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L'élevage ovin a souffert de la sécheresse

Engagé dans la filière ovine depuis 2017, Virgil Noizet suit les pas de sa famille au sein de l'exploitation familiale à Aubérive (Marne). Il revient sur un été compliqué pour l'élevage et les perspectives de la filière.

Passionné et habité par son métier d'éleveur, Virgil Noizet continue d'entretenir et de dynamiser la filière ovine dans la Marne. Impacté comme tous les exploitants agricoles par les fortes chaleurs de cet été, le Marnais a porté une attention particulière à son élevage. « Personnellement, j'ai la chance d'avoir de la surface d'élevage au camp militaire de Mourmelon pour bénéficier de suffisamment d'espaces enherbés », souligne-t-il. « Les collègues disposant d'un gros volume de bêtes par rapport à leur surface disponible en hectares ont eu la vie dure. Ils ont déjà dû puiser dans les stocks en fourrage prévus pour l'hiver à venir ».

Trésoreries en délicatesse

Avec les derniers événements climatiques, la santé et la trésorerie des éleveurs ovins se trouvent impactées. « Les trésoreries ne sont pas au top », regrette Virgil Noizet. « Les pousses d'herbe qui n'ont pas été bonnes pendant la canicule n'aident pas. Cela entame les réserves en fourrage ; il va donc falloir acheter du stock supplémentaire pour l'hiver. L'herbe a été rapidement de mauvaise qualité, à partir du 15 juin elle ne valait plus grand-chose ».

Organisation revue

Malgré ces épisodes de sécheresse, le marché de vente de la filière tient la route. « Pendant la canicule, on s'organise au mieux. De mon côté, je place mes bêtes dans des parcs à l'ombre. Je les bouge encore plus régulièrement pour leur donner un minimum d'herbes fraîches », ajoute l'éleveur marnais. « J'ai aussi demandé à mon voisin de tailler sa haie pour amener plus d'air à mon élevage resté en bâtiment. Nous vérifions aussi que nos bêtes ont constamment de l'eau. Tout cela demande plus de vigilance au quotidien ».

Tension sur l'eau

Si des étés comme celui-ci se répète, Virgil Noizet assure « qu'il faudra vite planter des arbres et développer l'agroforesterie. L'eau est également un sujet crucial pour l'avenir. Il faut réfléchir à des récupérations d'eau de pluie en la traitant pour pouvoir la donner aux animaux. Il faut imaginer d'autres sources d'eau pour nos bêtes ».

600 brebis sur l'exploitation

En partenariat avec le camp de Mourmelon, l'éleveur d'Aubérive dispose d'un élevage de 600 brebis. « Cet échange est gagnant-gagnant. Nous augmentons la biodiversité et les bêtes se plaisent bien. J'ai de la chance d'avoir cet espace car le troupeau est beau par rapport aux conditions qu'on a subies ».

Prix de vente constant

Situé autour de 9 euros/kg, le prix de vente des ovins se maintient de manière cohérente. « C'est une bonne valeur. Nous faisons moins le yoyo que dans le bovin à ce niveau-là. Il y a moins de fluctuations du prix de vente ».

Le projet Mos'Laine conforté

Projet de valorisation de la laine locale, Mos'Laine évolue dans le bon sens. Commencée en 2023, cette initiative se développe et l'usine devrait être sur pied en 2027. « Avec de beaux débouchés dans tout ce qui est isolation des bâtiments. Ce serait une belle avancée pour valoriser la laine dans le Grand Est », met en avant Virgil Noizet.

Projet de 1 000 brebis

À l'aube d'un projet photovoltaïque sur son exploitation, l'éleveur marnais veut monter son troupeau à 1 000 brebis dans les prochains mois. « Je suis bien plus attiré par l'élevage que par les grandes cultures et cette augmentation à 1 000 brebis nous permettrait d'embaucher une personne supplémentaire », confie Virgil Noizet. « L'idée est de pouvoir allier vie sur l'élevage et vie personnelle ».•

"Poil de la Bêeete" confirme son essor

Éleveurs ovins passionnés depuis trois générations, les Noizet disposent d'un troupeau composé à 90 % de brebis île-de-France et 10 % de brebis suffolk. C'est ainsi qu'ils travaillent à la transformation de la laine de leurs brebis afin de proposer des articles "Poil de la Bêeete". Produit phare depuis cinq ans maintenant, la griffe "Poil de la Bêeete" s'est installée au niveau du label " Made in Marne " cette année sur la Foire de Châlons-en-Champagne. Les visiteurs ont pu retrouver des produits confectionnés à partir de laine de mouton. Sur place, Frédéric Noizet, l'un des artisans de ces produits, a fait découvrir ses produits au grand public. " Nous transformons la laine de nos moutons en feutre pour les décliner en sacs, chaussures ou vêtements ", lance l'éleveur ovin basé à Aubérive.•

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