Aller au contenu principal

Le fumier équin en méthanisation : où en est-on ?

Mieux valoriser les fumiers équins est un enjeu fort pour la filière équine, notamment en Normandie. C’est pour répondre à cette problématique, que l’IFCE (Institut français du cheval et de l’équitation) a lancé le projet Val’fumier en 2019. Partenaire de ce projet, la chambre régionale d’agriculture de Normandie s’est penchée sur les débouchés du fumier en méthanisation.

file-alt-63347
© D. R.

Au même titre que les autres types de fumiers, notamment bovins, le fumier équin a un potentiel méthanogène non négligeable et peut s’avérer un intrant intéressant pour les unités de méthanisation agricoles ou territoriales. Néanmoins, son incorporation en méthanisation est assez peu développée.

En Normandie, à la fin de l’année 2020, sur les 122 unités de méthanisation en fonctionnement, sept unités seulement valorisaient du fumier équin. Cela représentait un tonnage annuel de 5500 tonnes environ. Sur ces sept unités identifiées, une seule installation de méthanisation était localisée dans une ferme équestre avec comme gisement principal le fumier de ses poneys et chevaux.

 

Les freins de ce débouché

Une enquête auprès des porteurs de projet de méthanisation a également montré que le fumier équin était peu envisagé dans les rations des futurs méthaniseurs. Une vingtaine de projets ont toutefois montré un intérêt pour cette matière. La faible valorisation des fumiers équins en méthanisation peut s’expliquer par différents facteurs. Tout d’abord, le gisement de fumier équin est rarement localisé dans les fermes et les exploitants agricoles n’ont pas toujours de lien avec les structures équestres voisines. Ensuite, le fumier équin se caractérise par une forte teneur en matière sèche et la présence de nombreuses fibres de paille.

 

Des pistes pour développer cette filière de valorisation

Or, les installations de méthanisation en voie sèche sont peu nombreuses. Pour la plupart des installations de méthanisation, qui fonctionnent en voie liquide dite « en infiniment mélangé », l’incorporation de fumier équin nécessite la présence d’un broyeur en amont. Enfin, l’un des principaux freins évoqué est la variabilité de qualité des fumiers (fraîcheur, teneur en paille…) et la présence d’indésirables (fers, brosses…) qui peuvent endommager le matériel.

Plusieurs pistes vont être travaillées pour augmenter les volumes de fumier équin valorisés en méthanisation : poursuivre la mise en relation entre porteurs de projets et structures équestres, fournir des outils pour déterminer l’intérêt d’incorporer tel ou tel gisement de fumier équin, accompagner des projets de prétraitement des fumiers équins, faire connaître les technologies innovantes permettant de valoriser des substrats à forte teneur en matière sèche…

En Normandie, le projet Equifumier, qui se déroule de novembre 2020 à novembre 2022, a pour objectif de poursuivre ces actions sur la valorisation des fumiers équins, notamment en méthanisation. 

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Union agricole

Les plus lus

Principales mesures de la loi de finances 2026 : quels impacts ?

Comme chaque année, la loi de finances comporte son lot de mesures générales relatives à l'impôt sur le revenu (IR), qui…

Plus de la moitié du cheptel normand est abattue hors région.
Viande bovine : la Normandie face aux mutations de la filière

Au Sia 2026, les allées réservées aux bovins étaient plus vides que jamais. Entre épidémies à répétition (MHE, FCO, DNC), la…

Jérémie Fleury, président de la Cuma du Bosmelet : « le fissurateur fait le boulot des vers de terre. Peut-être que dans dix ans, lorsqu’on aura retrouvé une population de vers de terre suffisante, on ne s’en servira plus. C’est notre but. Mais pour le moment, on ne peut pas faire sans. »
Casser les semelles de travail : fissurateur ou décompacteur ?

L’attention accrue portée à la structuration des sols conduit de nombreux agriculteurs à s’intéresser au fissurateur. Celui-ci…

En agriculture conventionnelle, rechercher l'autonomie alimentaire n'est pas toujours payant.
La culture du méteil en grains pas toujours rentable

Selon une étude réalisée au Ciirpo (Centre interrégional d'information et de recherche en production ovine), sur le site du…

Les ovalies.
Les Ovalies, un tournoi de rugby universitaire unique en Europe

La 31e édition des Ovalies va se dérouler les 8 et 9 mai prochains au stade Marcel-Communeau de Beauvais (Oise). L'…

Paul-Henry Langlois : « je ne suis pas stressé de nature. Quand je me lève le matin,  je me dis que je fais le plus beau métier du monde ».
Rencontre avec le nouveau président de JA Normandie

Paul-Henry Langlois vient de succéder à Emmanuel Roch à la présidence de JA Normandie. De la ferme du Château à Chavigny-…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 300 €/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site L'Union agricole
Consultez le journal L'Union agricole au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters du journal L'Union agricole