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Grippe aviaire
« Il est urgent de s’organiser collectivement pour mener une lutte efficace et responsable »

Au vu du nombre de foyers de grippe aviaire qui se sont multipliés, le niveau de risque a été relevé il y a quelques jours sur tout le territoire, entraînant notamment la claustration des animaux mais aussi de nouvelles réglementations. Pour y voir plus clair, dresser un bilan de l’épizootie, tous les aviculteurs seinomarins sont conviés à une réunion d’information le 29 novembre à Yvetot (auditorium du lycée agricole, 18 h), organisée conjointement par la Chambre d'agriculture de la Seine-Maritime, le GDMA et la section avicole de la FNSEA 76. Laurence Sellos, présidente de cette section avicole et de la Chambre d’agriculture, répond à nos questions.

Laurence Sellos, présidente de la section avicole de la FNSEA 76 et de la Chambre d'agriculture de la Seine-Maritime. 76
© L. A.


La Chambre d’agriculture de la Seine-Maritime, le GDMA 76 et la section avicole de la FNSEA 76 sont organisateurs et à l’initiative de cette réunion. À quelles fins ? 

« C’est la première fois que nous organisons une telle réunion. C’est dire si la situation est grave... Nous ferons le point sur les épisodes passés dans le département afin de mieux préparer l’avenir. Nous aurons les retours d’expérience des deux éleveurs professionnels touchés en début d’année et ceux de la DDPP intervenue dans la gestion de leurs dépeuplements. La DDTM interviendra quant à elle sur le volet indemnisation des élevages. Nous reviendrons ensuite sur les mesures sanitaires actuelles avec cette nouvelle réglementation décidée au regard du contexte national qui se dégrade de jour en jour, avec tout à la fois des cas sur la faune sauvage, dans des élevages professionnels ou dans des basses-cours chez des particuliers. Nous nous projetterons alors avec le GDMA 76 sur la création d’une section avicole dont il aurait la charge, qui lui permettrait d’intervenir auprès des aviculteurs comme il le fait auprès des éleveurs bovins, à savoir avec une mission d’information sanitaire, mais aussi la possibilité d’interférer à d’autres niveaux, notamment en soutien. En soutien aux aviculteurs sur le plan matériel bien évidemment mais aussi, et on l’oublie trop souvent, en soutien sur le plan psychologique, notamment lorsque les éleveurs sont frappés par des dépeuplements immédiats. Ce sont des épisodes extrêmement traumatisants dont il faut avoir bien conscience. Car ce virus est exponentiel dès lors qu’il touche un élevage et impressionne fortement, de même que la gestion des euthanasies par les services vétérinaires et les vétérinaires sanitaires, celle des enlèvements de cadavres... et les différents épisodes de désinfection qui s’en suivent réalisés par le GDS. 
Ce virus nous rend humbles. Nous n’en connaissons pas bien les contours et les scientifiques en apprennent tous les jours. Mais la meilleure façon de protéger son élevage, c’est quand même de prendre des mesures de sécurité liées aux humains. Bien sûr nous avançons en marchant... »

En relevant le niveau d’alerte, les règles sanitaires se complexifient et ne sont pas toujours bien comprises, qu’avez-vous à dire à cet égard ?

« Nous avons environ 200 aviculteurs dans le département. Si tous ne sont pas impactés, tous sont concernés par cette alerte maximale. Trois cas viennent encore d’être confirmés dans le département. Les mesures de biosécurité doivent donc s’appliquer stricto sensu. Il en va de l’avenir de nos élevages et de la filière. Je rappelle ici quelques règles : mise à l’abri des volailles, interdiction d’accès au périmètre strict de l’élevage à toutes les personnes extérieures, mesures de désinfection des véhicules et personnels qui accèdent à la zone d’élevage. S’ils sont concernés par un périmètre sanitaire, les professionnels ont d’ores et déjà la possibilité de contacter le GDMA, mais la création de sa section avicole lui permettrait de formaliser bien des informations avec des moyens de diffusion de l’information comme de formation plus importants. Du côté des éleveurs, cette section pourrait permettre de mutualiser localement un ensemble de coûts auquel nous réfléchissons. ça pourrait être le cas pour les autocontrôles par exemple. » •

 

 

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