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Jaunisse de la betterave : les professionnels alertent le préfet

Mardi, les responsables professionnels normands étaient à Saint-Ouen-du-Breuil pour accueillir le préfet de région dans une parcelle de betteraves touchée par la jaunisse.

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Saint-Ouen-du-Breuil. Des panneaux ont été installés par les betteraviers pour alerter sur la jaunisse qui attaque les betteraves.
© Simon Huet

À l'instar d'autres départements betteraviers, celui de la Seine-Maritime est confronté à une forte pression de jaunisse virale, causée par les pucerons (Lire notre édition du 16 juillet). À tous les niveaux, auprès des ministres et de Matignon, mais aussi au plus près du terrain comme ce mardi 21 juillet sur l'exploitation de Matthieu Beaucamp à Saint-Ouen-du-Breuil, les responsables professionnels normands se mobilisent pour expliquer aux décideurs les causes de ce mal, et surtout les conséquences que cela aura à court terme si rien n'est fait pour la filière betterave.

Un seul coupable

Le fautif, tout le monde le connaît, et même depuis longtemps. Le puceron, puisque que c'est de lui dont on parle, est ainsi au cœur de la recherche menée par les instituts techniques. Des solutions existent pour le combattre, mais qu'il s'agisse de la génétique, de biocontrôle ou de l'agronomie, il faudra encore plusieurs années avant que des remèdes efficaces ne soient trouvés et déployés. En attendant, les producteurs ne disposent que de peu de solutions pour protéger leurs betteraves. Les traitements aériens, devenus les seuls autorisés, depuis la fin du traitement des semences en enrobage, ont montré cette année leurs limites avec les conséquences que l'on sait.
Dans certains secteurs, les rendements vont ainsi être lourdement diminués et donc les économies des planteurs fortement pénalisées. Au-delà, c'est toute la filière qui se trouve menacée à très court terme. Selon Antoine Declercq, président de section de la sucrerie Cristal Union de Fontaine-le-Dun (76), « les risques d'une diminution voire d'un abandon de la production, à la rentabilité déjà fragilisée par une baisse des cours du sucre, sont grands dans les secteurs les plus atteints ». Et lorsque l'on sait que les outils industriels ont désormais besoin de campagnes longues pour résister aux concurrents étrangers, la fermeture d'usine n'est dés lors, pas à exclure.
Il y a donc urgence, pour la filière betterave. Comme l'ont rappelé les responsables professionnels de la FNSEA 76, des JA 76, de la CGB Normandie et de la chambre d'agriculture au préfet, les assolements se décident dès maintenant. Pour Samuel Crèvecœur, de la CGB Normandie « en attendant que la recherche porte ses fruits, l'État doit accompagner la filière et trouver des solutions pour permettre un retour en enrobage de semence protecteur pour nos betteraves, dès 2021 ». Benoît Carton, directeur des syndicats betteraviers de Normandie conclut sur la jaunisse en ajoutant que la filière demande également « un plan d'indemnisation pour pertes pour les cas les plus extrêmes en 2020 et un accompagnement de l'Etat dans les programmes de recherches ».

De nombreuses doléances

Profitant du support de la betterave, les responsables professionnels ont aussi sollicité le préfet sur les autres impasses techniques auxquelles sont confrontées d'autres filières végétales. Pour Stéphane Donckele, secrétaire général de la FNSEA76 « le secteur agricole doit être considéré comme un atout pour l'économie française, et notamment dans sa capacité à exporter et donc à ramener de la valeur dans le pays. Pour cela, il faut nous laisser produire et ne pas constamment nous mettre des boulets au pied ».  Alors que toute la société semble désireuse de mettre la souveraineté alimentaire au cœur des politiques, le monde agricole ne comprend pas que des décisions politiques, pas toujours fondées scientifiquement qui plus est, ne viennent les contraindre dans leur acte de production et par la même pénaliser l'économie agricole et locale globale.
Et Patrice Faucon, président de la FNSEA 76, de revenir sur l'incompréhension née des ZNT riverains, qui « en plus de nous priver d'une partie de nos moyens de productions, sans compensation, rajoute de la tension entre riverains et concourt à jeter de la suspicion sur l'utilisation des phytos, que nous voulons tous raisonnée ». Pour conclure cet entretien estival, Charles Vimbert, président des
JA 76, n'a pas manqué d'interpeler le préfet sur le problème des corvidés et des sangliers et d'évoquer l'installation par le prisme de l'accès au foncier et du rôle de la SCEA Safer de Normandie. Enfin, Laurence Sellos et Gilles Lievens, présidents de la chambre d'agriculture de la Seine-Maritime et de l'Eure ont mis en avant le besoin d'avancée européenne sur l'approvisionnement local dans la commande publique et sur l'étiquetage. Cet échange, riche, a permis de faire un large tour d'horizon des sujets les plus préoccupants. Le préfet de la Région, très à l'écoute et au fait des sujets, a précisé qu'il ne manquerait pas de faire remonter ces doléances à l'administration centrale profitant ainsi de l'arrivée des nouvelles équipes au sein du gouvernement. •

 
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