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La pomme de terre sous toutes les coutures

Avec Intracelp, sa dernière invention, la start-up auboise Eurocelp contrôle la qualité de la pomme de terre de l’intérieur, en détectant les principaux défauts. Un process d’amélioration continue au service du rendement et par extension, de l’avenir de toute une filière.

Elle n’est pas encore commercialisée mais elle fait déjà parler d’elle. Intracelp, une machine de laboratoire conçue pour la détection automatique des défauts internes de la pomme de terre, devrait bientôt venir étoffer le paysage des innovations au service de l’amélioration continue chère à Eurocelp. Cette start-up auboise développe depuis 10 ans des process capables d’identifier, dans un échantillon donné, la qualité de chaque tubercule. « C’est notre raison d’être », détaille Luc Deroulers, fondateur de l’entreprise.

Six défauts internes

Cet ancien commercial dans la pomme de terre a développé avec son équipe, aujourd’hui composée de dix personnes, des algorithmes capables de repérer les défauts. Un contrôle qualité est d’abord envisagé sur la face externe des légumes avant d’aller observer d’un peu plus près ce qu’il se passe à l’intérieur. Grâce à l’intelligence artificielle, à de l’informatique embarquée et à une caméra, Intracelp découpe la pomme de terre en tranches suffisamment fines – cinq millimètres – pour identifier les six principaux défauts du produit : verdissement, morsures et galeries, rouille, cœurs creux et crevasses. Une idée assez simple sur le papier mais qui en fait n’avait jamais été développée avec cette extrême précision. « Intracelp est capable de voir ce que jusqu’à présent on ne soupçonnait pas en étudiant uniquement l’extérieur de la pomme de terre », soutient Luc Deroulers.
La machine, qui fait l’objet d’un brevet européen, intéresse notamment les industriels de la filière. « Grâce à des échantillonnages, on peut connaître la qualité des pommes de terre, l’adapter au bon marché et anticiper le fonctionnement de l’usine », note Luc Deroulers. Le procédé intéresse particulièrement les industries qui transforment la pomme de terre en frites ou en chips en France mais plus largement sur le marché européen. Elle fait de l’œil aussi au secteur de la recherche, qui, selon Luc Deroulers, ne dispose pas d’une telle technologie de pointe.

« Upgrader nos propres machines »

Avec ses deux autres innovations, Qualicelp et Opticelp, conçus pour la détection automatique des défauts externes, la seconde étant directement intégrable sur une ligne d’usine ou de laboratoire, Eurocelp contrôle la qualité avant récolte. Une technologie qui permet à l’acheteur comme à l’industriel, de flécher ses produits vers les marchés et les clients, les plus adaptés. « Nos machines repèrent les défauts : on peut ensuite ajuster ses choix », développe le fondateur d’une entreprise.
L’outil, pensé au départ pour les producteurs, participe à plus grande échelle, à l’amélioration globale de toute une filière. Notamment grâce à la collecte des données permettant de tenir un “book qualité” à jour. Une data indispensable dans le process d’amélioration continue souhaité par l’entreprise. « On l’utilise pour upgrader nos propres machines, ce qui doit permettre de diminuer toujours plus, les pertes de production, de moins jeter des pommes de terre et en amont, de faire de meilleurs rendements », poursuit Luc Deroulers.

Une présentation lors du salon potato Europe

Une quinzaine de clients ont déjà investi dans le Qualicelp. Intracelp, la petite dernière, devrait intégrer en juin, dans une version pilote, un laboratoire de recherches et une entreprise de l’agroalimentaire. L’innovation sera présentée lors du salon Potato Europe, salon international de la culture de la pomme de terre, en septembre prochain, en Belgique. •
 

 

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