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Hygiène de traite : s'adapter à l'état sanitaire du troupeau.

La chambre d'agriculture de Seine-Maritime a mené en 2020 une étude sur les pratiques d'hygiène de traite auprès d'éleveurs seinomarins. Extraits.


La chambre d'agriculture de Seine-Maritime s'est penchée sur les pratiques d'hygiène de traite chez les éleveurs du département. Pour cela elle a confié ce sujet d'étude à Alix Pfaff dans le cadre de son stage de 4e année à UniLaSalle Rouen.
« Les pratiques sont très différentes d'une exploitation à une autre et nous voulions mieux connaître celles qui fonctionnent sur la qualité du lait. Alix a fourni un excellent travail qui a été restitué aux groupes en juin dernier », explique Anaïs Dubuc, conseillère lait et animatrice du groupe robot en Seine-Maritime à la chambre d'agriculture.
Pour commencer, l'enquête a mis en avant qu'il n'y a pas une pratique idéale mais des choses à mettre en place en fonction du contexte sanitaire de l'exploitation et de la façon de travailler de l'éleveur.

Gérer les poils de la mamelle et la queue
Beaucoup de questions ont été posées. Par exemple, combien d'éleveurs épilent les mamelles et/ou tondent la queue ? Ces aspects jouent sur la qualité du lait.
L'étude a montré que 23 % épilent la mamelle et 100 % gèrent la queue, soit par la tonte, soit en coupant le bout de queue pour éviter les contaminations du lait par l'urine et les excréments. Retirer les poils longs de la mamelle est une action préventive pour l'atténuation de la prolifération des bactéries, surtout chez la Normande qui est très poilue.

Tenue de traite
Y a-t-il une tenue idéale pour traire ? D'après le travail bibliographique d'Alix Pfaff, il semble que non. Il est toutefois important de traire, non pas avec sa tenue de la journée mais avec un vêtement dédié au bloc traite. Le port de gants ne semble pas montrer d'amélioration, dès lors que les mains sont propres. « Lors du tirage du premier jet, ce sont les mains du trayeur qui ramènent les pathogènes mais il vaut mieux traire avec des mains propres qu'avec des gants sales. Si on compare avec les installations qui ont des robots, la qualité du lait est supérieure ». Seulement 62 % des éleveurs interrogés pratiquent le premier jet et ce pour les raisons suivantes : 70 % pour détecter les mammites et 30 % pour stimuler la mamelle.

Lavage des trayons
Pour le nettoyage des trayons, l'enquête a mis en avant une multitude de pratiques : lavette sèche, papier, lavette humide avec désinfectant, douchette à l'eau, nettoyage à la brosse rotative, nettoyage à la laine de bois... « Les lavettes pré-imprégnées dans du désinfectant semblent être les plus efficaces. Bien sûr tout dépend du niveau de la pression sanitaire du troupeau. Quand celle-ci est importante, il est conseillé de laver ses lingettes réutilisables à 90 °C. Certains ont réglé leur problème en faisant bouillir leurs lingettes. Nous nous intéressons à la laine de bois en remplacement du produit de pré-trempage. C'est une pratique assez innovante, souvent pratiquée en zone de montagne. Le trayeur frotte avec la laine de bois qui permet d'essuyer le trayon sans eau. Il s'agit souvent d'épicéa ou de pin dépoussiéré. Ce produit biodégradable peut être intégré au fumier. Il réduit la consommation d'eau et a un faible coût : 800 euros par an pour 90 vaches ».
Le travail d'Alix Pfaff permet de proposer aujourd'hui un tableau récapitulatif des caractéristiques des produits de post-trempage (voir ci-dessus). « Le tableau classe les matières actives en fonction de leur efficacité, de leur fonction, de leur coût mais également de leur toxicité pour le trayeur. Il s'avère que les matières actives les plus efficaces sont les plus chères mais aussi les plus toxiques. Il est donc important de bien cibler le produit adapté, d'actionner la bonne matière active et de n'utiliser les produits les plus agressifs qu'en cas de forte pression sanitaire. Quand il n'y a pas de problème, il n'est pas nécessaire de dépenser de l'argent avec un produit toxique pour sa santé ».

Renouveler ses manchons
Dans la note technique "Bloc technique et mammites récurrentes", il est rappelé que les mammites peuvent être aussi causées par un dysfonctionnement de la machine à traire. « L'usure des manchons est un point de vigilance car le silicone ou le caoutchouc sont des matériaux poreux et donc des réservoirs à germes. Ces manchons sont à renouveler toutes les 5 000 traites pour du silicone et 2 500 traites pour du caoutchouc ». La fréquence de remplacement peut se calculer : nombre de traites/(nombre de vaches x nombre de traites par jour/nombre de postes).Anaïs Dubuc insiste sur le fait qu'il n'existe pas de pratiques clés en main. « Il faut s'adapter à sa condition sanitaire. Quand la pression n'est pas forte, il est possible de revoir quelques pratiques à la baisse. Il y a des économies de temps et d'argent à faire mais il est très important de rester vigilant et de réagir très vite quand la situation se dégrade. Pour les éleveurs qui se posent la question, la prime de super qualité sera toujours payante par rapport aux dépenses engagées sur l'hygiène de traite ».

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