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La fertilisation à l'étude dans la réserve de la Seine

Les terres agricoles situées dans l'estuaire de la Seine sont soumises à un cahier des charges strict, lié au classement de la zone en réserve naturelle. La fertilisation des prairies est ainsi très encadrée. Encore permise sur certains secteurs, elle fait l'objet d'une étude, lancée en avril 2025.

Pour beaucoup d'éleveurs, l'autonomie fourragère de leur troupeau dépend du marais de l'estuaire de la Seine.
Pour beaucoup d'éleveurs, l'autonomie fourragère de leur troupeau dépend du marais de l'estuaire de la Seine.
© Simon Huet

La réserve naturelle de l'estuaire de la Seine a été créée en 1997, puis étendue en 2004. Elle couvre désormais une surface de 8 500 hectares, entre terre et mer. 23 % des terrains de cette réserve (soit 1 950 ha) sont exploités à des fins agricoles. Toutes ces surfaces, ou presque, sont des prairies, pâturées ou fauchées. La vie de la réserve naturelle est encadrée par un plan de gestion, revu et corrigé tous les 10 ans. L'actuel 4e plan de gestion s'étale sur une période allant jusqu'en 2028. Sur le volet agricole, le plan de gestion impose à la centaine d'exploitants de se plier au cahier des charges spécifique qui leur impose, par exemple, des dates de fauche (pas avant le 8 juillet), des chargements limités ou encore des modalités d'entretien des clôtures et des haies.

Gestion de la fertilisation

Le cahier des charges agricoles encadre aussi les apports d'intrants. Si les phytos sont interdits, il est encore possible, dans certains secteurs, de faire des apports de fertilisants minéraux (uniquement), toutefois limités à 40 kg de NPK/ha/an sur les prairies du Hode et de Cressenval (la fertilisation est interdite ailleurs). Cette question de la fertilisation, est, à chaque révision du plan de gestion, une question centrale. Les agriculteurs, par le biais du Groupement des exploitants des prairies alluvionnaires de l'estuaire de la Seine (Gepaes), se battent toujours pour défendre cette pratique. À quelques mois de l'élaboration du prochain plan de gestion, le sujet revient inexorablement sur la table. Aussi, une vaste étude vient d'être lancée, impliquant la Dreal, la Maison de l'estuaire (qui gère la réserve naturelle), la Chambre d'agriculture et l'université de Rouen pour mesurer les impacts de la fertilisation, tant sur les fourrages produits que sur le milieu. Après plusieurs réunions, impliquant les élus du Gepaes, un protocole d'étude a été défini et validé. L'objectif est d'avoir, d'ici la fin du plan de gestion, des résultats fiables et incontestables, qui serviront de base à la discussion sur l'avenir de la fertilisation dans les prairies du Hode et de Cressenval. L'enjeu est donc de taille pour la profession.

Au-delà de la douzaine d'éleveurs qui ont accepté de mettre leurs parcelles à disposition, le Gepaes suit naturellement de près le déroulé de l'étude et l'analyse des résultats qui en sortiront. Affaire à suivre.•

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