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Les Chambres d’agriculture pour un « plan de mutation » des exploitations

À l’occasion de la Convention des Chambres d’agriculture les 28 et 29 juin, leur président Sébastien Windsor a assuré que le réseau était prêt à porter un plan de grande ampleur d’adaptation des exploitations au dérèglement climatique. 

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© Pixabay


Les Chambres d’agriculture « sont prêtes à relever le défi d’un plan de mutation de toutes les exploitations françaises » en vue, notamment, de leur adaptation au dérèglement climatique, a indiqué le président du réseau Sébastien Windsor le 28 juin dernier à Paris, à l’issue de la première journée de la Convention nationale de l’organisation. « Pour amorcer cette mutation dans la continuité du diagnostic que nous avons mené dans toutes les régions, nous avons besoin que vous en donniez l’impulsion, main dans la main avec les régions », a exhorté l’élu en s’adressant à Marc Fesneau, le nouveau ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire.

Selon Sébastien Windsor, les réformes engagées par Julien Denormandie sur l’assurance-récolte ou l’irrigation, si elles vont dans le bon sens, pourraient se révéler insuffisantes à moyen terme. « Au train que l’on va en matière d’incidents climatiques, il faudra doubler d’ici dix ans l’enveloppe consacrée au volet assurantiel », a-t-il pronostiqué. « Quant aux efforts engagés en matière d’irrigation, ils permettront de passer de 7 % à 15 % de l’espace couvert. Il restera toujours 85 % du territoire qui ne sera pas irrigué ».

Le président des Chambres d’agriculture a plaidé en faveur de solutions globales mais adaptées à chaque exploitation. « Il faut oser aborder la question des changements de production dans les fermes, - et pas seulement ceux des variétés -, l’évolution des cépages, des changements des dates de semis, de pratiques de récolte, des modèles de bâtiment d’élevage »...

En matière de financement, Sébastien Windsor a précisé, lors d’un point presse, vouloir profiter des crédits encore disponibles du plan de relance mais aussi de ceux qui seront à disposition à l’avenir dans les Régions, comme la mesure de transition écologique.

Des acteurs centraux de l’installation 

Avant l’intervention du président des Chambres, une table-ronde consacrée aux "transitions" auxquelles l’agriculture est confrontée s’est rapidement focalisée sur la question du changement de générations dans les campagnes.

« La perspective de 20 000 départs par an et le changement de main de 50 000 ha de SAU, c’est angoissant », a alerté la géographe Sylvie Brunel. Un défi auquel les Chambres entendent également répondre. « Suivez l’avis du CGAAER (Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux, NDLR) », a lancé Sébastien Windsor au nouveau ministre. « Confiez les PAI (points accueils installation), les stages 21 heures, les CE3P (Centres d’élaboration du plan de professionnalisation personnalisé) aux Chambres d’agriculture conformément à leur mission de service public », l’a-t-il exhorté sous les applaudissements des 800 élus et collaborateurs des établissements consulaires. « Nous ne souhaitons pas éviter la pluralité, mais éviter le clientélisme et que les jeunes se tournent vers ceux qui leur diront "oui" quel que soit le projet porté ».

Sans répondre directement à ces interpellations, Marc Fesneau a confirmé vouloir s’appuyer sur le réseau des Chambres d’agriculture pour mettre en œuvre les politiques de transition. « Vous pouvez expliquer les politiques publiques et conseiller les agriculteurs au plus proche des réalités de terrain », a-t-il reconnu. « Vous êtes également bien placés pour aller chercher les agriculteurs isolés ou les moins en capacité d’engager les changements », a-t-il poursuivi, se félicitant du contrat d’objectifs et de performance conclu entre l’État et le réseau des Chambres d’agriculture pour la période 2021-2025. « Je compte sur vous pour que les agriculteurs français puissent pleinement tirer parti des outils de la nouvelle Pac et les accompagner dans les nouvelles mesures prévues dans le plan stratégique national », a conclu Marc Fesneau. 

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