Aller au contenu principal

CÉLINE DOUANEAU, éleveuse de vaches allaitantes dans le Maine-et-Loire.
"Ne laissons pas la maladie s'installer dans nos élevages, vaccinons !"

Les élevages du Maine-et-Loire ont été très touchés en septembre 2024 par la MHE ainsi que par les FCO-8 et 3. Ainsi à ce jour, ce sont près de 400 foyers de MHE qui sont répertoriés.

Pouvez-vous nous présenter votre exploitation ?

"Je suis éleveuse en troupeau allaitant de race charolaise de 80 mères, 100 % en insémination artificielle. Je fournis un boucher depuis 20 ans sur Angers et produit aussi du veau de lait sous la mère pour lui. Mon exploitation est qualifiée HVE 3. Et j'ai une superficie de 171 hectares".

Quand la MHE a-t-elle été identifiée dans votre cheptel ?

"J'ai constaté les premiers signes cliniques la dernière semaine de septembre et l'analyse positive MHE a été rendue le 28 septembre."

Comment s'est manifestée la maladie ?

"C'est sur mon lot de 33 génisses d'un an et demi que les impacts ont été les plus importants. Elles ont eu des abcès au niveau de la bouche et de l'œsophage. Elles ne pouvaient plus manger ni granulés ni céréales. J'ai dû les passer à l'enrubannage et au foin souple. Elles ont maigri très rapidement et sont devenues des zombies collés au mur le regard dans le vide. Elles ont été aussi impactées au niveau pulmonaire. J'ai dû les piquer au Metacam et Shotapen et les plus atteintes au Draxxin. Sur le lot des 34 j'en ai perdu une, mais j'ai dû m'en occuper 24 heures sur 24 parce que certaines étaient en détresse respiratoire et ne s'alimentaient plus".

Après cet épisode d'automne, comment s'est déroulé l'hiver ?

"Après avoir passé ce cap très dur qui a duré 3 semaines, j'ai pris la décision de vacciner toutes mes génisses au boValto 3 afin d'éviter tout problème respiratoire dans l'hiver car leurs défenses immunitaires étaient au plus bas."

"J'ai passé l'hiver tant bien que mal."

Avez-vous mesuré l'impact sur la reproduction ?

"Aujourd'hui j'ai fait échographier les 33 génisses et le verdict est tombé, aucune ne pourra aller à la reproduction. Les ovaires sont de taille d'une tête d'épingle et les trompes sont complètement atrophiées. De plus, mes génisses ne se sont pas développées, elles n'ont pas grandi et elles sont en moins bon état qu'en septembre 2024 avant d'avoir la MHE."

"En ce qui concerne mon troupeau à la reproduction, je ne fais qu'une seule période d'insémination de mi-septembre à mi-novembre, les vaches les plus impactées par la MHE ne sont pas revenues en chaleur et à partir du mois de novembre, j'ai eu les premières mortalités embryonnaires."

Quels sont les effets économiques pour votre élevage ?

"La répercussion est très importante au niveau économique. La santé globale de mon troupeau a été affectée. Toutefois, ce ne sont pas les pertes subies au moment de l'expression initiale de la MHE qui sont les plus impactantes, mais ce sont les pertes à venir sur 2025-2026 car d'habitude j'ai 80 vêlages en juillet et août. Aujourd'hui, je ne sais pas combien j'aurai de veaux vivants sans qu'ils soient mal formés, aveugles ou mort nés. Ainsi, la vente des broutards en février 2026 reste un point d'interrogation actuellement ; il en est de même pour mon renouvellement. En effet, avec le lot des 33 génisses d'un un an et demi, je perds une année de renouvellement voire deux avec les futures génisses de l'été 2025."

Quel conseil pouvez donner aux collègues éleveurs qui a ce jour n'ont pas subi la MHE ?

"Vacciner, vacciner, vacciner !!! Si j'avais eu le choix, j'aurais vacciné. Je sais que cela peut être contraignant de vacciner un cheptel mais les répercussions économiques et de santé de la maladie ne sont pas comparables à quelques heures de vaccination et au coût de la vaccination. Cela n'arrive pas qu'aux autres. Face au virus de la MHE mais aussi à ceux de la FCO, la seule solution, c'est la vaccination pour protéger la santé de nos animaux et l'économie de nos élevages."

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Union agricole

Les plus lus

Principales mesures de la loi de finances 2026 : quels impacts ?

Comme chaque année, la loi de finances comporte son lot de mesures générales relatives à l'impôt sur le revenu (IR), qui…

Plus de la moitié du cheptel normand est abattue hors région.
Viande bovine : la Normandie face aux mutations de la filière

Au Sia 2026, les allées réservées aux bovins étaient plus vides que jamais. Entre épidémies à répétition (MHE, FCO, DNC), la…

Jérémie Fleury, président de la Cuma du Bosmelet : « le fissurateur fait le boulot des vers de terre. Peut-être que dans dix ans, lorsqu’on aura retrouvé une population de vers de terre suffisante, on ne s’en servira plus. C’est notre but. Mais pour le moment, on ne peut pas faire sans. »
Casser les semelles de travail : fissurateur ou décompacteur ?

L’attention accrue portée à la structuration des sols conduit de nombreux agriculteurs à s’intéresser au fissurateur. Celui-ci…

En agriculture conventionnelle, rechercher l'autonomie alimentaire n'est pas toujours payant.
La culture du méteil en grains pas toujours rentable

Selon une étude réalisée au Ciirpo (Centre interrégional d'information et de recherche en production ovine), sur le site du…

Paul-Henry Langlois : « je ne suis pas stressé de nature. Quand je me lève le matin,  je me dis que je fais le plus beau métier du monde ».
Rencontre avec le nouveau président de JA Normandie

Paul-Henry Langlois vient de succéder à Emmanuel Roch à la présidence de JA Normandie. De la ferme du Château à Chavigny-…

Les ovalies.
Les Ovalies, un tournoi de rugby universitaire unique en Europe

La 31e édition des Ovalies va se dérouler les 8 et 9 mai prochains au stade Marcel-Communeau de Beauvais (Oise). L'…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 300 €/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site L'Union agricole
Consultez le journal L'Union agricole au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters du journal L'Union agricole