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Louve capturée : un aller simple pour les Alpes

Après de longues tractations, jusqu'au plus haut sommet du gouvernement, la louve capturée accidentellement en Seine-Maritime a trouvé une nouvelle terre d'accueil. Une décision qui ne fait évidemment pas l'unanimité.

Il aura donc fallu attendre plusieurs jours, et l'arbitrage du Premier ministre lui-même, pour que le sort de la louve capturée en Seine-Maritime soit enfin scellé. Après plusieurs jours en quarantaine à Muchedent, la préfecture de la Seine-Maritime a annoncé dans un communiqué de presse que la louve serait relâchée "dans l'arc alpin", loin "des zones habitées et des infrastructures de transport", "des activités humaines" et dans "un habitat favorable à l'espèce concernée". Le communiqué de presse précise aussi que le choix de la zone de relâche de cette louve a été choisi en prenant en compte "les enjeux agricoles locaux".

Avant d'être relâchée, "la louve a été équipée d'un collier GPS amovible. Ce dispositif permettra de suivre ses déplacements, de vérifier sa bonne adaptation au milieu naturel et, si nécessaire, d'intervenir rapidement en cas de difficulté. Ce suivi contribuera également à améliorer les connaissances scientifiques sur les comportements de dispersion du loup et les enjeux liés à la présence de l'espèce sur le territoire". Rappelons que la profession agricole et la FNSEA 76 notamment, se sont opposées rapidement à la libération de cette louve sur le territoire seinomarin, préférant qu'elle soit transférée dans un parc habilité à la recevoir.

Une décision qui ne passe pas

Évidemment, à l'autre bout de la France, la décision de relâcher ce loup dans le parc alpin ne passe pas. La FRSEA et les JA de Provence-Alpes-Côtes d'Azur dénoncent ainsi "une décision prise dans la précipitation, sans concertation, alors que nos éleveurs subissent déjà une pression insupportable face aux prédations". Dans leur communiqué, la FRSEA et les JA "refusent que les Alpes deviennent le sanctuaire à loups de toute la France et que notre territoire serve de zone de relégation au gré des pressions idéologiques et médiatiques". "Face à cette nouvelle provocation, nous exigeons des explications claires, scientifiques et juridiques. Et s'il le faut, nous utiliserons tous les moyens syndicaux et légaux pour faire respecter nos territoires, nos éleveurs et notre pastoralisme", ajoute le communiqué de presse. L'histoire de cette louve n'est pas close.•

Il a dit

"Dès le début, nous nous sommes opposés à la libération de cette louve sur notre territoire, considérant d'une manière plus globale, que le loup n'a pas sa place dans nos zones de plaine. Dans le courrier que nous avons adressé au préfet, nous lui avons rappelé notre position et suggéré de placer ce loup dans un parc habilité. Cette histoire nous pousse d'ailleurs à demander une évolution du plan national loup. Nous réclamons que la création de zones d'exclusion, dans lesquelles le loup ne serait pas toléré, soit étudiée. Il nous semble en effet urgent de fixer les limites à l'expansion du loup. Un département comme la Seine-Maritime, si peuplé, peut-il vraiment accueillir et vivre sereinement avec des meutes de loup ? La question mérite d'être posée. Enfin, et pour finir sur cette louve, nous exigerons d'avoir accès aux résultats des prélèvements effectués lors de sa capture. Nous sommes notamment curieux de savoir d'où vient cet animal, soudainement apparu chez nous. Enfin, j'appelle tous les éleveurs qui seraient, à un moment ou à un autre, concernés par un acte de prédation, à alerter la FNSEA 76 et le service départemental de l'OFB pour enclencher notamment la procédure d'indemnisation."

Stéphane Donckele, trésorier de la FNSEA 76

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