Aller au contenu principal

« Je conduis des tracteurs pulling ! »

Dominique Beaufils pratique depuis 30 ans un loisir peu commun, venu tout droit des Etats-Unis. Pourquoi pas vous ?

La fédération du tracteur pulling français souhaite attirer de nouvelles équipes. Elle veut redynamiser ce sport et réfléchit à une nouvelle formule qui serait plus accessible techniquement et financièrement permettant d’ouvrir la discipline aux jeunes.
Dominique Beaufils, seinomarin pratiquant ce sport mécanique depuis 30 ans est vice-président de la fédération et chargé de la partie communication.

Bernay capitale française du tracteur Pulling
En Normandie, nous avons une compétition de tracteur pulling qui se déroule tous les ans le premier week-end de juin à Bernay. Plus de 20 000 visiteurs s’y rendent pour suivre les exploits de ces engins impressionnants et de leurs pilotes passionnés par cette discipline née aux Etats-Unis dans les années 30.
Ce sport consiste aujourd’hui à rendre surpuissant des tracteurs pour tirer des charges énormes. A l’époque, lors des fêtes locales, les fermiers américains participaient à des concours de traction avec leur cheval. On faisait tirer par un cheval de trait une lourde porte de grange ou un traîneau, sur lesquels des hommes montaient jusqu’à ce que le cheval ne puisse plus avancer. On appelait ce type de concours le horse pulling. Le meilleur cheval était celui qui parcourait la plus grande distance avec le plus grand nombre d’hommes sur la porte.
Ensuite, les tracteurs agricoles d’une puissance entre 10 et 40 cv ont remplacé l’animal. Dans les années 60, le tracteur pulling a connu un grand essor et les moteurs classiques ont été remplacés par des moteurs d’avion de chasse, de char, des turbines d’hélicoptère. Aujourd’hui la puissance des engins peut aller jusqu’à 12 000 cv !
La fédération française réunit plus d’une centaine de licenciés, dont quelques femmes, qui s’affrontent tous les ans sur une dizaine de compétitions françaises. Un classement permet aux meilleurs de participer ensuite au championnat d’Europe qui aura lieu cette année au Danemark. En 2021, la France devrait accueillir cette rencontre européenne.  C’est une discipline très pratiquée dans les pays du Nord de l’Europe, les Pays-Bas et la Belgique. L’Italie, les Pays de l’Est et l’Angleterre sont également des pays pratiquants avec la France.
C’est par Amboise, en Indre et Loire, que le tracteur pulling est entré en France, il y a environ 35 ans.  Les compétitions s’appelaient alors des tractosaures. Un petit groupe de passionnés de sport mécanique a assisté aux démonstrations et est revenu d’Amboise avec l’envie de créer un événement similaire à Bernay.

Construire des engins démesurés
Une compétition consiste à traîner une remorque lestée sur une piste en terre battue d’une longueur de 100 mètres. Au fur et à mesure de l’avancement, ce lest vient appuyer sur un patin qui rend de plus de plus difficile la progression. Le poids à traîner passe de 40 tonnes au départ à 100 tonnes à la fin de la piste. Pour se qualifier, le tracteur doit franchir la ligne des 100 mètres.
Les championnats comportent de très nombreuses catégories : Garden 500kg - 0,5 tonnes ; Garden 600kg - 0,6 tonnes ; Two Wheel Drives - 2,6 tonnes ; Light Modified - 2,5 tonnes ; Modified - 3,5 tonnes ; Heavy Modified 4,5 tonnes.
« Chaque équipe réalise son engin à partir d’éléments de machines agricoles. Il faut avoir de bonnes connaissances en mécanique pour mener sa machine au maximum. Il y a certaines pièces que nous sommes obligés d’acheter. Nous trouvons nos moteurs par connaissance, dans les ventes de matériel ou chez des collectionneurs de la seconde guerre mondiale qui ont des stocks de véhicules militaires. Nous avons tous au moins un partenaire qui nous aide financièrement. La partie pilotage est également importante car le démarrage doit être très rapide, 80km/heure, pour emmener la remorque le plus loin possible. La durée d’un tir est de 8 à 10 secondes. Nous n’avons pas le droit à l’erreur lors du démarrage. Aujourd’hui, la fédération se penche sur l’impact de son sport sur l’environnement et a décidé d’exclure les moteurs diesel », précise Dominique Beaufils.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Union agricole

Les plus lus

Eau/irrigation : en finir avec les mythes

La revue Agriculture et Eau, fondée par Gil Rivière-Wekstein, a présenté, à l'assemblée générale des Irrigants de France, un…

Sept ans après la reprise de la première structure, Estelle Lesage incarne la troisième génération à la tête de l'exploitation familiale.
Une installation au féminin dans l'Eure

Estelle Lesage, agricultrice dans le département de l'Eure, nous a ouvert les portes de son exploitation. Elle revient sur son…

L'accord signé prévoit le versement d'une somme de 1 000 euros par an, et par équivalent pylône pour les lignes 400 kV et de 375 euros par an pour les lignes 225 kV.
Quand la mobilisation syndicale et professionnelle porte ses fruits

Un accord national vient d'être signé entre la FNSEA, RTE et Chambres d'agriculture France. Ce dispositif inédit, négocié d…

Octobre rose : le monde agricole se mobilise aussi

Ce mois est aussi celui d'Octobre rose. Les initiatives se multiplient sur le terrain et le monde agricole n'est pas en reste,…

« La poire de fisée est une variété très normande, voire cauchoise et littorale », confie Boris Bouquet, arboriculteur au Verger de Beaunay.
"Cuisinez la Normandie" : le pâté aux poires de fisée

Dans le cadre de l'opération régionale "Cuisinez la Normandie", un atelier gratuit est organisé le samedi 7 novembre à…

Sylviane Lefez, présidente de la CNA, et Catherine Faivre-Pierret, ancienne présidente de la CNA.
"ll faut lutter pour que les femmes aient toute leur place""

Présidente de la Commission nationale des agricultrices de la FNSEA, Sylviane Lefez est en première ligne pour défendre les…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 300 €/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site L'Union agricole
Consultez le journal L'Union agricole au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters du journal L'Union agricole