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La pomme de terre, une culture refuge ?

Après une analyse des risques du marché de la pomme de terre, la question de la réorientation de producteurs céréaliers vers cette culture a été évoquée début février à l’occasion de l’assemblée générale de l’Union nationale des producteurs de pommes de terre (UNPT).
 

Philippe Bureau, président du cabinet Itari, a livré une analyse sur l’anticipation des risques sur le marché de la pomme de terre lors de l’assemblée générale de l’UNPT, le 4 février à Paris.
Philippe Bureau, président du cabinet Itari, a livré une analyse sur l’anticipation des risques sur le marché de la pomme de terre lors de l’assemblée générale de l’UNPT, le 4 février à Paris.
© UNPT

Optimisme et prudence : voilà les deux mots qui pourraient qualifier l’état d’esprit affiché par les membres de l’Union nationale des producteurs de pommes de terre (UNPT) lors de l’assemblée générale de leur structure qui s’est tenue le 4 février à Paris. « La dynamique est assez positive, mais nous devons être vigilants, veiller à ne pas trop anticiper la demande, sans compter qu’avec l’interdiction des produits phytosanitaires, nous nous trouvons au pied d’une falaise sans solution », a noté Geoffroy d’Évry, président de l’UNPT, en introduction.

Trouver un équilibre

Pour aller plus loin dans l’état des lieux, il avait été demandé à Philippe Bureau, président du cabinet Itari, une analyse sur l’anticipation des risques sur le marché de la pomme de terre. 
Premier constat : depuis 2015, les rendements ont tendance à stagner autour de 41-42 tonnes par hectare, même si certaines années peuvent être meilleures et d’autres, catastrophiques, en raison des aléas climatiques et sanitaires. Comme les charges augmentent, cela signifie que le coût unitaire de production est en hausse. Cela explique également que sur la période 2017-2023, la production de pommes de terre se maintienne autour de 6,5 millions de tonnes.
Reste la question de l’année 2024. « On constate une forte hausse de la production : + 12,2 %, résultant de la progression des surfaces et du nombre de producteurs, poursuit Philippe Bureau. Avec 20 000 hectares de pommes de terre en plus, cela pose la question du maintien des équilibres ». La production supplémentaire trouvera-t-elle un débouché sur le marché intérieur et à l’export ? « Il semblerait que le marché ait trouvé un équilibre, mais cela reste à confirmer », affirme prudemment le consultant. Le spectre de la surproduction n’est jamais loin.

Une production exigeante

Dans le contexte morose que connaissent les céréaliers, les pommes de terre peuvent-elles alors être une manière de retrouver de la rentabilité ? Aux exploitants qui seraient tentés de se lancer, Philippe Bureau rappelle à quel point ils sont déjà soumis à une situation générale de « forte progression du risque économique et de la variabilité des résultats ». Il souligne enfin trois fondamentaux : « C’est une production qui demande beaucoup de capitaux, exige une grande maîtrise technique et cela rajoute du risque au risque. Je n’ai pas de leçon à donner, c’est un arbitrage qui revient à chaque chef d’entreprise », conclut-il.•

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