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Le mais épi, un compromis intéressant.

Pour les experts d'Arvalis, il est int�ressant de se pencher sur les avantages du ma�s �pi en termes de logistique, et sur les aspects de conservation et de valorisation par les bovins.

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Un concentré d’amidon et de parois
cellulosiques.
© ARVALIS

Le ma�s �pis est un aliment qui s'adresse � des syst�mes qui ont une certaine souplesse dans leur syst�me, qui ont la capacit� de d�dier une surface fourrag�re sup�rieure car le rendement total r�colt� est inf�rieur � un rendement plante enti�re. Pour Anthony Uijttewaal, responsable du p�le fourrages chez Arvalis, c'est un point essentiel � savoir avant de se lancer.

Le ma�s �pi est un m�lange d'amidon et de parois cellulosiques. En moyenne on est sur des valeurs moyennes de l'ordre de 60-65 % d'amidon, environ 9 % de cellulose brute, soit� trois fois plus qu'un ma�s grain et deux fois moins qu'un ma�s plante enti�re.�Le ma�s �pi est � consid�rer comme un aliment concentr�, riche en amidon.

Mais la variabilit� peut �tre importante sur les taux de mati�re s�che, les teneurs en amidon et en fibre. Cette variabilit� est essentiellement li�e aux conditions de culture et au stade de r�colte.

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Une source d'amidon rapide

Sur l'aspect d�gradabilit�, le ma�s �pi n'est pas une source d'aliment lent. C'est un amidon rapide, interm�diaire entre une c�r�ale � paille et un ma�s grain sec. L'amidon du grain sera plus ou moins facile � d�grader par les microbes du rumen.�Cela est li� � la vitrosit� du grain donc au stade de maturit�, mais �galement � la g�n�tique du grain, m�me si l'effet vari�t� n'est pas tr�s facilement mesurable aujourd'hui. Le processus de conservation est �galement important : le s�chage d'un ma�s grain permet la coagulation des prot�ines formant une barri�re pour les microbes du rumen. Avec le processus d'ensilage d'un ma�s �pi, il y a une lyse de la matrice prot�ique qui rend les amidons de plus en plus accessibles aux microbes du rumen avec l'avancement en conservation.

Sur la valeur alimentaire, c'est le grain qui apporte l'essentiel de l'�nergie de cet aliment.�Si le ma�s plante enti�re a des valeurs �nerg�tiques moyennes autour de 0.92-0.93 UFL/kg MS (tables Inra), le ma�s �pi est de l'ordre de 1,08 UFL, et le grain autour de 1.22 UFL.�� Quand on replace cela dans l'objectif de rationnement d'une vache laiti�re ou d'un jeune bovin, sur des syst�mes plut�t extensifs de l'ordre de 0.85-0.86 UF/kg de MS, ou plus productifs de l'ordre de 0.90-0.95 UF, voire 1 UF, le ma�s �pi se situe un peu au-del� de cet objectif. Donc l'int�r�t de cet aliment est soit de concentrer les rations pour les rendre plus productives, soit de compenser la moindre valeur �nerg�tique d'autres fourrages qui pourraient �tre int�gr�s dans les rations � d�taille Hugues Chauveau.

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Ajuster les rations pour les animaux � haut potentiel laitier

Dans les rations vaches laiti�res, le ma�s �pi peut �tre utilis� pour ajuster les rations pour les animaux � haut potentiel de production (1 � 2.5 kg MS/jour dans les rations � base de ma�s fourrage - 2 � 5 kg MS/jour dans des rations mixtes � base de ma�s fourrage et d'herbe). Il peut �galement maintenir la densit� �nerg�tique d'une ration qui contient des fourrages riches en prot�ines (ensilage d'herbe, luzerne, gramin�es, l�gumineuses,� m�teil immature). L'objectif est l� l'autonomie prot�ique.

Pour les jeunes bovins � l'engraissement, diff�rentes rations ont �t� exp�riment�es en 2017-2018 : une ration classique � base de ma�s fourrage plante enti�re compl�t�e par des c�r�ales et du tourteau de colza a �t� compar�e � deux autres rations un peu plus atypique : une ration qui substitue la c�r�ale par du ma�s �pi impliquant une l�g�re augmentation du correcteur azot�. Une autre testant l'incorporation de ma�s �pi en compl�ment d'enrubannage de luzerne.

Les diff�rents r�gimes ont �t� tr�s bien consomm�s, autour de 11 kg de MS par jour. Donc de bonne ingestion. Au niveau des performances de croissance, elles sont au rendez-vous avec le ma�s �pi, avec des GMQ de l'ordre de 1600-1650 g par jour avec un objectif d'abattage � 430 kg de carcasse.

Certains �leveurs utilisent le ma�s �pi en aliment � volont� (7-7.5 kg de MS ing�r�s), compl�t� par une bonne paille et du tourteau de colza. En comparaison d'un r�gime t�moin classique, cela donne des performances correctes en termes de croissance et d'abattage.

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Un �clatement intense des grains � la r�colte

Au niveau de la r�colte du ma�s �pi, il faut bien viser 35 % d'humidit� du grain pour aller chercher le rendement maximal. Cela correspond � +200 degr�s jour apr�s la r�colte plante enti�re � 32 % MS. Il faut savoir qu'un rendement ma�s �pi correspond � 60-65 % du rendement plante enti�re. Cela est � r�fl�chir au niveau du bilan fourrager et des stocks.

Le jour de la r�colte, il est important de bien r�gler la machine pour une longueur de coupe au minimum (c'est-�-dire entre 3.5 � 7mm), et un �clatement intense des grains pour favoriser la digestion.

La bonne dimension du silo est tr�s importante, beaucoup d'�leveurs se font pi�ger au d�but. Pour rappel, il faut viser une densit� de 380-410 kg MS/m3, c'est-�-dire deux fois celle d'une plante enti�re et un avancement minimum de 10-15cm/jour en hiver et de 20-25cm/j en �t�.�Chacun doit bien s�r bien �valuer l'int�r�t �conomique du ma�s �pi dans son syst�me, bien penser au choix vari�tal� et v�rifier la disponibilit� du mat�riel de r�colte dans son secteur.

Contacts Arvalis : Anthony Uijttewaal et Hugues Chauveau.

Webinaire sur le sujet disponible en replay sur ArvalisTV

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