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L'élevage porcin de la SCEA du Hertelay : liberté et bien-être

Développer l'élevage porcin, tout en apportant plus de bien-être aux animaux et de meilleures conditions de travail sont les raisons des investissements réalisés par la famille Foubert sur l'exploitation de Bréauté.

La section porcine de la coopérative Cooperl et sa filiale Calipro, fournisseur de matériel d'élevage, ont donné rendez-vous aux éleveurs de porcs le 9 janvier à Bréauté où la SCEA du Hertelay a investi dans des maternités liberté, de nouvelles salles de post-sevrage, un robot de lavage et une couverture de fosse Nénufar.

Guillaume, Maxime et William Foubert élèvent actuellement 340 truies. Ils ont 1 200 places de post-sevrage et 3 648 places d'engraissement. En 2022, suite au départ en retraite de Daniel Foubert et à l'installation de Maxime sur l'exploitation familiale, les trois jeunes associés ont décidé d'étendre leur élevage en passant de 7 bandes de 22 truies à 7 bandes de 44 truies avec un sevrage à 28 jours.

La porte ouverte a attiré une centaine d'éleveurs. La plupart d'entre eux s'interrogent sur de nouvelles pratiques mais craignent aussi les évolutions réglementaires à venir en matière de logement des porcs.

Liberté de mouvement pour la truie et limitation de la mortalité des porcelets

Pour les Foubert, la volonté première est d'offrir plus de liberté aux truies, qui sont encore logées en stalles individuelles dans les élevages porcins du département. Et bien sûr, le choix du 100 % maternité liberté leur permettra d'être aux normes au cas où. " Nous serons prêts si la norme tombe ", dixit Maxime Foubert.

La réflexion s'est engagée avec Joël Leblanc, technicien bâtiment de la Cooperl, autour d'un projet qui comprend le réaménagement de bâtiments existants qui datent de 1980 (transformation des maternités existantes en gestantes, d'une salle d'engraissement à d'une verraterie liberté), et la création de deux salles de maternité liberté de 44 places, deux salles de post-sevrage de 600 places, six salles d'engraissement de 360 places sur racleur Trac, une salle d'attente départ et l'installation d'une fosse de stockage de lisier couverte.

Production de chaleur par Nénufar et chaudière biogaz

Au niveau énergétique, les éleveurs ont investi dans une couverture de fosse à lisier Nénufar et une chaudière biogaz pour être moins dépendants des énergies fossiles et moins émetteurs de GES (gaz à effet de serre). La couverture Nénufar installée sur la fosse à lisier collecte le biogaz qui alimente une chaudière pour chauffer les maternités et les salles de post-sevrage.

Dès le départ, cet investissement de 4,3 millions d'euros a été réfléchi pour le bien-être des animaux et des hommes : " Nous souhaitions un espace de travail lumineux avec une bonne visibilité sur l'ensemble de la maternité. Maintenant toutes les truies seront dans la même salle, ce qui est beaucoup plus pratique pour le suivi ", explique Maxime Foubert.

Concilier bien-être et performance

Les éleveurs ont répondu à l'invitation de la Cooperl, très intéressés par la maternité liberté, car, au-delà des aspects de contraintes réglementaires qui risquent d'arriver, cette technique récente a de nombreux avantages qui ont été présentés durant la journée par les différents intervenants : c'est une solution qui concilie bien-être animal et performance. La surface disponible est optimisée pour la mobilité de la truie qui a donc un comportement plus naturel. Une meilleure croissance des porcelets a été constatée grâce à un accès facilité à la mamelle. Dans la cage, deux ambiances sont adaptées aux besoins physiologiques des truies (plaque rafraîchissante) et des porcelets (plaque chauffante). Le sol technique assure le confort et la sécurité de la truie et un sol ascenseur réduit fortement les pertes par écrasement. Il a été constaté que dans des élevages équipés de maternité liberté, le nombre d'animaux sevrés par portée a légèrement augmenté. Le sol et l'environnement ont été conçus pour faciliter le nettoyage.

Réduire le temps de lavage manuel

Concernant le nettoyage, le robot de lavage autonome Clean Buddy 4.0 ("eau sûre") va assurer 70 % du lavage des cases, des couloirs et du plafond. "Le reste sera encore à notre charge mais cette nouvelle technologie va nous permettre un gros gain de temps, moins de pénibilité et une consommation moindre d'eau ", souligne Guillaume Foubert.

Durant les démonstrations, sa grande maniabilité a été mise en avant, ainsi que sa mise en route facile et rapide. Son repérage dans l'environnement, grâce à ses deux capteurs permet de mesurer les distances et d'éviter les obstacles. Les éleveurs ont pu constater sa très bonne accessibilité car il peut laver jusqu'à une profondeur de cage de 7 mètres. Son autonomie de batterie varie entre 5 à 10 heures et il est compatible avec tout débit de pompe. Le robot peut être paramétré avec un smartphone selon la salle : hauteur, vitesse d'avancement, angle du jet...

Les premières truies ont été accueillies il y a quelques jours dans la nouvelle maternité. " Nous les laissons en liberté pour qu'elles prennent possession des lieux. Elles sont ensuite bloquées trois jours avant la mise-bas et libérées à peu près dix jours après la naissance. Nous avons un objectif de sevrage à 28 jours." "Les porcelets se dirigeront donc vers la salle de post-sevrage qui est à côté. Les nouvelles salles ont été conçues pour accueillir 30 porcelets par case et le confort des animaux a été privilégié : alimentation à sec, jouets, plaques chauffantes et lumière "•

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