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Maïs : prix record et quantités élevées dès la moisson

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© L.A.

La production française de maïs est estimée à 14,1 millions de tonnes (Mt) de grains. La France serait en tête des pays l'Union européenne, devant la Roumanie.

Sur le marché du maïs, les planètes sont alignées. La récolte française est prometteuse et les prix n'ont jamais été aussi élevés (241 EUR/t le 14 octobre 2021 à Bordeaux). « La production de maïs est dorénavant estimée à 14,2 Mt, soit 1,1 Mt de plus que le mois passé et en augmentation de 4,3 % par rapport à 2020 (13,6 Mt) », rapporte le ministère de l'Agriculture. Le rendement moyen par hectare serait de 98 quintaux, cultures sèches et irriguées confondues. Dans ces conditions, la France pourrait exporter au moins 5 Mt de grains vers ses voisins. Mais FranceAgriMer (FAM) attend le mois de novembre pour rendre public son premier bilan de campagne prévisionnel 2021-2022 car la moisson de maïs n'est pas achevée.

Effet Niña ?

Dans l'Union européenne, jusqu'à 69 Mt de grains seraient produites cette année, soit 3,5 Mt de plus que l'an passé. Aussi, les quantités de grains produites en plus rendront nos voisins européens moins dépendants des importations onéreuses de grains (15 Mt) d'Ukraine notamment. À l'échelle mondiale, la production européenne de maïs réajustée par l'USDA de 800 000 t, dans son rapport publié le 12 octobre dernier, ne modifiera pas les grands équilibres de la campagne. Ce sont 1 198 Mt de grains qui seront produites dans le monde, soit 83 Mt de plus qu'il y a un an. Les pays importateurs de maïs pourront compter sur l'Ukraine (31,5 Mt) et l'Argentine (39 Mt) pour s'approvisionner. Ces deux pays vont réaliser une excellente campagne commerciale à l'export, bien meilleure que l'an passé. La récolte brésilienne est aussi attendue en hausse (118 Mt, +32 Mt)  mais ces prévisions reposent sur un sursaut de la récolte de grains au printemps prochain (Safrina). Or la Niña pourrait ressurgir dans quelques mois. Quelle attitude adoptera la Chine dans les prochaines semaines ? L'empire du milieu produirait 273 Mt de maïs (+13 Mt sur un an) et en même temps, elle en importerait jusqu'à 26 Mt selon l'USDA alors qu'il dispose de stocks pléthoriques (210 Mt). La Chine se hisserait ainsi au premier rang des pays importateurs au monde, devant l'Union européenne.

Surcoût de 200 euros/ha

Toutes céréales confondues, les producteurs de grains bénéficient d'une conjoncture des marchés très favorable. Mais au vu des niveaux élevés des prix des intrants, une partie d'entre eux pourrait renoncer à produire et réduire les surfaces de céréales qu'ils cultivent, faute de rentabilité. On parle en France d'un surcoût d'au moins 200 euros/ha. Les engrais azotés pourraient aussi être amenés à manquer au printemps prochain. Dans cette perspective, les opérateurs ne manqueront pas de sur-réagir si ces menaces se concrétisent alors que la Russie s'apprête à instaurer au début de l'année prochaine de nouveaux quotas de céréales à l'export. 35,2 millions de tonnes (Mt) de blé et 11,4 Mt d'orges : le Conseil spécialisé « Grandes cultures » de FAM a pris acte des nouvelles prévisions de production de céréales à paille en France. Elles sont publiées par le ministère de l'Agriculture. Par rapport au mois de septembre dernier, elles sont inférieures de 820 000 tonnes (t) pour le blé et de 340 000 t pour les orges. Cependant, FAM n'a pas révisé les perspectives d'exportations de grains de la France : 17,75 Mt de blé  (dont 9,6 Mt hors UE) et 7,4 Mt d'orges et de malte (3,95 Mt hors UE). Pour tenir ses objectifs, la France puisera dans ses stocks. Malgré des prix records, les céréales françaises sont très compétitives compte tenu du taux de change de l'euro. Sur 3 mois, 1,9 Mt de blé et 1,4 Mt d'orges (95 % vers la Chine) ont déjà été expédiées. Pour contenir les coûts de fret élevés, le bassin méditerranéen privilégie l'origine européenne et Mer pour s'approvisionner.

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