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L'élevage est « une filière d'excellence »

C'est au Sommet de l'élevage près de Clermont-Ferrand (63) que la nouvelle ministre de l'Agriculture a réservé sa première visite officielle le 3 octobre. Elle a été accueillie par Jacques Chazalet, le président du sommet. 

Annie Genevard se veut à l'écoute.
Annie Genevard se veut à l'écoute.
© X Twitter

Annie Genevard a tenu à souligner l'importance de ce rendez-vous, l'un des trois principaux salons agricoles de France avec le Salon international de l'agriculture et le Space. Elle a aussi tenu à saluer le secteur de l'élevage et témoigner sa « gratitude » vis-à-vis de cette « filière d'excellence ». Elle a enfin rappelé sa méthode qui est la sienne « depuis qu'elle fait de la politique : le terrain et l'action ». La ministre se veut à l'écoute et elle l'a été tout au long de la journée où elle a pris le temps de répondre à l'ensemble des sollicitations. À commencer par celles du pastoralisme. Présidente de la Chambre d'agriculture de Lozère, Christine Valentin a interpellé la ministre sur le sujet de la prédation en insistant notamment sur le besoin de reconnaître la « non protégeabilité » des bovins, ce qui devrait permettre de simplifier le recours aux tirs de défense. « Il faut que l'on obtienne cette non protégeabilité des bovins », a acquiescé Annie Genevard qui a ajouté : « Personne ne dit qu'il faut éradiquer le loup ». Elle s'est par ailleurs félicitée du vote du Conseil de l'UE en faveur de l'abaissement du niveau de protection du loup. Des propos qu'elle a confirmés devant Claude Font, secrétaire général de la Fédération nationale ovine (FNO) qui a insisté sur le fait que, concernant le loup, il fallait « passer d'une politique de protection à une politique de régulation ». Il a par ailleurs souhaité des avancés sur «  le statut juridique du chien de protection » et une meilleure prise en compte des « pertes indirectes » dues à la prédation. Estimées, à 10 millions d'euros par an, elles ne sont indemnisées qu'à hauteur de 2 millions, « le reste est à la charge des éleveurs ». 

Vaccination : « mettre le paquet »

En visitant le hall réservé aux ovins, Annie Genevard a évoqué la crise sanitaire provoquée par la FCO. « Il faut mettre le paquet sur la vaccination », a déclaré la ministre dans le discours qu'elle a prononcé au soir de sa visite au Sommet de l'élevage. Et de détailler son projet : « Pour la MHE, notre stratégie, c'est le cordon sanitaire pour endiguer la progression de la maladie ». Pour la FCO-3 « nous devons à tout prix stopper l'extension des foyers et de leur impact, a indiqué la ministre. C'est pourquoi j'ai décidé que la vaccination gratuite et prise en charge par l'État sera désormais ouverte à toute la France pour la filière ovine. Nous avons le stock de vaccins nécessaire ». Pour Annie Genevard, « la vaccination va permettre d'endiguer la propagation de l'épizootie mais là où le mal est déjà fait, il faut aider les éleveurs à se relever. Et vite. Je veux donc que les éleveurs qui ont perdu des bêtes dans les foyers identifiés puissent être rapidement indemnisés pour pouvoir recapitaliser leur troupeau et relancer leurs élevages ». La ministre s'est engagée à activer « la reconnaissance de force majeure pour la campagne des aides Pac 2025 pour que les éleveurs ne subissent pas la double peine de la perte d'animaux et de la réfaction du calcul des aides ». Elle a annoncé un fonds d'indemnisation, dont les modalités et le montant ont été précisés par le Premier ministre Michel Barnier qui est venu au Sommet le 4 octobre (voir article ci-contre). « Ce fonds sera approprié » au préjudice subi a-t-elle assuré. Elle a par ailleurs insisté sur la nécessité de mettre en place un schéma vaccinal. « Plus aucune brebis de France ne doit disparaître », a soutenu Michèle Baudouin, présidente de la FNO, en insistant sur le rôle de la brebis dans tous les territoires. 

Capacité d'écoute 

La ministre est allée ensuite à la rencontre des éleveurs de vaches laitières. Interpellée sur la décision de Lactalis de baisser la collecte de lait en France, la ministre a déploré « une attitude qui ne tienne pas compte du facteur humain ». La visite s'est poursuivie par des rencontres avec les interprofessions de la volaille, du porc et des viandes avec un long échange dans le hall des races allaitantes sur l'importance de la génétique. À chaque fois, Annie Genevard a montré sa capacité d'écoute. Se voulant rassurante, tout en reconnaissant qu'elle arrive au ministère dans un moment où « la quasi-totalité de l'agriculture est en crise », elle a insisté sur l'importance de la venue du Premier ministre. « C'est exceptionnel. C'est la preuve qu'il a pris la mesure de ce que vous vivez. »•

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