La campagne betteravière a démarré dans les temps à Fontaine-le-Dun
Les importants travaux engagés lors de l'inter-campagne ont été achevés à temps. Le site seinomarin de Cristal Union a pu démarrer sa campagne dès le 1er septembre, avec des capacités de production et de stockage accrues.
Planning respecté ! La campagne betteravière a démarré comme prévu le 1er septembre à la sucrerie Cristal Union de Fontaine-le-Dun. Une bonne nouvelle pour l'industriel, qui avait programmé de lourds travaux lors de l'inter- campagne. Pas moins de 30 millions d'euros ont été engagés cette année sur ce site, avec l'objectif d'en améliorer la productivité. "L'an dernier la campagne a duré 172 jours, explique Christophe Croison, le directeur de la sucrerie. Notre objectif c'est d'arriver à 150, voire 140 jours."
Le nouveau silo à sucre opérationnel
Cela passe par une logistique améliorée, notamment via l'augmentation des capacités de stockage. Une nouvelle cuve à mélasse de 20 000 m3 est en phase d'achèvement, portant à 30 000 m3 la capacité totale du site, désormais autonome dans sa gestion de ce co-produit. Mais surtout, le silo horizontal de stockage du sucre a été agrandi. Il est aujourd'hui en mesure de stocker 95 000 tonnes contre 50 000 auparavant (portant à 120 000 tonnes la capacité totale de stockage à Fontaine-le-Dun). " Il y avait un gros enjeu logistique sur ce silo, car il fallait totalement vider le stock, faire le raccordement, et ce avant la reprise de la campagne ", insiste le directeur de l'usine. "Nous avons dû vider 50 000 tonnes en à peine trois mois, quand habituellement nous avons six mois pour le faire", illustre Pierrick Thomas, responsable logistique industrielle.
Objectif atteint, puisque l'outil est désormais opérationnel, et les premières tonnes de sucre ont pu y être entreposées dans la nuit du 15 au 16 septembre. Ce silo agrandi devrait être relié au site d'expédition par un nouveau convoyeur d'ici la campagne 2027. Grâce à cela, l'usine espère faciliter la logistique sortante du sucre, qui quitte Fontaine-le-Dun en vrac ou conditionné en sacs ou en big-bags. Christophe Croison explique : "Nous aurons trois sas au chargement, au lieu d'un seul actuellement. Cela nous permettra de séparer les temps de contrôle du camion, de chargement et de finalisation. On devrait pouvoir charger en 20 minutes."
Nouvel atelier d'évaporation
En parallèle de ce travail sur le stockage, la sucrerie a aussi amélioré ses process. L'atelier d'évaporation a été remplacé. Placé en extérieur (contrairement à l'atelier actuel), il dispose de six effets, contre cinq à son prédécesseur, pour maximiser le rendement thermique. À lui seul, l'outil pèse 15 millions d'euros. Mais il doit permettre de diminuer de 6,8 % la consommation de gaz de la sucrerie. "Nous avions un outil performant, mais pas assez pour répondre aux objectifs ambitieux du groupe en matière de décarbonation, explique Christophe Croison. Les objectifs sont de diminuer de 35 % les émissions de carbone d'ici 2030, et de 80 % d'ici 2050 !"
D'autres investissements sont encore à venir dans cette optique et notamment dès 2027, un nouvel atelier de diffusion, qui permettra d'améliorer le rendement d'extraction du sucre. " Aujourd'hui en fonctionnement nominal, nous sommes en capacité d'extraire 10 000 tonnes de sucre par jour. Une fois ces aménagements terminés, nous serons en capacité d'en extraire 11 500 voire 12 000 tonnes de sucre par jour ", souligne le directeur.•
En plaine, la Seine-Maritime s'en sort bien
Les arrachages commencent assez sereinement autour de Fontaine-le-Dun. Les betteraves ont certes souffert du manque d'eau, mais les rendements pourraient ne pas être vraiment affectés. "Nous avons semé de bonne heure, en moyenne autour du 25 mars, décrypte Samuel Crèvecœur, président de la section de Fontaine-le-Dun chez Cristal Union. En juin, nous avions un potentiel exceptionnel. Et fin août, le taux de sucre était très élevé. Avec le retour de la pluie, il a baissé un peu. Mais cela a aussi relancé la photosynthèse et nous avons des betteraves globalement saines. On devrait atteindre un rendement autour de 90 t à 16°, soit au-dessus de la moyenne quinquennale."
Ces bons résultats - s'ils se confirment - tranchent avec une situation européenne déficitaire. Les conditions météorologiques semblent avoir pesé lourdement sur les rendements dans l'est de la France, en Allemagne et en Pologne notamment. "Le déficit européen est estimé entre 2 et 3 millions de tonnes", souffle Samuel Crèvecœur. De quoi enflammer des marchés, échaudés par El Niño... Mais pour l'Organisation internationale du sucre (ISO), cet emballement est prématuré. Selon elle, la campagne de commercialisation 2026-2027 devrait voir un quasi-équilibre entre l'offre et la demande à l'échelle mondiale.