Aller au contenu principal

L'endurcissement détermine la tolérance au gel des céréales

Les céréales d'hiver sont capables d'ajuster leur métabolisme pour faire face au gel grâce à "l'endurcissement", un processus physiologique long et progressif.

Les périodes de températures faibles voire de gel modéré entraînent l'endurcissement au froid.
Les périodes de températures faibles voire de gel modéré entraînent l'endurcissement au froid.
© AdobeStock

Pendant la levée (stade coléoptile, sortie de la première feuille), le seuil de résistance au froid des céréales ne dépasse pas - 8 °C dans le meilleur des cas (avec des différences entre espèces notables).

À partir du début du tallage (stades 3 à 4 feuilles), la résistance peut être très élevée si les conditions d'adaptation (ou d'endurcissement) ont été remplies.

Quand les plantes ne sont pas endurcies, on considère que le seuil de température minimale à partir duquel des dégâts peuvent apparaître est de - 6 °C, sans différence variétale notable. L'endurcissement est donc essentiel pour que la résistance au froid s'exprime.

S'endurcir : un travail long et progressif

Ce processus physiologique est sous le contrôle de facteurs externes (température et lumière) et internes qui résultent de rythmes caractéristiques du développement.

Il n'est possible qu'après une période de croissance suffisante qui permet à la plante d'accumuler des réserves.

L'endurcissement commence dès lors que la température moyenne journalière est inférieure à 10-15 °C, et s'achève en moyenne au bout de quatre semaines. La résistance acquise est d'autant plus importante que la température est proche de 0 °C.

Ceci explique que les dégâts seront plus importants si une gelée brutale est précédée de températures relativement douces : la plante n'a pas pu s'endurcir.

Gel/dégel : le vrai danger

Les périodes de températures faibles voire de gel modéré entraînent l'endurcissement au froid. À l'inverse, les périodes de dégel entraînent le désendurcissement. Celui-ci est d'autant plus important et rapide que les températures sont élevées (au-delà de 10 °C). Si le désendurcissement est important, certaines variétés ne sont plus capables de réendurcir d'une façon aussi poussée qu'initialement. Ainsi, des fluctuations fortes de températures (alternances gel-dégel notamment) s'accompagnent donc d'une diminution progressive, plus ou moins marquée selon les variétés, de l'aptitude à exprimer un haut degré de résistance au froid.

Et si le désendurcissement intervient après la fin de la vernalisation, les plantes ne sont plus capables de se réendurcir.

Les facteurs secondaires

À l'opposé, une couche de neige recouvrant les cultures joue un rôle d'isolant thermique et les plantes peuvent rester intactes pendant un long séjour malgré des gelées importantes. On considère que, sous une épaisseur de 10 à 20 cm, la température à la surface du sol reste au voisinage de 0 °C quelle que soit la température de l'air au-dessus de la neige.

D'autres facteurs peuvent limiter ou augmenter les effets du froid. Par exemple, sur un sol saturé en eau, les dégâts seront plus importants que sur un sol sec en raison de la formation de glace capable de provoquer la rupture du collet.

Parallèlement à ces effets mécaniques, des tissus fortement imbibés d'eau sont plus sensibles à l'action du froid car les chocs hydriques consécutifs au départ et à l'entrée d'eau sont plus violents. Les membranes cellulaires peuvent alors se déchirer. Des plantes en pleine croissance sont donc plus exposées.

Des différences variétales importantes

La résistance maximale au froid est une caractéristique variétale, qui peut être modulée en fonction des conditions d'apparition du froid.

Chez le blé tendre, les seuils de résistance maximale au froid sont estimés à - 12 °C pour les variétés les moins résistantes et - 32 °C, voire moins, pour les variétés les plus résistantes.

Cependant, la résistance maximale d'une variété ne peut s'exprimer que si le stade de développement de la plante est suffisant et si les conditions d'endurcissement ont été remplies.

Les variétés diffèrent ensuite pour leur vitesse d'endurcissement : elle s'étage en général entre trois et cinq semaines. Pour des coups de froid précoces, les variétés qui s'endurcissent vite peuvent exprimer leur résistance maximale.

Attention !

Les besoins en jours vernalisants et la résistance au froid ne sont pas strictement corrélés. Les variétés de type hiver présentent certes une durée de vernalisation plus longue, et sont capables de s'endurcir plus longtemps, à l'opposé des variétés dites alternatives. En revanche, d'autres mécanismes (mal identifiés et compris) concourent également à la résistance au froid des variétés.•

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Union agricole

Les plus lus

Livraison d'engrais dans une exploitation.
Plan engrais : une aide possible dès le 1er août 

La mobilisation de la FNSEA et de son réseau, à Bruxelles et à Strasbourg, pour obtenir une aide face à l'envolée du prix des…

Victor et sa mère Élisabeth Leforestier, sont prêts à accueillir les gourmands de myrtilles durant tout l'été. N'oubliez pas d'amener vos seaux !
Myrtilles de pleine terre : une diversification originale dans le pays de Caux

La cueillette de myrtilles de pleine terre est ouverte sur la ferme de la famille Leforestier à Sainte-Colombe.

L'ouverture générale de la chasse est fixée au dimanche 20 septembre, à 8 heures. 
Saison de chasse 2026-2027 : les dates sont connues

L'arrêté fixant les dates d'ouverture et de clôture de la chasse en Seine-Maritime pour la campagne 2026-2027 a été publié le…

Sénat.
Projet de loi d’urgence agricole : députés et sénateurs s'accordent en CMP sur un texte de compromis

Fumée blanche au Palais du Luxembourg. Les sept députés et sept sénateurs, réunis le 16 juillet en commission mixte paritaire…

Les jeunes sont-ils motivés pour s'installer en agriculture ?

La réponse avec Valérie, éleveuse de Montbéliarde en Isère.Vidéo réalisée en partenariat avec Sanders. Collaboration…

Un quart des accidents avec un engin agricole concerne les moins de 25 ans.
Accidents d'engins agricoles : les jeunes conducteurs en première ligne

Chaque année, de jeunes conducteurs de tracteurs et de machines agricoles sont impliqués dans un accident de la route. À…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 300 €/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site L'Union agricole
Consultez le journal L'Union agricole au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters du journal L'Union agricole