Franck Sander chez les betteraviers normands
Le 30 juin au Hanouard, la CGB Normandie a fait le point sur les avancés des dossiers en cours. Son message aux producteurs de betteraves : ne pas baisser les bras et rester positif.
Le 30 juin au Hanouard, la CGB Normandie a fait le point sur les avancés des dossiers en cours. Son message aux producteurs de betteraves : ne pas baisser les bras et rester positif.
Pour sa réunion annuelle, la délégation normande de la CGB a invité le président national Franck Sander qui est revenu sur les gros dossiers en cours au sein de la confédération.
Le Sénat a voté, dans la nuit du 29 au 30 juin, dans le projet de loi d'urgence agricole la réintroduction dérogatoire et encadrée de l'acétamipride et du flupyradifurone, deux insecticides interdits en France, mais autorisés ailleurs en Europe.
« C'est une belle victoire pour l'agriculture. Les agriculteurs français subissent une concurrence déloyale face à leurs homologues européens, qui peuvent encore utiliser ces substances pour protéger leurs cultures. L'enrobage permet d'économiser deux insecticides en foliaires, et d'aller positionner six semaines après les semis, des solutions chimiques qui permettent encore de faire baisser la pression », précise Franck Sander.
Le Sénat a voté mais tout l'enjeu sera le vote final à l'Assemblée nationale. Les députés et les sénateurs vont devoir trouver un terrain d'entente lors de la commission mixte paritaire (CMP) mi-juillet. « Nous avons beaucoup d'espoir mais on repassera une 3e fois si cela est nécessaire. C'est vital pour notre agriculture, pour les betteraviers français ».
Belle victoire avec le RPA
Le président de la CGB a commencé son propos en se félicitant de la suspension du RPA (régime de perfectionnement actif) sur le sucre. « Depuis plusieurs années, la CGB, avec la filière européenne, demande la réforme du RPA, un régime douanier destructeur de valeur pour le sucre européen. Les États membres ont voté sa suspension le 30 avril dernier, pour une durée d'un an renouvelable. C'est plus de 700 000 tonnes de sucre qui étaient ainsi rentrées sur le territoire communautaire sur la campagne précédente. Cette suspension doit permettre une réforme en profondeur du système, pour mettre fin aux abus ».
Pour Franck Sander, c'est une première victoire : « moins de sucre importé, c'est un vrai coup de pouce pour le marché européen du sucre, qui permettra de mieux valoriser la betterave dès la prochaine campagne ».
Nécessité de réguler les importations
Même si le groupe Cristal Union est serein et annonce un prix à 35 euros la tonne de betterave, ce qui est une bonne nouvelle pour les agriculteurs, il y a quand même de quoi s'inquiéter concernant le marché européen. « Nous avons senti une inquiétude lors du Congrès mondial des producteurs de sucre de betteraves et de canne la semaine dernière en Suède. La situation économique des producteurs de sucre est préoccupante ».
Pour le président de la CGB, il est nécessaire de réguler les importations et de gérer les marchés. « Nous n'aurons pas d'autres choix à Bruxelles que de reparler de gestion des volumes et de gestion des marchés. Dans le cadre de la réforme de la Pac, nous essayons de remettre en place les prix d'intervention. Le député européen Éric Sargiacomo nous soutient sur ce dossier. Il faut renforcer les instruments de régulation des marchés agricoles et consolider les organisations de producteurs dans la prochaine politique agricole commune ».
Un plus fort soutien aux biocarburants
« Parmi les mécanismes de gestion des volumes, il est possible de bloquer les importations le temps que le prix remonte en créant de la demande sur le marché. Mais il existe également d'autres politiques, notamment une politique de soutien des biocarburants. Si l'Union européenne passait de 7 à 15 % au niveau des biocarburants, on réglerait les soucis de marché et de décarbonation », explique Franck Sander.
« Concernant la réforme de la Pac, notre positionnement est de dire que pour bénéficier des aides Pac, il faut produire. Nous voulons une Pac économique et non une Pac de rente. L'Union européenne ouvre à des multinationales qui ont des fermes qui n'ont rien à voir avec les nôtres ».
La Normandie reste très compétitive
« Toutes les puissances agricoles investissent dans l'agriculture : la Russie, la Chine, les États-Unis. Il n'y a que l'Union européenne qui à ce stade n'a pas compris l'enjeu de l'agriculture. Nous avons pourtant besoin d'un continent puissant pour sa sécurité alimentaire et pour demain contribuer à stabiliser les migrations ».
« Il est toujours indispensable de rester mobilisé pour défendre nos dossiers », a insisté Raynald Freger, président de la CGB de Seine-Maritime qui a rappelé que des journées de formation "jeunes betteraviers" sont mises en place pour communiquer sur les actions de la CGB et ainsi motiver des jeunes à rentrer dans les conseils d'administration.
« Nous sommes une petite région betteravière au sein des 30 départements betteraviers. Nous représentons autour de 8 % des volumes. Mais nous sommes numéro un au niveau agronomique depuis longtemps. Avec 104 tonnes à l'hectare en 2025 (91 t/ha au niveau France), la Normandie reste très compétitive », a conclu Benoît Carton.•