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La féminisation au menu des discussions

Atteindre 25 % de femmes à tous les échelons de la FNSEA. Tel est l'objectif que s'est fixé le syndicat majoritaire qui a adopté une résolution en ce sens lors de son congrès de Grenoble. 

Congrès de la FNSEA 2025 à Grenoble.
Congrès de la FNSEA 2025 à Grenoble.
© Christophe Soulard/ActuAgri

L'annonce avait été faite le 18 mars à l'occasion de la conférence de presse précédant le congrès. La FNSEA allait présenter une motion sur la féminisation de ses instances. Pour plusieurs raisons : le taux de féminisation de la profession agricole a progressé au cours des dernières décennies ; les jeunes femmes représentent plus de la moitié des scolaires et étudiantes en formation agricole ; l'action des agricultrices a besoin d'être visibilisée tant au sein de la gouvernance syndicale qu'à l'extérieur du métier.

Meilleure représentativité

Pour toutes ces raisons, la FNSEA a décidé de présenter une résolution qui modifie les statuts de la FNSEA et inclut un quota de 25 % de femmes à toute la FNSEA : de l'échelon départemental à l'échelon national. Le président de la FNSEA, Arnaud Rousseau, a concédé avoir été opposé à ces quotas. « J'ai revu mon jugement car malgré nos bonnes résolutions nous n'atteignons pas nos objectifs », a-t-il expliqué. Le président de la Commission nationale des statuts et conflits, Stéphane Aurousseau, a présenté les différentes résolutions permettant de parvenir à cette meilleure représentativité féminine « même si parmi nos congressistes nous comptons 23 % de femmes, ce qui est proche des 25 % », a-t-il souligné. Si la plupart des fédérations départementales incluent déjà la présidente de la Commission des agricultrices aux travaux du bureau, il faudra dorénavant faire en sorte qu'au moins trois femmes siègent au conseil d'administration des FDSEA. À l'échelon régional, les présidentes de ces mêmes commissions d'agricultrices devront être associées aux travaux du CA de la FRSEA. Quant au national, la FNSEA a pris l'engagement de faire siéger au moins un quart de femmes au sein de son conseil d'administration, soit 17 membres sur 68. La règle vaut également pour les commissions permanentes de la FNSEA. Chaque association spécialisée, chaque section sociale (Fermiers métayers, propriétaires ruraux, anciens exploitants...) est mise à contribution. 

Impulser une nouvelle dynamique

S'en est suivi un large débat avant la mise au vote de cette résolution. Comme il fallait s'y attendre, les prises de position ont été nombreuses et très diverses. Karen Serres, ancienne présidente de la Commission nationale des agricultrices (CNA) a exprimé son soutien à la mise en place de ces quotas qui constitue « un coup de pouce ». « Ça peut servir de catalyseur », s'est exprimé un membre de la FRSEA Bretagne quand Élodie Vandierendonck (FRSEA Île-de-France) estime que « la compétence et l'envie de s'engager doivent primer, indépendamment du genre ». Récemment élue présidente de la Chambre d'agriculture, Carmen Suteau, « n'attache pas beaucoup d'importance à ce quota ». Si beaucoup d'intervenants ne remettent pas en question la nécessité de plus ouvrir les instances aux agricultrices, certains regrettent qu'on en vienne à cette extrémité. Est-ce pour autant un « quota de discrimination positive » selon l'expression d'un intervenant ? Pas forcément a répondu Anne Gautier, de la FDSEA 49, qui a harangué les femmes à se retrousser les manches : « Mesdames, bougez-vous ! », s'est-elle exclamée. Insistant sur la nécessité de donner un signal fort, Jérôme Despey, premier vice-président de la FNSEA, voit dans cette proposition, la volonté « d'impulser une nouvelle dynamique » et de faire monter les compétences. « Oui, il faut ouvrir la porte », a renchéri Catherine Faivre-Pierret, présidente de la CNA qui reconnaît avoir été « encouragée, soutenue et portée par une équipe (...) Il faut cultiver notre complémentarité », a-t-elle soutenu. La résolution a été adoptée à une très large majorité.•

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