L'herbe repousse dans le Cotentin
Au Gaec du Vastel, les vaches ont continué à pâturer jusqu'en juillet grâce aux prairies temporaires et à une météo plus clémente qu'ailleurs. Le Gaec produit du lait AOP Camembert. Avec ses 125 vaches normandes sur 35 ha de pâturage, on arrive à 28 ares d'herbe disponible par vache. Témoignage.
"L'été a été compliqué mais nous avons eu de l'herbe jusqu'à fin juillet. Ensuite, lorsque les parcelles ont été grillées, nous avons distribué une ration équivalente à la ration d'hiver : 50 % maïs et 50 % herbe, tout en continuant à faire tourner les vaches sur le circuit de pâturage. La distribution se faisait deux fois par jour et avant la sortie aux pâtures de façon à les préserver du surpâturage.
L'économie de fourrage pour préserver les stocks s'est faite grâce aux génisses. Elles ont pâturé les parcelles de fauche qui avaient déjà eu deux coupes. Il s'agit de parcelles de prairie temporaire semées avec un mélange de raygrass hybride, de trèfle violet avec un peu de trèfle blanc. On rajoute du dactyle sur les parcelles les plus séchantes. Ce mélange a bien rendu même en été et l'abondance de trèfle violet nous a parfois obligés à limiter les surfaces disponibles au fil.
Nous avons aussi semé au printemps de cette année une parcelle de ray-grass anglais et trèfle blanc, avec une bonne diversité de variétés pour les deux espèces. On a attendu avant de la faire pâturer mais en juillet il y avait ce qu'il fallait pour un très bon premier passage. Elle a survécu à l'été et aujourd'hui, après le retour des pluies, c'est une parcelle qu'on va pouvoir faucher dans une dizaine de jours avec un bon rendement attendu. La fauche en septembre laissera peut-être le temps aux prairies de se refaire pour espérer une fauche en novembre. Les récoltes à cette époque constituent un défi technique à cause du faible taux de matière sèche qui rend le poids des balles d'enrubannage problématiques pour les round ballers. Même les ensilages donnent un produit qu'il vaut mieux valoriser pour des génisses.
Les autres fourrages
Les rendements du maïs ont été de 20 % inférieurs par rapport à la moyenne. Nous avons arrêté de labourer et l'implantation d'une dérobée à base d'avoine et de féverole nous permet une reprise de terre pour le semis du maïs plus simple. Notre dérobée a surtout un objectif agronomique (structuration du sol et restitution d'azote) et le produit récolté est destiné aux génisses.
La limitation du travail du sol permet un meilleur stockage de matière organique et améliore ainsi la capacité de rétention d'eau du sol. C'est un levier que nous essayons d'activer pour limiter les effets du réchauffement climatique, même si la nature dans le Cotentin est généreuse et jusqu'à présent a su donner à l'automne ce qui a manqué avant."
La croissance en semaine 38
La sécheresse qui perdure sur une grande partie de la Normandie est la cause de la baisse de croissance enregistrée cette dernière semaine. Comme le montre bien la carte, la disparité entre les différentes zones est très forte avec des très bonnes valeurs de pousse enregistrées en Seine-Maritime.•
Ce bulletin ne sera pas utilisable pour des recours assurantiels. D'autre part, les données sont la propriété du ministère de l'Agriculture et de la Souveraineté Alimentaire (Masa).