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Partager les prises de décision en conservant efficacité et rentabilité

Le collectif offre des facilités d'installation et d'organisation. Toutefois pour que le modèle fonctionne, les associés doivent être au clair sur qui décide ? Qui dirige ? Comment la communication circule ? Plus le collectif est grand et plus le mode de gouvernance doit être partagé et entretenu par tous.

Toute décision ne requiert pas l'accord de l'ensemble du groupe.
Toute décision ne requiert pas l'accord de l'ensemble du groupe.
© Can

Après ses études agricoles, Gaspard s'est toujours imaginé agriculteur sur l'exploitation de son oncle lors du départ à la retraite de celui-ci. Les choses font qu'il reprend finalement l'exploitation en polyculture élevage d'Alain. Cette installation se fait avec un collectif d'autres agriculteurs multipliant ainsi les ateliers. C'est une nouvelle façon de voir les choses pour Gaspard alors que jusqu'ici la gestion d'une ferme lui semblait évidente, à savoir un chef d'exploitation décisionnaire avec un ou plusieurs salariés sous sa responsabilité. En préparant son installation, il se trouve donc confronté à un mode de gouvernance qu'il ne connaît pas et qu'il appréhende : ici toute personne travaillant sur l'exploitation prend part aux décisions. Ceci implique de nombreux temps de discussion communs.

Sans responsable, est-ce bien efficace ?

Gaspard craint que la gestion de l'exploitation ne soit pas efficace. Il s'inquiète du temps consacré aux discussions qui risquent de ne pas aboutir et du retard qu'il accumulera dans ses tâches quotidiennes. Il se demande comment les décisions prises peuvent être respectées et mises en place s'il n'y a pas vraiment de responsable. Pour lui, ce fonctionnement n'est pas viable sur le long terme et risque de mener la ferme à l'échec économique et organisationnel. De plus, il se questionne : "Suis-je compatible avec ce mode de gouvernance ? Alors que j'avais l'habitude de prendre la position de leader dans un groupe".

À chaque exploitation, son mode de prise de décision

Chaque exploitant peut définir son mode de gouvernance en fonction de la place qu'il souhaite donner aux personnes qui prennent part aux tâches quotidiennes. Choisir le mode de gouvernance oblige à se questionner sur les types de décisions et les façons de les prendre. Un travail préalable à la mise en place de la gouvernance avec l'ensemble des personnes concernées semble évident pour qu'un cadre soit établi et que la structure perdure. Chacun devra prendre sa place et ses responsabilités. Il sera par la suite essentiel de réorganiser les semaines en prévoyant de consacrer du temps à l'échange.

Cependant, toute décision ne requiert pas l'accord de l'ensemble du groupe. Selon leur degré d'impact, le processus varie et ce ne sont pas systématiquement les mêmes personnes qui sont impliquées. Chaque collectif a un modèle qui lui est propre. Il s'articule autour des attentes et des personnes qui le composent. Se faire accompagner peut-être une solution pour construire son projet de gouvernance et le rendre solide.•

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