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Les pommes normandes : entre tradition, innovation et nouveaux débouchés

Emblème des paysages normands, le pommier façonne non seulement l'identité visuelle de la région, mais aussi son économie. Si la pomme à couteau, destinée à la consommation en l'état est présente, la majorité de la production normande est transformée en une multitude de produits. Autant de débouchés qui témoignent de la richesse et de la diversité de la filière pomicole normande, aujourd'hui en pleine mutation face aux évolutions des marchés et des modes de consommation.

La majorité de la production normande est transformée en une multitude de produits : cidre, jus, compote, calvados, pommeau, vinaigre...

Pomme à couteau : qualité et circuits courts

La Normandie produit 25 400 tonnes de pommes à couteau sur 829 hectares, soit 1,5 % de la production nationale. Les producteurs misent sur la qualité avec des variétés locales produisant des rendements modérés (Belle de Boskoop, Jonagored, Reine des reinettes...). Une part croissante est vendue en circuits courts ou via la distribution, répondant à la demande de proximité.

La cueillette manuelle, le stockage en chambre froide et le tri à la demande permettent d'alimenter les circuits courts (vente à la ferme, marchés) mais aussi la grande distribution, de plus en plus friande de produits locaux. Les pommes non conformes, représentant 10 % de la récolte, sont majoritairement valorisées en compote.

Compote : croissance modérée et innovation

Premier producteur européen de compote, la France y consacre 23 % de ses pommes. Le marché, dominé par Andros et le groupe MOM (Materne, Pom'Potes), progresse grâce à l'innovation (gourdes, recettes sans sucres ajoutés).

En Normandie, Andros a contractualisé avec des producteurs de l'Eure sur 100 ha, favorisant un verger tout en proximité et une récolte mécanisée, moins gourmande en main-d'œuvre. Les intentions de développement du groupe restent à préciser mais la stabilité des contrats témoigne d'un ancrage durable.

Produits cidricoles : mutation et montée en gamme

La Normandie concentre 57 % des vergers à cidre français. 33 % des pommes à cidre produites deviennent du cidre, mais la consommation a chuté de 4 à 1,6 litre par habitant et par an en 50 ans. Le marché se segmente (doux, brut, AOC, IGP, bio) et vise une montée en gamme, ciblant des consommateurs plus jeunes et urbains. Après une forte baisse, 2025 marque un léger rebond à confirmer.

Agrial, leader sur le marché du cidre (Loïc Raison, Kerisac, Écusson, La Mordue...), cherche des relais de croissance avec, par exemple, le Hard-Cider IPA de La Mordue, distribué en bouteille de 25 cl qui titre 7° d'alcool et a des arômes de houblon, se rapprochant ainsi de l'univers de la bière.

Jus de pomme : relais de croissance

27 % des pommes à cidre normandes sont transformées en jus. Alors que la consommation globale de jus de fruits baisse, le jus de pomme progresse (+ 15 % en 10 ans), porté par la demande de pur jus, bio et local. Les Celliers Associés ont multiplié leur production par six depuis 2018.

Calvados et pommeau : tradition et export

23 % des pommes à cidre normandes servent à la production de spiritueux. Trois AOC protègent le calvados, dont 47 % partent à l'export. Le marché national baisse mais l'export reste dynamique malgré les incertitudes géopolitiques et la concurrence mondiale sur ce marché des spiritueux très bataillé. Deux groupes dominent (La Martiniquaise, Spirit France), suivis de distilleries spécialisées (Busnel, Coquerel, Château du Breuil, Christian Drouin, Michel Huard, Pierre Huet...). La production de pommeau, apéritif régional, reste stable.

Vinaigre de cidre et concentré : marchés de niche à fort potentiel

2 % des pommes à cidre françaises sont transformées en vinaigre (5 000 tonnes). Le marché mondial du vinaigre de cidre a progressé de 50 % entre 2018 et 2024, porté par les allégations santé (perte de poids, digestion, bien-être). Le concentré de pommes, issu des écarts de tri, offre une solution de stockage et de transport, avec un potentiel de différenciation par la variété des pommes et la certification bio.

Quelques enjeux pour la filière ?

Comment répondre aux nouvelles attentes des consommateurs (bio, jus, vinaigre) tout en renforçant la compétitivité et l'attractivité des produits normands (calvados, pomme de table) ?

Bien identifiée en cidre, calvados et pommeau, comment valoriser l'origine "Normandie" pour les autres produits (jus notamment) et réussir la montée en gamme ?

Entre tradition et innovation, la pomme normande continue d'écrire son histoire, portée par la passion de ses producteurs et la diversité de ses débouchés.•

Cider et Cidre : quelle différence ?

Lecider” d'origine anglo-saxonne est très ancré dans les habitudes de consommation Outre-Manche avec 15 litres par habitant et par an au Royaume-Uni (1,6 litre de cidre par habitant et par an en France). Il est majoritairement conditionné en bouteille de verre de 33 cl et positionné comme apéritif et alternative à la bière. Il peut être aromatisé et dispose d'un positionnement marketing jeune. Il est plus sucré que le cidre et titre entre 4° et 8° d'alcool contre 2° à 5° pour le cidre.


13e Rencontres économie et marchés,  enjeux et avenir de la filière pomme en Normandie

Les rencontres Économie et marchés seront l'occasion de s'interroger sur l'avenir de la filière pomme en Normandie, de faire le point sur la production, les tendances de marché et les enjeux avec tous les maillons de la filière pomme à couteau, compote et produits cidricoles en Normandie.

Date : lundi 15 décembre prochain de 14 h 30 à 17 h 30.

Lieu : Chambre d'agriculture de Normandie, 6, rue des Roquemonts à Caen.

Plus d'information sur : https://normandie.chambres-agriculture.fr/agenda/detail-de-lagenda/rencontres-economies-marches-2025

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