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J-1 : le réseau FNSEA 76 et JA 76 maintient la pression

A quelques jours de la fin des négociations commerciales, des agriculteurs du réseau syndical FNSEA 76 et JA 76 se sont mobilisés pour rappeler aux GMS et aux industriels de bien intégrer dans leurs futurs contrats les hausses nécessaires à la rémunération des producteurs. Ils ont mené plusieurs actions dans les GMS de leur secteur à Dieppe, Saint-Valery-en-Caux, Neufchâtel et Ferrières-en-Bray. Des rencontres ont également eu lieu avec les directeurs des magasins.

Comme chaque année, à la même époque, se déroulent les négociations commerciales, entre industriels et grande distribution. Rappelons-le, elles ne couvrent que les produits de marque. Les marques de distributeurs (MDD) sont partiellement concernées. Les produits livrés en vrac (fruits et légumes frais, viandes fraîches non emballées par le fournisseur, boulangerie-viennoiserie...) en sont exclus. À quelques jours du terme de ces négociations (le 1er mars), le réseau FNSEA 76 et JA 76 s'est mobilisé pour que les contrats signés entre la GMS et les industriels intègrent les hausses nécessaires à la rémunération des producteurs. Retour sur ces actions, inscrites dans une mobilisation nationale portée par la FNSEA et JA.

« On se crève tous pour Danette »

C'est sous le slogan « On se crève tous pour Danette » que les producteurs en colère des cantons de Londinières, Neufchâtel-en-Bray et Saint-Saëns de la FNSEA 76 et JA 76 ont débuté leur action mercredi 16 février, au Leclerc de Neufchâtel-en-Bray et au Super U de Blangy-sur-Bresle. Les agriculteurs se sont mobilisés chez les distributeurs du secteur pour dénoncer le manque de rémunération des producteurs Danone. « Nos charges ont augmenté, mais le prix du lait diminue. Où est la logique du prix de revient avec la loi Egalim ? Notre région, la Normandie, est mondialement connue pour sa production laitière de qualité, mais les éleveurs ne peuvent plus continuer à travailler 7j/7 sans avoir une rémunération décente. Nos jeunes sont découragés par l'élevage, nous craignons pour le renouvellement des générations en élevage laitier », s'inquiète une productrice. En pleine période de négociations commerciales entre les industriels et les distributeurs, Bertrand Haesaert, président du canton de Londinières pour la FNSEA 76, a interrogé les responsables des enseignes sur l'état des négociations. Quelles que soient les enseignes, elles n'ont « aucun retour sur les négociations commerciales », et sont « rattachées à une centrale d'achat pour les approvisionnements ». Ces deux enseignes « travaillent un maximum en direct avec les producteurs, et souhaitent développer ces produits ». Les producteurs se sont alors rendus dans les rayons pour un étiquetage des produits Danone, et pour une vérification de l'origine des produits. « La loi Egalim doit être appliquée par tous et il est grand temps d'avoir un retour de la valeur dans nos exploitations », termine le président cantonal.

Volonté

« On est prêt à en faire plus, à condition que cela revienne aux producteurs ». C'est en substance le message qu'a voulu faire passer le directeur du magasin Auchan de Dieppe à la délégation d'exploitants des cantons de Dieppe, Envermeu et Bellencombre. En toute transparence, chiffres à l'appui, le directeur du magasin a montré la marge réalisée par ce dernier sur les produits laitiers, marques nationales et marques de distributeurs compris. Sur les MDD justement, le relevé de prix dans les rayons a montré que Auchan faisait figure de mauvais élève en proposant un lait demi-écrémé à 65 centimes le litre, loin du prix du lait conforme établi par la FNPL à 74 centimes le litre. Ce prix conforme permet de vérifier qu'aucun produit laitier ne soit vendu au consommateur à un prix en dessous duquel les éleveurs ne peuvent être rémunérés. S'adressant au directeur, Franck Grémont, président du canton d'Envermeu, s'indigne : « avec un tel prix, vous faites exactement comme Leclerc avec sa baguette. Vous bradez notre lait, et envoyez un mauvais signal aux producteurs déjà découragés et aux consommateurs ». Et même si l'enseigne Auchan assure fournir une rémunération de ses producteurs à 390 euros les 1 000 litres, les arguments n'ont pas convaincu les membres de la délégation. Pour poursuivre ces échanges, Franck Grémont a invité le directeur sur son exploitation laitière, pour lui montrer la réalité du métier et les hausses de charges subies par les producteurs. En retour, les éleveurs attendent des explications sur la construction du prix de la marque MDD. Le rendez-vous est pris.

« Dépendant de la centrale d'achat »

Vendredi 18 février, les agriculteurs du canton de Cany-Barville sont allés rencontrer le directeur du magasin Leclerc de Saint-Valery. Comme pour les autres enseignes, les exploitants sont allés dans les rayons, vérifier les prix et les origines des produits laitiers et de la viande. Ensuite, un temps d'échange a eu lieu avec le directeur. Là aussi, ce dernier a avoué son rôle minime dans la fixation des prix, déléguée à la centrale d'achat. Prêt à faire remonter les messages, il se dit aussi favorable à ce que davantage de producteurs vendent en direct dans son magasin. Les exploitants, emmenés par Benoît Haquet, ont insisté en effet pour que le ras-le-bol des producteurs soient remontés aux instances dirigeantes du groupe.

Des rencontres utiles
Pour Franck Grémont, président cantonal d'Envermeu et de la section lait de la FNSEA 76, ces échanges réguliers avec les directeurs de GMS sont nécessaires, et pas seulement pendant les négociations commerciales. « Depuis que nous allons chez Auchan à Dieppe, la viande vendue est presque à 100 % française. L'an dernier, nous avions constaté des beurres MDD fabriqués avec des laits origines UE. Nous ne les avons pas retrouvés cette année. Nos visites sont donc utiles et nous vérifierons maintenant que le lait MDD Auchan soit vendu à un prix décent ». Même s'il a conscience que ce ne sont pas les directeurs en local qui pèsent sur les négociations commerciales, Franck Grémont considère que « notre surveillance les empêche de faire n'importe quoi et les oblige à s'intéresser à ce que font les centrales, ne serait-ce que pour nous répondre. Et puis si en même temps on peut les inciter à travailler davantage avec les producteurs locaux, cela renforce le poids de nos actions. J'invite donc tous les cantons à instaurer ce type de relation avec les principales enseignes de leur secteur ».

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