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Mobilisation réussie à Rouen... en attendant Bruxelles

Excédés par les annonces du président Macron sur le Mercosur et par la décision européenne de taxer les engrais importés, les réseaux FNSEA et JA de l'Eure et de la Seine-Maritime ont manifesté à Rouen, mercredi 12 novembre.

Il aura fallu une nouvelle déclaration du président de la République, à Belém au Brésil, en plein cœur de la zone du Mercosur pour raviver les tensions et remettre les agriculteurs et leurs tracteurs dans la rue. En se disant " plutôt positif " quant à la possibilité d'accepter l'accord, le président de la République a fini de convaincre les responsables des FNSEA et JA de l'Eure et de la Seine-Maritime d'appeler leurs adhérents à la mobilisation. Plus de 40 tracteurs et près de 300 manifestants se sont ainsi rassemblés en cette fin de journée du 12 novembre devant la préfecture de Rouen. Il faut dire qu'en plus du sujet Mercosur, les agriculteurs avaient d'autres raisons de se mobiliser.

Parmi les sujets centraux, figurait notamment la future taxe sur les engrais, voulue par l'Union européenne. " En instaurant ce mécanisme d'ajustement carbone aux frontières (Macf) l'Europe va de fait plomber le prix des engrais, majoritairement produit hors de l'Union européenne ", a rappelé Amaury Levesque, président de la FNSEA 27, lors de sa prise de parole devant les manifestants. Les premières estimations, qui évoquent des hausses de prix allant de 140 €/tonne dès 2026 à plus de 400 € en 2030, ont de quoi excéder les agriculteurs. " Pour beaucoup d'entre nous, et notamment les systèmes spécialisés en grandes cultures dont les résultats sont nuls voire négatifs ces dernières années, cette nouvelle taxe est une véritable catastrophe ", a ajouté le président de la FNSEA 27.

"Nous avons besoin d'une Europe facilitatrice, d'une Europe qui encourage la production et non qui la fragilise ", a souligné Bruno Ledru, président de la FNSEA 76.

"Laissez-nous produire"

Pour Jérôme Malandain, président de JA 76 " cette nouvelle taxe sur les engrais est à mettre en perspective avec les futurs accords du Mercosur. L'Europe nous taxe et, dans le même temps, importe massivement une alimentation que nous ne nous voudrions pas produire chez nous. C'est une véritable provocation pour les agriculteurs et une tromperie pour le consommateur ". Et pour symboliser cette aberration, les manifestants ont apposé sur 12 de leurs tracteurs, 12 étoiles à la couleur de l'Europe et sur lesquelles on pouvait lire les messages ou contradictions européennes dénoncées par les manifestants : "Distorsion Mercosur", "Concurrence Survie", "Ruralité Liberté" ou encore "Installation Avenir". Ces étoiles ont été déposées sur les grilles de la préfecture. "L'Europe nous abandonne, on abandonne l'Europe", a ainsi conclu Jérôme Malandain.

Un budget pour la Pac

La prochaine Pac était aussi au cœur des revendications exprimées ce soir-là, " Nous avons besoin d'une Europe facilitatrice, d'une Europe qui encourage la production et non qui la fragilise ", a ainsi lâché Bruno Ledru, président de la FNSEA 76. Les discussions sur la future Pac, qui ont débuté, sont évidemment scrutées de près par les agriculteurs de l'Eure et de la Seine-Maritime. Les réseaux FNSEA-JA se mobilisent ainsi pour porter des positions, autour de la valorisation de l'acte de production, de l'investissement et de la compétitivité. " Le premier chantier est naturellement celui du budget ", a rappelé le président de la FNSEA 76. Et pour l'heure, les premières propositions sont peu encourageantes, avec une baisse conséquente du budget de la Pac. Et parce que les sujets nationaux ne manquent pas, Romain Loiseau, président de JA 27, a évoqué le sujet la simplification. " On a beaucoup manifesté en début d'année 2024 pour obtenir un vrai choc de simplification. Aujourd'hui, on est loin du compte, il faut pourtant que cela avance ", a lancé le responsable syndical jeune.

Rendez-vous à Bruxelles le 18 décembre

La FNSEA et plus largement le Copa appellent déjà les agriculteurs à se réunir à Bruxelles, mi-décembre, pour faire entendre leur voix à l'occasion du rassemblement des chefs d'État qui devrait aborder le sujet Mercosur. D'ici là, les organisations syndicales vont aussi solliciter les députés, notamment européens, qui ont un rôle à jouer pour bloquer la ratification du Mercosur ou pour sortir les engrais du dispositif Macf. " Continuez à vous mobiliser, à vous battre pour défendre vos métiers, aux côtés de vos FNSEA et JA, plus que jamais mobilisés ", a conclu ainsi Amaury Levesque. De son côté, Bruno Ledru, après avoir remercié les agriculteurs mobilisés, a rappelé que " chaque action, chaque mouvement syndical fait avancer notre cause et se traduit toujours, par des économies dans nos fermes ". Le rendez-vous à Bruxelles est d'ores et déjà pris, le 18 décembre.•

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