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A Giverny, l'impressionnant Japon

Une nouvelle exposition à découvrir au musée des Impressionnismes sur les liens entre peintres français et japonais.

Le Premier ministre, Edouard Philippe, est venu l'inaugurer le 29 mars. L'exposition Japonismes et impressionnismes était très attendue des amateurs de peinture. Le musée de Giverny l'accueille jusqu'au 15 juillet. L'occasion de rappeler les liens entre ce mouvement pictural cher à Claude Monet et le pays du Soleil-Levant.
Tout commence par de la diplomatie. L'ouverture commerciale du Japon en 1868 révèle aux artistes occidentaux une esthétique radicalement différente de celle qui leur était enseignée depuis des siècles. Inlassablement réinterprété, le modèle antique régnait sur les arts depuis la Renaissance. L'art japonais proposait un vocabulaire plastique inédit, qui ne tarde pas à inspirer l'ensemble de la création artistique en Europe et aux États-Unis.

Célébration de la nature
Vivacité des couleurs, absence de modelé ou de volume des formes traitées en aplats, originalité de compositions fondées sur l'asymétrie caractérisent cette technique. En outre, et c'est ce qui séduit sans nul doute les impressionnistes, les maîtres de l'estampe ne prétendent délivrer d'autre message que la célébration de la nature et de la vie contemporaine.
Sous forme d'estampes ou d'objets, le Japon est présent chez les artistes et les écrivains depuis le 19e siècle, comme en témoignent nombre de portraits et de scènes d'atelier. Caillebotte peint en 1872 un Intérieur d'atelier au poêle où il oppose deux estampes japonaises à l'Écorché de Houdon. Manet évoque les préférences artistiques qu'il partage avec l'auteur de Germinal dans le Portrait d'Émile Zola. Berthe Morisot représente sa fille Julie sous une estampe.
Grand collectionneur d'art japonais, Vincent Van Gogh organise une présentation d'estampes au café Le Tambourin à Paris en 1887 et peint le portrait de son ami le Père Tanguy sur fond de gravures japonaises.
Dans les années 1890, l'impact de l'art japonais atteint des sommets chez les peintres du mouvement postimpressionniste Nabi : à cet égard, Vuillard, Denis ou Vallotton n'ont rien à envier à Bonnard, le Nabi japonard. Parmi les néo-impressionnistes, Georges Seurat, Paul Signac, Henri-Edmond Cross et Théo Van Rysselberghe se distinguent par le refus de la perspective, du modelé et du volume. La leçon de l'art japonais assimilée au début du XXe siècle, les peintres se libèrent de l'imitation de la nature dont ils ne retiennent que l'essentiel, son pouvoir d'évocation poétique. Vallotton peint d'éblouissants couchers de soleil à deux dimensions et Bonnard élabore les féeries chromatiques qui ne tarderont pas à inspirer les maîtres de l'abstraction des années 1950. Monet décrit inlassablement l'univers bleuté de son jardin d'eau où la végétation et le ciel se mêlent inextricablement dans un jeu de reflets colorés.
L'estampe impressionniste
Depuis les années 1980, le Japonisme a été l'objet de nombreuses expositions. Celle de Giverny essaye de répondre à la nature de l'impact dans l'oeuvre des peintres de la génération impressionniste et postimpressionniste, des années 1870 à l'aube du XXe siècle. Claude Monet, qui a compté parmi les premiers artistes français à s'intéresser à l'estampe japonaise, est évidemment au centre de l'exposition qui prend tout son sens à Giverny. Au fil de quatre sections, le parcours s'organise selon une logique thématique et chronologique. Il rappelle au visiteur que le Japonisme fut brièvement compris comme un avatar de l'Orientalisme, avant de bouleverser beaucoup plus profondément le cours de la peinture occidentale.

 

Zoom sur...

Les liens entre Hiramatsu et Monet

Le musée des impressionnismes Giverny présente jusqu'au 4 novembre 2018 un accrochage temporaire consacré au peintre japonais né à Tokyo en 1941, Hiramatsu Reiji, intitulé « Hiramatsu à Giverny » qui s'inscrit dans le cadre des célébrations du cent cinquantenaire de la proclamation de l'ère Meiji, époque où le Japon s'ouvre aux échanges avec l'Occident. En 1994, Hiramatsu Reiji découvre les Grandes Décorations de Claude Monet au musée de l'Orangerie à Paris. Il décide alors de se rendre à Giverny pour visiter la maison et le jardin d'eau de l'un des plus grands maîtres de l'impressionnisme. Au cours de ses vingt dernières années, il aime à y retourner et réinvente son art. Les paysages d'eau et de reflets deviennent l'un de ses motifs privilégiés. L'artiste s'essaye à de nouveaux formats - et adopte le format circulaire utilisé par Monet en 1907 et 1908. La dévotion que voue Hiramatsu à Monet le conduit à effectuer différents séjours sur la côte normande : Rouen, Le Havre, Honfleur, Étretat, Fécamp, Deauville ou encore Trouville. Il évoque ainsi ce voyage vers le japonisme : « J'ai été profondément étonné en découvrant l'oeuvre immense qu'est la série des Nymphéas. Je me suis alors mis à étudier avec ardeur le japonisme, avec le regard d'un peintre de nihonga qui part pour un voyage vers l'impressionnisme et le japonisme. Pour moi qui adore les fleurs, la Normandie fut une région de rêve. Je me suis souvent rendu vers la mer en suivant la Seine. Le but de mon voyage était d'aller à la recherche du japonisme dans le jardin de Monet à Giverny et d'observer les reflets sur l'eau du bassin des nymphéas. J'ai tenté de comprendre l'attirance qu'avait éprouvée Monet pour le japonisme depuis sa jeunesse, ainsi que le regard qu'il portait sur les choses. C'est avec liberté et avec un sentiment ludique que j'ai peint les nymphéas chers au goût japonisant de Monet. » L'accrochage réunit sept toiles et deux paravents qui montrent l'influence exercée par Claude Monet, complété par un ensemble documentaire illustrant la technique traditionnelle japonaise appelée nihonga.

Fameuses Geishas

Véhiculée par les estampes d'Utamaro, la geisha fascine l'imaginaire des artistes occidentaux. Au même titre que celui du harem évoqué quarante ans plus tôt par Ingres et par Delacroix, le thème de la geisha permet d'associer érotisme, exotisme et couleurs vives. De Whistler et De Nittis à Helleu, les artistes sont nombreux à traiter d'une sensualité raffinée. Leurs modèles posent alors dans des lieux clos, parfois vêtus de kimonos et souvent associés à des objets d'art décoratif japonais tels que paravents, porcelaines ou ombrelles. Lié à l'évocation d'une féminité dont il apparaît comme l'emblème, l'éventail est à la mode et la plupart des peintres impressionnistes, de Degas et Pissarro à Gauguin, s'emparent de cet accessoire souvent lié à l'idée de galanterie. Traités plus souvent sur le mode décoratif que fonctionnel, les éventails peints sont généralement offerts aux mères, aux épouses ou aux maîtresses des artistes.

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