Aller au contenu principal

Les niveaux de vie des ménages agricoles

Les bénéficies agricoles ne constituent qu'une partie du revenu disponible des ménages agricoles. Leur niveau de vie dépend des salaires et des traitements perçus mais aussi des indemnités de chômage, des pensions de retraite et des revenus du patrimoine.

En 2020, parmi l'ensemble des ménages agricole, 16,2 % des personnes vivaient sous le seuil de pauvreté, un taux supérieur à la moyenne nationale.
En 2020, parmi l'ensemble des ménages agricole, 16,2 % des personnes vivaient sous le seuil de pauvreté, un taux supérieur à la moyenne nationale.
© IStock

Dans quelle mesure le niveau de vie des ménages agricoles est-il lié aux bénéfices agricoles de leur exploitation ? Une récente étude d'Agreste (ministère de l'Agriculture) donne des éléments de réponse en s'appuyant sur les déclarations des revenus des personnes qui composent les ménages agricoles dont au moins l'une d'elles est agriculteur/trice. 

22 % issus du patrimoine

Parmi les ménages agricoles, l'écart de niveau de vie de ses membres est plus élevé que dans l'ensemble de la population. Entre les démunis du 1er décile et les plus aisés du 9e décile, il est de 1 à 4 en moyenne contre 1 à 3,4 dans l'ensemble de la population française. En 2020, le niveau de vie des ménages d'éleveurs ovins viande du 1er décile (9 100 euros/pers) était même cinq fois plus faible que celui des ménages les plus aisés du 9e décile, à la tête d'exploitations grandes cultures (51 200 euros/pers). Depuis, la hiérarchisation des revenus a bien évolué. Toutes Otex* confondues, le revenu disponible des ménages agricoles était en moyenne de 44 600 euros/pers. Mais le niveau de vie médian (22 800 euros/pers) était proche de l'ensemble de la population française (22 400 euros/pers). Seuls 34 % du revenu disponible des ménages agricoles proviennent des bénéfices agricoles de l'exploitation, 45 % des autres revenus d'autres activités (traitement, salaires, indemnités de chômage), 15 % des pensions, retraites et rentes, 22 % des revenus du patrimoine et 4 % de prestations sociales. À ces revenus sont déduits 19 % d'impôts directs. Parmi l'ensemble de ces ménages agricoles, 16,2 % des personnes ont un revenu disponible inférieur au seuil de pauvreté, un taux supérieur de près de 2 points à l'ensemble de la population française.

Seuil de pauvreté

Lorsque l'agriculteur pourvoit seul au revenu de sa famille, le niveau de vie médian dans son ménage est de 18 100 euros/pers. Il provient en moyenne à 48 % de bénéfices de son exploitation. Le reste est composé de salaires et de rentes. Mais ce même niveau de vie médian passe à 23 400 euros/pers quand au moins une personne non exploitante travaille hors de l'exploitation et rapporte des salaires ou des traitements au ménage. Il atteint 26 900 euros/pers dans les grandes exploitations (25 % des ménages) même si des personnes du ménage travaillent parfois à l'extérieur**.

Autrement dit, avoir un membre de sa famille qui travaille hors de l'exploitation a quasiment autant d'impact sur le niveau de vie des ménages agricoles que d'être à la tête d'une grande exploitation, même parmi les ménages les plus démunis du 1er décile. En effet, le niveau de vie est supérieur de 5 000 euros/pers comparé aux ménages dont seul l'exploitant travaille (6 300 euros/pers versus 11 900 euros/pers). Dans les 9 % de ménages où tous ses membres travaillent sur l'exploitation, le niveau de vie médian de 21 000 euros/pers est inférieur de 2 400 euros/pers à celui des exploitations où au moins une personne travaille à l'extérieur. Mais parmi les ménages les plus aisés (9e décile), la hiérarchie est inversée. Le niveau des premiers (46 500 euros/pers) est supérieur de 2 000 euros/pers aux seconds. En fait, l'activité agricole est risquée, pour le pire comme pour le meilleur. Dans les ménages composés uniquement d'agriculteurs, 23,4 % des personnes vivent sous le seuil de pauvreté contre de 13,6 % pour les ménages dotés de plusieurs sources de revenus extérieurs.•

* Orientation technico- économique des exploitations.

** Pourcentages croisés, la somme ne peut pas être égale à 100 %.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Union agricole

Les plus lus

Résultat du vote des eurodéputés du 21 janvier.
L’accord du Mercosur renvoyé devant la CJUE

Les eurodéputés ont voté majoritairement pour renvoyer l’accord du Mercosur devant la Cour de justice de l’Union européenne (…

Les vœux à la presse d'Hérvé Lapie et Arnaud Rousseau ce 8 janvier ont été l'occasion de revenir bien évidemment sur les dossiers nationaux. 
Rendez-vous à Strasbourg le 20 janvier

Le président de la FNSEA, Arnaud Rousseau, et le secrétaire général, Hervé Lapie, ont présenté leurs vœux à la presse le 8…

Guillaume, William et Maxime Foubert, les trois associés, dans la nouvelle maternité liberté.
L'élevage porcin de la SCEA du Hertelay : liberté et bien-être

Développer l'élevage porcin, tout en apportant plus de bien-être aux animaux et de meilleures conditions de travail sont les…

Pour l'heure, les "signaux ne sont pas suffisamment robustes pour engager des surfaces", dixit le président de l'UNPT.
"Avoir une vision éclairante sur le marché”

Dans quelques jours aura lieu le Congrès de l'UNPT à Arras (62)*. Selon Geoffroy d'Évry, président de l'UNPT, il est à ne…

Report de l'action syndicale normande au 10 janvier 

Dans le cadre d'une vaste action régionale, initiée par les JA de Normandie et les FNSEA de Normandie, les agriculteurs sont…

« Les travaux sont bien avancés. Nous pourrons accueillir les amateurs de produits locaux dès la mi-février », souligne Jérôme Aubry, accompagné d'Anaïs Aubry et d'Aurélie Allais (à gauche). 
Les Éts Aubry recherchent des producteurs de produits locaux

D'ici quelques semaines, les Éts Aubry, installés à Saint-Léonard, ouvriront in situ leur magasin de producteurs de produits…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 300 €/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site L'Union agricole
Consultez le journal L'Union agricole au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters du journal L'Union agricole