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« Nous avons besoin de réponses concrètes et rapides »

Plusieurs promesses faites aux agriculteurs mobilisés en masse en début d'année ont été stoppées par la dissolution de l'Assemblée nationale. À cela s'ajoutent un été compliqué, des crises sanitaires à répétition et la perspective d'une signature prochaine du Mercosur. Tout cela conduit les réseaux JA-FNSEA à reprendre leurs actions. Explications avec Stéphane Donckele, secrétaire général de la FNSEA 76.

Les présidents de la FNSEA et de JA ont appelé leurs réseaux à se mobiliser dès la mi-novembre, partout en France. Qu'est-ce qui pousse les agriculteurs à ressortir ? 

« Il y a plusieurs raisons qui justifient que nous reprenions nos mobilisations. D'abord, il faut se souvenir que nous avions levé nos actions à la suite d'annonces du gouvernement Attal. Si nous avons effectivement obtenu des acquis importants comme la fin de la jachère, l'évolution favorable du ratio prairie, ou encore la pérennisation de la détaxation du GNR et le remboursement en pied de facture, la dissolution a aussi stoppé un certain nombre de chantiers engagés. Je pense bien sûr à la loi d'orientation, aux travaux sur le calcul de la retraite sur les 25 meilleures années ou encore aux débats sur la mesure élevage dans sa partie sociale. Sans oublier, et c'est un sujet important, nos attentes sur le choc de simplification. Là aussi nous avons eu des petites avancées comme le contrôle unique, grâce au travail mené en département, mais nous attendons de réelles avancées sur la simplification. Enfin, les crises sanitaires et les difficultés de trésorerie liées aux mauvaises récoltes nécessitent des réponses de l'État. Il est donc important que nous rappelions au gouvernement Barnier qu'il ne peut pas laisser les agriculteurs sans solutions. »

À la mi-novembre, le G20 pourrait finaliser l'accord Mercosur. Est-ce que cette signature n'est pas aussi au cœur des manifestations annoncées ?

« Si la FNSEA et JA ont lancé un mot d'ordre à la mi-novembre, c'est justement parce que cette date est aussi celle de la réunion du G20 qui doit évoquer le Mercosur. Depuis le début, nous sommes clairement opposés à cet accord. Non pas que nous soyons contre les échanges commerciaux mais parce que nous nous opposons aux distorsions de concurrence qu'ils font naître. On ne peut pas accepter que des denrées, produites à l'autre bout du monde, dans des standards de production aux antipodes de ceux imposés aux producteurs européens, envahissent nos marchés. On a besoin de cohérence. Il n'est pas question que nous importions une agriculture que nous ne voulons pas chez nous. On ne veut donc pas de cet accord, destructeur de nos filières, de nos territoires, et qui touche aussi la santé des consommateurs français. Nous bougerons aussi pour dire non au Mercosur. »

Concrètement, quelle forme prendra l'action menée par JA 76 et FNSEA 76 ?

« Nous appelons nos adhérents à se mobilier, lundi 18 novembre en fin de journée du côté du Havre pour marquer notre opposition au Mercosur. Nous appelons aussi nos adhérents à bâcher les panneaux des villages pour illustrer le fait que, sans une agriculture dynamique, c'est toute la vie de nos campagnes qui en pâtira. Dans toute la France des actions similaires seront menées pour que le gouvernement et le président Macron présent au G20 entendent l'opposition des agriculteurs français au Mercosur. Cette action du 18 novembre n'est que le premier étage de la fusée. Nous aurons aussi besoin de revenir pour réclamer cette fois plus de simplification et de bon sens. Il est urgent qu'on libère les agriculteurs du carcan administratif et réglementaire qui pèse sur eux. Enfin, les sujets revenu, compétitivité, négociation commerciale restent dans notre viseur. Nos réseaux JA 76 et FNSEA 76 sont décidés, motivés pour que nos revendications soient entendues et satisfaites par le gouvernement. Nous appelons les agriculteurs de nos réseaux à se mobiliser et à se faire entendre. »•

Propos recueillis par Simon Huet

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