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La filière laitière française face à une "vague de lait" mondiale

Le 19 janvier à Bois-Guillaume, la section laitière s'est réunie pour parler de la conjoncture laitière avec Stéphane Joandel, secrétaire général de la FNPL, et pour élire le bureau de la section.

Franck Grémont, président sortant de la section laitière, a animé la matinée avec Stéphane Joandel, secrétaire générale de la FNPL (Fédération national des producteurs de lait, éleveur laitier dans la Loire) et Jérôme Coulombel, vice-président L'année 2025 marque un tournant pour la filière laitière, caractérisée par une hausse significative de la production dans les grands bassins exportateurs mondiaux. Cette abondance de l'offre, face à une demande mondiale stable, crée une pression sur les cours, alors que les éleveurs français luttent pour leur compétitivité et la transparence des prix.

Un contexte mondial en pleine effervescence

Le monde connaît actuellement une véritable "vague de lait". En novembre 2025, la production dans les grands bassins exportateurs (États-Unis, Nouvelle-Zélande, Australie, UE-27 et Argentine) a progressé de 4,5 % par rapport à l'année précédente. Les États-Unis sont particulièrement dynamiques : grâce à des coûts d'alimentation bas et des progrès génétiques, leurs exportations de beurre ont bondi de 140 % en 2025, saturant le marché mondial et faisant chuter les prix du beurre industriel de 7 000 euros à environ 4 000 euros la tonne.

La situation française : entre productivité et pressions sanitaires

En France, la collecte a poursuivi son envolée avec une hausse de 6 % en novembre 2025, établissant un record depuis 2017. Ce constat est paradoxal puisque le cheptel national a diminué de 2,5 %. Cette hausse s'explique par une productivité accrue et un prix du lait resté incitatif. Pour Stéphane Joandel, le constat est clair : " Le prix payé au producteur est une des plus grandes motivations à produire du lait ".

Le combat pour la transparence et la compétitivité

La FNPL dénonce par ailleurs l'opacité des industriels laitiers sur leurs coûts de transformation. Alors que les transformateurs français affichent des coûts de l'ordre de 137 euros à 140 euros les 1 000 litres, leurs homologues allemands tournent autour de 80 euros les 1 000 litres. Ce différentiel s'explique par un manque d'investissement dans la modernisation des outils en France : l'Allemagne dispose d'usines traitant plus d'un milliard de litres, contre 700 millions de litres pour la plus grosse unité française. De plus, les grands groupes français ont investi massivement à l'étranger (24 milliards d'euros) au lieu de moderniser le maillage national. Franck Grémont déplore que pour les industriels, " la variable d'ajustement soit toujours la même : c'est le prix du litre de lait à la fin ".

Souveraineté alimentaire et enjeux réglementaires

La question de la souveraineté alimentaire est au cœur des débats. Actuellement, 80 % de la matière laitière utilisée dans l'industrie agroalimentaire française est importée. La FNPL se bat pour la promotion du logo "Origine France" et pour une meilleure intégration des produits laitiers français dans la restauration hors domicile (RHD), insiste Stéphane Joandel.

Sur le front réglementaire, la profession a remporté des victoires importantes concernant les seuils ICPE (installations classées pour la protection de l'environnement), réussissant à faire passer le seuil d'autorisation de 150 à 200 vaches. De même, le report de l'intégration des bovins dans la directive IED (pollution industrielle) a été un soulagement pour de nombreuses exploitations.

Perspectives : vers un engagement collectif renforcé

Pour l'avenir, la FNPL insiste sur la nécessité d'un engagement collectif. Stéphane Joandel martèle : " La filière laitière pour moi ne peut pas être individualiste. Il faut être collectif et c'est dans le collectif qu'on trouvera nos intérêts individuels ". L'enjeu est désormais de transformer les structures pour qu'elles puissent aller chercher de la valeur ajoutée sur les marchés d'exportation tout en protégeant le revenu des producteurs. Le défi de l'année 2026 sera de pousser à la transparence pour connaître les coûts réels des industriels laitiers afin que les éleveurs ne soient plus les seuls à porter les risques du marché mondial. La mobilisation de la jeunesse est perçue comme un signe d'espoir : " Avoir de la jeunesse, ça motive encore plus ", souligne Jocelyn Pesqueux, membre de la section laitière.

Élection : entre continuité et renouveau

La matinée s'est achevée par l'élection du nouveau bureau de la section laitière. Franck Grémont a été reconduit à sa présidence, une réélection à l'unanimité qui salue son engagement. Il sera désormais épaulé dans sa fonction par Jérôme Coulombel, élu à la vice-présidence. Le bureau connaît aussi de nouveaux visages : plusieurs jeunes membres rejoignent l'équipe, apportant un souffle de dynamisme quant aux projets à venir.

L'après-midi, la section laitière a accueilli Martine Vanbelle, vétérinaire conseil du GDMA 76, venue présenter les enjeux de la vaccination et répondre aux questions qui se posent à son encontre chez les éleveurs mentionnant au passage l'importance de vacciner son troupeau.•

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