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Le projet RTE des boucles de la Seine questionne la profession

Dans le cadre de la concertation du projet de transition énergétique des boucles de la Seine, Réseau de transport d'électricité (RTE) a organisé une réunion d'échange avec le monde agricole le jeudi 21 décembre à la Frénaye.

Carte des fuseaux en études.
© RTE

" Pour réussir la transition énergétique et atteindre l'objectif de neutralité carbone en 2050, fixé par le gouvernement français, il est nécessaire de remplacer les énergies émettrices de gaz à effet de serre (pétrole, charbon, gaz) par de l'électricité produite sans CO2. Cette évolution majeure appelée 'électrification des usages' concerne tous les domaines et notamment les activités industrielles. Cela suppose de développer, dès à présent, des moyens de production d'électricité décarbonée comme les énergies renouvelables et le nucléaire mais également les infrastructures nécessaires pour faire transiter davantage d'électricité. Comme d'autres territoires français, la Région Normandie est au cœur de ces enjeux. En effet, d'ici 2050, ses besoins en électricité vont augmenter de 50 % en contrepartie d'une baisse de la consommation d'énergies fossiles. " C'est en ces termes que Benoît Facq, directeur du projet chez RTE, a introduit et justifié la création d'une ligne aérienne de 400 000 volts d'environ 30 km entre Rougemontiers (27) et la zone industrielle de Port-Jérôme (76). Complétée par une ligne souterraine de 225 000 volts d'environ 25 km entre les zones industrielles de Port-Jérôme et du Havre, ainsi que par la construction de trois postes électriques de 225 000 à 400 000 volts dans les zones industrielles de Port-Jérôme et du Havre.

Forte pression foncière

Comme l'impose la loi, le porteur de projet – RTE – se doit d'informer et échanger avec les acteurs du territoire jusqu'au 19 janvier. Un atelier dédié au monde agricole s'est déroulé à la salle des mariages de la Frénaye le 21 décembre dernier. À cette occasion, la vingtaine d'exploitants présents ont exprimé leurs inquiétudes tant sur les projets de fuseaux présentés que sur les études d'impacts environnementales. " Ces projets, sans remettre en cause la nécessité, ajoute de la pression foncière sur le secteur pour le développement de l'industrie. Nous aussi (les exploitations agricoles), nous avons le droit de vivre et de nous développer ", a souligné Germain Trouvay, agriculteur à Saint-Jean-de-Folleville, qui subit déjà sur son exploitation le développement de la communauté de communes par la perte régulière de surface d'exploitation. De plus, même si les porteurs de projet doivent éviter, réduire et en dernier recours compenser l'impact environnemental de tel projet, Sébastien Levasseur, représentant de la Chambre d'agriculture de Seine-Maritime, a fait part de son mécontentement en constatant que c'est " toujours l'agriculture qui subit la double peine ", ajoutant que " sur des territoires comme celui-ci, il n'est pas nécessaire d'augmenter la pression ".•

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