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La DNC, une maladie des bovins non transmissible à l'homme

À ce jour, 47 foyers ont été détectés en France, répartis dans deux départements : Savoie et Haute-Savoie. Les mesures de lutte consistent en l'interdiction des mouvements de bovins au sein des zones réglementées, au dépeuplement des bovins présents dans les foyers déclarés, et à la vaccination.

DNC : les animaux cliniquement atteints ne récupèrent pas leurs capacités de production antérieures et il y a une grande souffrance chez certains qui peuvent garder des séquelles importantes. 
DNC : les animaux cliniquement atteints ne récupèrent pas leurs capacités de production antérieures et il y a une grande souffrance chez certains qui peuvent garder des séquelles importantes. 
© P. Hendrikx

L'émergence de la Dermatose nodulaire contagieuse (DNC) en France nécessite la mise en place de mesures fortes afin d'éviter que le virus s'implante sur notre territoire au péril de l'élevage de bovins. La DNC n'est pas transmissible à l'homme. Sa transmission est principalement mécanique, via les piqûres d'insectes, notamment les mouches piqueuses (Stomoxes) et les taons.

Cette pathologie provoquée par un virus de la famille de la variole est extrêmement pénalisante pour le cheptel bovin. L'atteinte par le virus de la DNC provoque, après une incubation de 4 à 28 jours, de la fièvre pouvant atteindre 41 °C, des nodules et des lésions sur la peau et les muqueuses, de l'abattement, de l'anorexie, une chute de production, des atteintes des organes internes et des séquelles irréversibles. À ce titre la maladie est classée à l'échelle européenne comme maladie à " éradication obligatoire ". L'objectif est d'éviter absolument son implantation sur le continent.

Une épizootie a eu lieu en 2016 dans les Balkans et dans le sud-est de l'Europe. Elle a été éradiquée grâce à la conjonction des abattages des cheptels atteints, les interdictions de mouvements des bovins au sein de la zone réglementée et à la mise en place d'une vaccination obligatoire dans un périmètre défini.

Des mesures de lutte drastiques incontournables

La contagiosité extrême de la maladie rend indispensable l'application de l'abattage des unités d'élevage dans lesquelles un cas a été confirmé. En effet, ce dispositif absolument insupportable pour l'éleveur concerné est incontournable en raison, entre autres, de la durée de l'incubation pouvant aller jusqu'à 28 jours. Malheureusement l'expérience récente vient confirmer que des premiers cas peuvent être rapidement suivis par de nombreux autres au sein du même cheptel. La non-application de cette mesure épouvantable entraîne la contamination automatique du voisinage. La diffusion par les vecteurs même avec une pression insecticide est très difficile à contenir. Les restrictions de mouvements des bovins ont le même objectif, éviter de déplacer des animaux potentiellement porteurs du virus sans manifestation clinique (en incubation) dans une autre zone où les vecteurs piqueurs sont présents, comme partout. Depuis le vendredi 18 juillet, la campagne de vaccination bat son plein. La mobilisation des vétérinaires, le soutien logistique pour la contention des éleveurs solidaires permet le déploiement de la vaccination. La stratégie vaccinale concerne l'ensemble des bovins, quel que soit leur âge, de la réglementer, 50 kilomètres de rayon autour des foyers, soit environ 310 000 bovins. À ce jour cette zone comprend la majorité du territoire des deux départements touchés, Savoie et Haute-Savoie, ainsi qu'une partie de l'Ain et de l'Isère. La vaccination des bovins dans cette zone est obligatoire intégralement prise en charge par l'État. La stratégie de vaccination vient en complément des mesures de dépeuplement et de la restriction des mouvements. L'objectif est l'éradication rapide de la maladie.

GDS France et le réseau des GDS sont présents aux côtés des éleveurs afin d'éradiquer la DNC du territoire aux côtés des vétérinaires, des services de l'État et des acteurs engagés dans la santé animale.•

 

Guillaume Eudier

GUILLAUME EUDIER, président du GDMA 76 et de l'UNGDS

" Merci à ceux qui luttent pour l'élevage "

La Dermatose nodulaire contagieuse (DNC) fait partie des maladies d'élevage redoutables. Comme son nom l'indique elle est extrêmement contagieuse et génère beaucoup de souffrance animale, de la mortalité et de la morbidité pour les bovins les plus résistants.

Les élevages et leurs économies sont fortement impactés. Les vecteurs de cette maladie, stomoxes (mouches piqueuses) et taons sont des ennemis nombreux et redoutables contre lesquels les moyens de lutte sont limités. La DNC s'est posée en Savoie au grand désespoir de nos collègues éleveurs.

Chaque jour qui passe nous amène de nouveaux foyers. Ce n'est pas étonnant. En effet, la période d'incubation de la maladie (28 jours) permet à des animaux sans signe clinique encore marqué de mettre à disposition du virus aux vecteurs pour aller contaminer les élevages voisins de proche en proche. C'est pourquoi le dépeuplement total des foyers et la confection d'une ceinture vaccinale sont les meilleurs moyens de mettre sous cloche la maladie. C'est une méthode traumatisante pour les éleveurs, il faut le reconnaître, mais l'action sanitaire a toujours fait preuve de solidarité et de mutualisme. Ne rien faire ou s'opposer, c'est imposer la maladie aux voisins éleveurs alors que lutter, c'est avoir la volonté de s'en sortir collectivement !

Il est évident que pour ce faire, l'État doit être réactif, ferme et généreux pour compenser ces épreuves individuelles afin que chaque éleveur garde le goût de notre noble métier, l'élevage.

Toutes les énergies sont nécessaires pour organiser la lutte et maîtriser l'évolution de la maladie ; le jeu syndical conflictuel n'a pas sa place dans une action sanitaire constructive.

Merci et confiance aux GDS locaux pour leur action au service de l'élevage, merci aux vétérinaires pour leur engagement, merci aux JA locaux qui retroussent leurs manches pour assurer la logistique de la campagne de vaccination et surtout merci et respect aux éleveurs savoyards qui, je l'espère, grâce à leur mobilisation et leurs actions arriveront à contenir la DNC.

Ils sont notre muraille. Aujourd'hui ils sont en première ligne, demain ce sera peut-être nous.

Gardons à l'esprit que, ne rien faire, c'est imposer la maladie aux voisins éleveurs alors que lutter, c'est avoir la volonté de s'en sortir collectivement !

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