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La bonne conduite à tenir !

Les accidents impliquant des engins de manutention sont malheureusement fréquents et graves. Pour les éviter, trois piliers sont fondamentaux : la formation des conducteurs, un entretien régulier des machines, sans oublier une bonne organisation du travail.

Parmi les deux principaux types d’accidents : le renversement latéral et le basculement frontal.
Parmi les deux principaux types d’accidents : le renversement latéral et le basculement frontal.
© MSA 51-08-55

Parce qu’ils sont relativement faciles à conduire, qu’ils sont très pratiques et polyvalents, les chariots télescopiques sont bien souvent les engins qui font le plus d’heures de travail sur les exploitations. De ce fait, ils se trouvent au cœur d’un certain nombre d’accidents, parfois graves.
« À partir du moment où l’on s’en sert tous les jours, naturellement il y a une baisse de vigilance, parfois associée à la prise de mauvaises habitudes », concède Éric Perrin, conseiller en Prévention des risques professionnel à la MSA Marne-Ardennes-Meuse. Parmi les deux principaux types d’accidents : le renversement latéral. Il est soit lié au dévers ou à une vitesse inadaptée. Le fait d’avoir une charge en élévation va rendre l’engin d’autant moins stable. « C’est comme courir avec un seau d’eau au-dessus de sa tête », compare Éric Perrin.
Autre risque : le basculement frontal. Plus j’éloigne ma charge, plus j’éloigne mon centre de gravité. Avec les quatre roues directrices, on aura là un cocktail pour que les forces qui sont en jeu vous fassent vous coucher ou sortir de la route.
De plus, comme c’est un engin que l’on retrouve dans de nombreuses situations de travail, il y a souvent des piétons à proximité. Il faut donc être vigilant sur toutes les personnes qui travaillent à côté. « Même s’il y a de plus en plus de technologie, de plus en détecteurs, de cabines qui sont conçues pour une plus grande visibilité, il reste toujours des zones d’ombre, des angles morts », ajoute le conseiller de la MSA. Comme les tracteurs, les cabines des télescopiques sont aujourd’hui plus sécurisées qu’une cabine de camion. En cas d’accident, encore faut-il que le conducteur ne soit pas éjecté. Là, notre meilleur allié reste le port de la ceinture. « Cela n’évitera pas l’accident, mais pourra assurément en limiter significativement la gravité ».

Des obligations réglementaires

Tous ces risques font que les télescopiques et autres engins de levage sont bien encadrés sur le plan réglementaire. La vérification générale périodique est obligatoire tous les six mois. « Cela devient d’autant plus sensible, quand on emploie un salarié sur ce type d’engin. Lors d’un accident avec une machine, c’est la première chose qui sera demandée », insiste Éric Perrin.
Le Code du travail oblige également les employeurs de main-d’œuvre à délivrer une autorisation de conduite avant de confier ce type d’engin à un salarié. Celle-ci repose sur trois éléments : une visite médicale. « Cela peut sembler évident, mais si j’ai des problèmes de vues et de perception dans l’espace, je ne suis peut-être pas le mieux placé pour déplacer des charges en hauteur », souligne-t-il. La formation avec une évaluation des connaissances apprises. « En tant qu’employeur, je peux former et évaluer mon salarié moi-même, mais il faudra que j’en garde une traçabilité », poursuit-il. Ainsi le Caces (certificat d’aptitude de conduite en sécurité) s’il n’est pas obligatoire peut être un des moyens, si ce n’est “le” moyen, de délivrer cette autorisation de conduite qui elle l’est. Et enfin, la remise des consignes sur site. « C’est une bonne chose d’envoyer ses salariés en formation Caces. La formation peut être prise en charge par des organismes comme Ocapiat ou Vivéa. Autant en profiter. En tant qu’employeur, je peux être un bon conducteur mais pas forcément un bon pédagogue. La formation permet aussi de venir corriger certains défauts, certaines habitudes que l’on peut avoir, remettre l’accent sur tous ces points de vigilance à avoir ».•

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