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Les producteurs de lait de l’APLN prennent leur avenir en main

Les producteurs de lait de l’Association des producteurs laitiers normands (APLN) se sont réunis pour leur assemblée générale ce vendredi 10 mars.

Des tee shirts aux couleurs de l’Oplase ont été offerts aux éleveurs présents.
© Fanny Lemoine

Dans son rapport moral, Nicolas Fontaine, président de l’APLN, revient sur l’année 2022, riche en rebondissements, notamment sur la « grande décision de l’Oplase : la constitution d’une OP commerciale Oplase sa. Depuis 10 ans de vie des OP, elles ont besoin aujourd’hui de prendre une vraie place pour être au cœur des négociations commerciales, en rendant possible la mobilité des producteurs, et en rentrant dans la concurrence de plusieurs acheteurs. Par ricochet, cela fragilisera le système actuel dans les négociations avec les GMS, dans une période ou le lait va être moins abondant. » Pour cela, le président précise que les producteurs « doivent dans un premier temps reprendre la main sur la gestion du froid, concrètement d’avoir son tank en propriété. Ce changement demande de l’implication de tous, mais c’est ensemble que nous écrirons l’avenir. » Dans cette vision, le président précise que les représentants du groupe Eurial Ultra Frais (EUF) n’ont pas été conviés à l’AG.

Il faut savoir d’où l’on vient pour savoir où l’on va

Elise Héron, vice-présidente de l’association a été missionnée par le conseil d’administration pour retracer l’histoire. « L’APLN a commencé par l’UPLN (Union des producteurs laitiers normands) en 1961, les producteurs étaient à l’époque collectés par M. Picault pour la crème. En 1983, les producteurs représentés par l’UPLN avaient alors dénoncé le contrat avec la laiterie Picault par manque de visibilité. S’en est suivi la mise en place des quotas, l’UPLN a alors décidé de vendre à Senoble en 1985, devenu Senagral en 2012. C’est en 2011 que l’UPLN devient l’APLN. En 2015, Eurial Ultra Frais reprend Senagral et l’histoire se répète. L’Oplase est agréée en 2014, en lien avec l’arrêt des quotas. Le 31 décembre 2021, Eurial dénonce le contrat avec l’Oplase dans un objectif de réduction de volume. En 2022, Oplase met fin à sa relation unique avec Eurial et crée Oplase SA, qui devient alors le premier acheteur. Quel avenir pour l’APLN demain ? », demande alors la vice-présidente aux producteurs.

État des négociations sur le contrat avec EUF

Michel Rohrbach, président de l’Oplase présente aux producteurs l’état des négociations sur le contrat. « Comme l’a dit Élise, Eurial a dénoncé le contrat qui nous liait il y près de deux ans. Les négociations avancent, la prorogation de l’accord cadre Oplase/Eurial a lieu pour l’instant jusqu’au 31 mars, il est temps de trouver un accord, nous devons savoir où l’on va. » Le volume sera toujours géré par l’Oplase, et l’intégralité des primes seront reconduites. Il y aura en plus des critères de RSE (Responsabilité sociétale des entreprises) avec un programme en cours de négociation avec Eurial, peu attractif dans leur proposition. Le premier programme à 1,5 euro/1 000 litres et le deuxième à 1,5 euro/1 000 litres supplémentaire pour un maintien des volumes produits. « Au sein de l’Oplase, la somme de 3 euros nous paraît dérisoire pour donner l’image vertueuse des producteurs à Eurial », indique le président. L’arrivée d’une stagiaire de BTS au sein de l’Oplase va permettre de travailler sur le sujet avec les élus et sonder les agriculteurs sur le terrain.

Production sur la zone APLN

Samuel Crombez est intervenu concernant la production sur la zone de l’APLN. « 214 exploitations produisent du lait pour une collecte de 129 millions de litres, soit 13 exploitations en moins en 1 an. Sur le début de l’année 2023, la collecte est supérieure à celle à la même époque de 2022, et supérieure aux prévisions. Concernant la qualité du lait, les producteurs de l’APLN ont de très bons résultats, notamment en cellules où la moyenne producteurs est inférieur à 180 000 C. »
Une réorganisation a lieu au sein de l’entreprise, Eurial ultra frais, qui devient Eurial ultra lait. Le prix du lait de base est de 424 euros en moyenne sur l’année 2022, soit 85 euros de plus qu’en 2021. Concernant l’avenir sur le prix du lait, le président de la branche lait a communiqué deux éléments : « Les produits grandes consommations France équivalent à un prix à 470 euros, et un objectif de prix moyen sur l’année 2023 à environ 440/450 euros. Ces éléments sont à prendre avec prudence car l’année 2022 a été marquée par un prix tiré vers le haut par la valorisation beurre/poudre. L’enjeu sur 2023 est que les GMS acceptent les hausses demandées. »
Nicolas Fontaine clôture l’assemblée générale en invitant les producteurs à un déjeuner convivial. •
 

 

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