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Jafar prépare son certificat d'aptitude au guidage

Alors que de nombreux élèves ont passé leurs examens, Jafar, labrador retriever de 24 mois, se prépare avec Antoine Magniez, son éducateur, à passer son certificat d'aptitude au guidage.

Elbeuf, un après-midi comme un autre, un trio très concentré arpente les trottoirs du centre-ville. « Jafar en avant », ordonne Antoine Magniez au labrador noir dont il finalise la formation. Le jeune homme éducateur à l'école des chiens guides d'aveugles de la ferme du Pin à Honguemare-Guénouville (27), teste Jafar sur un des quatre parcours qu'il aura à accomplir lors de son examen final dans une quinzaine de jours. Pour que le test soit probant, Antoine porte un masque opaque sur les yeux afin d'être dans les mêmes conditions que la personne déficiente visuelle à laquelle le chien sera prochainement remis. A ses côtés, Maxime Bobet, le responsable de l'école, note le comportement du chien sur son parcours. Le chien doit assurer la sécurité de son maître lors de ses déplacements. Ainsi, le chien s'arrête à chaque carrefour avant la descente du trottoir, il doit être dans l'axe pour traverser le passage piéton et prévenir son maître par un arrêt à la montée de l'autre trottoir. Les instructions sont claires et parfaitement connues de Jafar «  Jafar, bien tes lignes (ndlr : lignes du passage piéton), à gauche, à droite la porte, en avant, le siège.» Le chien est récompensé par une caresse ou une croquette à chaque fois qu'il exécute ce que son éducateur attend de lui. En ville, le chien doit signaliser à son maître, tous les obstacles en s'arrêtant suffisamment de temps avant, tels que  les poubelles, les bites de stationnement à mi-jambe, les obstacles à hauteur de visage. C'est ensuite au maître d'analyser la situation et de décider de ce qui va suivre. Ce jour là Jafar a fait preuve d'une maîtrise parfaite lorqu'en croisant sur son parcours deux chiens en même temps, dont l'un était agressif, il a su rester imperturbable. Le chien au pied d'un escalier doit faire comprendre à son maître son approche en s'arrêtant et en mettant ses pattes sur la première marche puis diriger son maître vers la rampe. Enfin, détail non négligeable lorsque l'on est déficient visuel, le chien veille à éviter les déjections de ses consorts pour que son maître n'ait pas la fameuse chance de marcher dedans avec le pied gauche.
Jafar a eu deux ans ce jeudi 30 juin. Les éducateurs se félicitent du travail mené avec lui et évoquent les réglages à peaufiner encore. Pour Antoine Magniez, le moment aussi est crucial car la remise de Jafar à son maître validera son cycle de formation de quatre années. Pour obtenir leur diplôme les éducateurs doivent avoir formé et remis six chiens, accompagnés de leurs maîtres de stage.

Valérie Sorieul

Retrouvez l'intégralité de l'article dans l'Union agricole du 7 juillet

Journée Portes Ouvertes
Le 25 septembre de 10 h à 17 h à l'école des chiens guides d'aveugles de Honguemare-Guénouville (27).

Chiens guides d'aveugles centre Paul Corteville, 295 rue de Lille, BP 60088, 59435 Roncq cedex, www.chien-guide.org au 03.20.68.59.62. Pour faire un don ou un leg demander Carine Fournier.
Ecole de Normandie
Ferme du Pin à Honguemare-Guénouville (27),
Pour constituer un dossier, contacter l'école au 02.32.20.74.00.

Fédération française des associations de chiens guides d'aveugles, 71, rue de Bagnolet, 75020 Paris, tél. 01.44.64.89.89, www.chiensguide.fr

Témoignage

« Avec Jingle, les déplacements sont plus fluides et moins fatiguants »

«Avec un chien guide, les déplacements sont plus fluides et moins fatiguants », constate Dominique Lecanu, tout heureux de sa nouvelle vie avec Jingle. Dynamique, le pas alerte, l'homme âgé d'une cinquantaine d'années est déficient visuel depuis sa naissance avec pour toute acuité visuelle 1/20. Donnant volontiers aux autres personnes mal voyantes des renseignements sur les chiens guides d'aveugles, c'est en 2014, qu'il se décide à constituer un dossier pour lui, ayant dépassé le cap des contraintes que le chien pourrait être. Son dossier accepté, Maxime Bobet s'est rendu chez lui pour connaître l'environnement urbain dans lequel il vivait. Dominique vit quartier Saint Marc à Rouen (76) et est très investi dans de nombreuses associations, tels le conseil de quartier et les commissions d'accessibilité. Il est venu à l'école de Honguemare pour deux jours de formation, laquelle a commencé par un travail de locomotion avec la canne blanche assisté de l'éducatrice spécialisée. Puis Dominique a fait un test avec un berger allemand, tout en sachant que ce ne serait pas le chien qui lui serait attribué. En novembre 2015, coup de téléphone de l'école, « es-tu disponible la semaine prochaine ? » lui demande Antoine Magniez. L'éducateur lui annonce que Jingle allait lui être remis. « Au début c'était très fatiguant car contrairement aux personnes complètement aveugles, j'avais tendance à diriger le chien ». Pendant deux semaines, Antoine Magniez a accompagné Dominique et Jingle pour les aider à prendre leurs repères ensemble et à être à l'aise. Après cette période se sont succédées des visites de contrôle pour les petits réglages. « J'emmène Jingle pratiquement partout. Dans le bus, les gens m'interrogent parfois « Est-ce que le chien voit la couleur des feux de circulation ? ». Depuis qu'il a Jingle, Dominique constate que les relations avec les personnes se créent plus facilement. Et pour cause le chien attire l'empathie et Dominique Lecanu de rappeler avec humour « Jamais une personne ne viendra vous dire, vous avez une belle canne blanche ».VS

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