, ça ne marche pas ! ». Selon le président de Légumes de France, qui entame également une réflexion sur le sujet, il faut en effet « contractualiser à tous les niveaux de la filière et remettre la valeur au centre des débats ». « On compte sur les pouvoirs publics pour mettre à la disposition des producteurs les moyens pour qu’elle se fasse le mieux possible », a insisté de son côté Henri Brichart, vice-président de la FNSEA. Peut-être faudra-t-il aller jusqu’à agréer des laboratoires indépendants pour que toutes les parties parlent le même langage ?

« Nous devons aborder la question de la qualification indépendante des lots et travailler sur les mécanismes de prix de contrat », a estimé Arnaud Delacour. Face aux multiples contraintes imposées au secteur (molécules orphelines, rapport Potier…), la filière entend bien reprendre l’initiative. C’est l’objet de Défipom 2020, « le plan stratégique pour aller en ordre de bataille d’ici 5 ans », a précisé Didier Lombart, président du comité professionnel d’Arvalis. Mais la filière, qui a vu stagner ses marchés export depuis 3 ans, ne pourra s’en sortir qu’en développant ses marchés extérieurs. C’est aussi le défi qui lui est posé d’ici 2020. •

 
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