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"Le lin porte les valeurs d'un monde qui change"

Le liniculteur seinomarin Bertrand Gomart se retire de la présidence de l'AGPL (Association générale des producteurs de lin), après 12 ans consacrés à cette association de défense des producteurs de lin.

DL'Association des producteurs de lin a tenu son assemblée générale à Quaëdypre, dans les Flandres maritimes, le 4 juin dernier. Bertrand Gomart, président de l'association depuis 12 ans, a annoncé qu'il laissait la place à une nouvelle équipe : " Cette expérience de 12 années me permet aujourd'hui d'avoir une vision assez claire de ce qu'il faudrait faire pour l'AGPL et pour le bien de la filière. Je remercie mon conseil d'administration qui m'a toujours soutenu ".

Le président a rappelé la détermination des liniculteurs et la résilience de cette fibre qui traverse les crises, les guerres, les modes et demain les aléas climatiques.

" Cette assemblée générale restera peut-être une étape importante de l'histoire de l'AGPL vu le contexte économique et environnemental de la culture du lin. Le monde change et nous devons changer avec lui. Le lin a tout pour plaire. C'est une culture passion qui fournit une fibre désirable, recherchée par tous dans le monde entier. Elle porte les valeurs du monde qui change : la durabilité, la transparence, la naturalité, le bien-être ".

Jouer collectif

Bertrand Gomart a rappelé les valeurs de l'AGPL : " nous sommes une association représentative, ouverte, intègre, engagée et qui joue collectif. Nous agissons dans l'intérêt des producteurs pour améliorer durablement notre revenu et notre savoir-faire. Les services apportés tels que l'assurance récolte, le coût de production, les informations économiques... sont autant de petites victoires pour l'amont de notre filière. Les participations actives aux essais, salons et foires, aux congrès nous permettent de parler du lin, de rendre notre petite filière visible. Nous sommes présents dans toutes les institutions et les avancées obtenues sont directement ou indirectement liées à la présence de vos élus sur le terrain politique. L'adhésion à l'AGPL est une adhésion à une famille qui travaille pour le développement du lin. 8 euros de l'hectare prélevé par le teilleur pour faciliter et soutenir les actions de l'AGPL, c'est un modeste montant pour une fibre d'exception ".

Les solutions techniques viendront pour s'adapter au climat

Si le travail réalisé depuis 10 ans est important, ce qu'il reste à faire est considérable. " Notre mission est de produire plus et mieux. Soyons audacieux, ambitieux et résilients. Nous pouvons nous donner les moyens de trouver des solutions face aux difficultés que nous rencontrons, nous avons su, au sein du Cipalin, dont l'AGPL est co-décisionnaire, doubler le budget alloué à Arvalis pour aller plus loin dans la R&D et spécifiquement sur le sujet de l'adaptation au changement climatique. Les solutions techniques viendront. L'apport du terrain est nécessaire et les collaborations avec les teillages et Arvalis sont primordiales ".

La gestion des stocks

Satisfaire un marché en croissance nécessite de l'anticipation et aujourd'hui, la filière constate qu'elle ne sait pas fournir correctement la demande qui s'étend géographiquement et se diversifie dans de nombreux domaines. " Notre offre varie trop fortement au gré des emblavements et des rendements. L'enjeu de demain sera de produire pour satisfaire totalement la demande durablement. Pour réussir ce challenge, il faudra effacer les mauvaises années par la gestion de stocks. Nous avons des atouts : nous nous connaissons tous, nous avons des entreprises de teillage performantes, innovantes, en bonne santé et bien gérées, avec des dirigeants passionnés et proches de leurs clients filateurs. Les liniculteurs ont également un savoir-faire reconnu et une relation de confiance avec leur teilleur ".

Le prochain challenge de la filière amont sera donc de savoir gérer un stock de lin permanent qui découlera du fort partenariat entre liniculteurs et teilleurs. Le couple AGPL et teilleurs peut organiser un stockage chez le producteur qui sera complémentaire au stockage de fibres dans les teillages. " Une des clés du succès est la connaissance des adhérents de l'AGPL chez chaque teilleur, j'appelle cela la force du collectif. C'est du gagnant-gagnant à long terme ".

Traçabilité et certification incontournables

Malgré des quantités et des qualités de lin insuffisantes, tous les signaux sont au vert : " Si le lin se développe tant aujourd'hui, c'est aussi et surtout grâce à l'Alliance du lin et chanvre européens qui travaille avec toute la filière pour que notre fibre devienne préférée à travers le monde ".

Les enjeux de traçabilité et de certification deviennent incontournables pour garantir l'écoulement des fibres de lin. C'est une exigence des marques mais cela devient une exigence réglementaire. " Jamais, la mode ne s'est intéressée autant à ce point aux enjeux agricoles. À l'Alliance, nous essayons de se faire rencontrer les deux mondes. Il faut que les gens se parlent ", explique Marie-Emmanuelle Belzung, directrice générale de l'Alliance, qui a rappelé le grand évènement "Les Gestes du Lin" qui s'est déroulé la semaine dernière au BHV, à Paris.

Aujourd'hui dans leurs communications, les marques parlent de protection des écosystèmes, d'agriculture régénératrice, de matières à faible impact environnemental. Les grands groupes de luxe tels que Kering ont des équipes qui connaissent bien l'agriculture. " Les acheteurs évoluent. Ils achètent durablement, ils veulent une transparence mesurable, un faible impact environnemental. Notre réponse collective à cette attente est notre certification Masters of Flax Fibre ".

Vers une certification culture et teillage

" Nous devons construire des argumentaires solides pour répondre aux demandes. Sans certification, pas de ventes. Aujourd'hui les marques n'arrivent pas à avoir des informations au-delà du teillage. Une certification amont se met donc en place ", explique Julie Pariset, directrice Innovation chez Alliance.

Pour Jacques Fauvel, vice- président de l'AGPL, les liniculteurs ne doivent pas attendre de se faire dicter un référentiel. " Nous construisons un cahier des charges complet, agile et suffisamment robuste pour ne pas être remis en cause. Cet outil sera au-delà du réglementaire mais il ne doit pas être contraignant pour les liniculteurs. Bureau Veritas sera le certificateur chargé de l'audit qui sera plutôt une démarche de progression. Notre objectif est que 100 % des fibres soient certifiées. Il ne faut pas se passer d'un outil qui va nous permettre de produire ".

Le déploiement de cette certification qui sera évaluée par le teillage est prévu pour 2026.•

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