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Nous nous battons dans l’espoir de faciliter la vie de nos agriculteurs, dans toutes les filières et pour tous les modes de production

Les membres du conseil d’administration de la FNSEA 76 ont élu un nouveau président à la tête du syndicat lors de leur réunion le 24 mars. Ils ont choisi Bruno Ledru, éleveur laitier à Bosc-Guérard, qui succède ainsi à Patrice Faucon pour les trois prochaines années.
Rencontre.

À 48 ans, vous venez d’être élu président de la FNSEA 76. Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?
« Je suis polyculteur-éleveur laitier à Bosc-Guérard, associé avec l’un de mes frères. Je me suis installé à 24 ans lorsque mes parents sont partis à la retraite. Nous avons 100 vaches laitières de race prim’holstein et nous cultivons sur 200 hectares du blé, de l’orge, du colza, du maïs ensilage, des betteraves sucrières et fourragères. Nous sommes également producteurs de lin textile. Au tout départ, j’ai fait des études et des stages qui n’étaient en rien dans le domaine agricole. Je m’y suis profondément ennuyé et j’ai compris que c’était l’élevage qui m’intéressait, moi qui avais l’habitude de donner un coup de main à mes parents. Aujourd’hui, avec 24 années d’expérience, je mesure combien le métier a évolué : il y a moins de pénibilité et les nouvelles technologies font partie de notre quotidien. En revanche, et c’est dommageable, la charge administrative et réglementaire s’est grandement alourdie. Forte heureusement l’envie de pratiquer ce métier est toujours-là » .

Quelles sont vos ambitions pour ce nouveau mandat à la tête de la fédération ?
« J’ai plusieurs ambitions. Ma première est de faire progresser l’agriculture seinomarine en continuant à faire en sorte que nos différentes filières soient de mieux en mieux organisées à l’instar de ce que nous avons déjà commencé à mettre en place pour la filière œufs qui est en train de se structurer en OP. Il faut aussi que nous avancions sur la contractualisation en viande bovine qui doit nous permettre d’aller chercher de la valeur et donc du revenu. Ma seconde ambition est d’essayer de faciliter la vie des paysans, de mieux négocier notamment avec toutes les administrations pour que la complexité réglementaire s’allège. Il va sans dire que si nous ne demandons rien, nous n’aurons rien. C’est pourquoi il convient de nous faire entendre. Ma troisième ambition est que j’entends réaffirmer la place du syndicat dans l’emploi. Je souhaite qu’on vulgarise davantage ce que nous faisons pour l’emploi, lors de la recherche de salariés, lors des forums à l’emploi par exemple, ou en allant dans les écoles, afin que nous attirions davantage de main-d’œuvre mais aussi en développant des formations à destination des employeurs pour qu’ils puissent mieux faire connaître leurs métiers et que cela génère davantage de visibilité et d’envie de nous rejoindre dans nos exploitations. L’objectif étant aussi in fine de faciliter la transmission dans les cinq à dix ans qui viennent. Ma quatrième ambition concerne les syndicats locaux. Si nous les avons réformés, c’est pour qu’ils soient en prise directe avec les intercommunalités, que ces collectivités nous connaissent et que dès lors qu’il y a un dossier local sur le foncier ou agricole, nos présidents de syndicats soient de facto associés aux prises de décision. »

Quelle est votre vision du syndicalisme ?
« J’ai occupé très tôt des fonctions au sein des JA, tant au niveau départemental que national. Puis j’ai rejoint la FNSEA 76 et j’en suis devenu le trésorier il y a six ans. Je mesure aujourd’hui la charge que cette fonction de président représente et les attentes de nos agriculteurs seinomarins. J’ai toujours à cœur de dire que le syndicalisme permet de faire progresser tout le monde collectivement, dans tous les domaines, qu’ils soient économiques, sociaux, législatifs, etc. Certes les victoires sont vite avalées, parce que les gens considèrent cela comme normal, mais elles nous permettent dès lors que nous rencontrons un écueil, une impasse, de puiser l’énergie qui va nous permettre de nous remettre en marche autrement. Il ne faut jamais oublier que dès lors que nous faisons du syndicalisme, nous ne faisons jamais de politique, mais nous nous adaptons aux élus politiques que nous avons en face de nous à l’instant présent. Si je prends par exemple la réforme des retraites, nous sommes l’une des seules catégories professionnelles à avoir réussi à négocier une retraite qui sera mieux qu’avant, même si cela n’est pas terminé puisque nous visons encore un calcul des pensions sur les 25 meilleures années. Nous avons donc déjà gagné un peu parce que nous nous sommes adaptés au discours du gouvernement. Autre exemple. Si vous avez un gouvernement qui est prêt à vous écouter en disant qu’il faut organiser les filières – comme il en va avec les lois Egalim – et bien nous y arrivons un peu mieux. C’est la même méthode qui nous anime au niveau local. Avec le Département, nous avons réussi à faire l’aide aux petits investissements parce que nous avons démontré aux élus que c’était une très bonne mesure et qu’ils ont compris le bénéfice que le territoire pouvait en tirer. Et il en va ainsi bien sûr du travail que nous faisons avec la Région. »

Si vous deviez donner envie à un agriculteur de se syndiquer, que lui diriez-vous ?
« Si on veut obtenir des choses, il faut investir pour l’avenir et la cotisation syndicale sert à cela. Elle nous permet d’avoir des services au quotidien qui font plus que payer la cotisation : une offre fuel, un service juridique, un service main-d’œuvre, un journal de qualité entre autres choses. Et je le souligne : nous nous battons pour toutes les filières et tous les modes de production. Enfin, et c’est très important, j’attire l’attention sur le fait que le syndicalisme permet de lutter contre l’isolement. C’est l’opportunité d’échanger sur nos problèmes comme sur nos réussites. Sans compter qu’ensemble nous sommes toujours plus forts ».

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